Déclaration au CSA-SD du 9 février 2026
M. l’Inspecteur d’académie,
La FSU 50 exprime sa profonde solidarité avec notre collègue agressée dans un collège de Sanary-sur-Mer ainsi qu’avec l’ensemble de la communauté éducative de l’établissement. Nous lui adressons tout notre soutien et espérons de toutes nos forces son rétablissement alors que son pronostic vital est engagé.
Ces agressions qui se répètent depuis quelques années ne peuvent être ni banalisées ni instrumentalisées. Elles posent une question essentielle : celle des conditions d’exercice des personnels de l’Education nationale et du climat scolaire, dans un contexte de dégradation continue des moyens humains et éducatifs.
Or le RSST du département regorge de plus en plus de situations de violences d’élèves dans nos classes qui pourraient déraper vers des gestes encore plus brutaux. La prise de conscience du sous-encadrement éducatif est particulièrement lente et on en est encore, entre les murs des beaux bureaux, à justifier l’insuffisance des moyens accordés à l’éducation nationale par la démographie. La baisse démographique aurait dû être l’occasion d’alléger les effectifs qui restent parmi les plus chargés d’Europe. Or il n’en est rien et l’inclusion en souffrira d’autant plus tout comme les personnels AESH qui font ce qu’ils.elles peuvent pour la permettre sans reconnaissance en retour par le biais d’un véritable statut de catégorie B.
Or il y a urgence. Il faut rompre avec les politiques qui œuvrent à la fragilisation de l’école publique au détriment des élèves, des personnels et de l’égalité territoriale. Les flatteries épistolaires d’un ministre ne dissimulent pas la dure réalité des faits.
Le budget 2026 acte la suppression de 1365 emplois dans le second degré public. La saignée devait même être plus importante puisque dans un grand cafouillage, le ministère a rétabli 435 postes ! Dans notre académie normande, nous aurons donc 272 « sentinelles de la raison » en moins à la rentrée 2026 : 135 dans le premier degré et 118 dans le second degré. Pour les collèges de la Manche, 15 « bâtisseurs de notre avenir commun » sont supprimés et manqueront à la rentrée 2026. Pour 1733 élèves de moins depuis 2015, 2367 HP ont été retirés à la dotation départementale soit 1 poste pour 11 élèves de moins ! Nous sommes bien « les témoins d’un monde qui s’en va ».
Le resserrement du calendrier des opérations de préparation de rentrée en raison du vote tardif du budget ne doit pas se traduire dans les établissements par un nouveau recul de la démocratie interne. Quelques personnels de direction font le choix depuis plusieurs années de ne pas présenter la répartition de la DHG au conseil d’administration le renvoyant à la veille des vacances d’été. Ces pratiques autoritaires altèrent le climat de travail dans les EPLE et génèrent une souffrance supplémentaire dont les personnels n’ont vraiment pas besoin. Nous espérons un soutien sans ambiguïté de la direction académique sur ce point afin que soit respectée l’obligation de vote du TRMD dans les conseils d’administration des collèges et lycées avant leur remontée.
La FSU cependant se félicite du recul sur la réforme « choc des savoirs » imposée contre la communauté éducative. Le ministère a été contraint d’écouter, certes tardivement, les personnels : les groupes de niveaux, réforme de tri social, ne sont enfin plus obligatoires en collège. Cela devrait servir de leçon pour la suite : réformer l’Ecole contre l’expertise de celles et ceux qui la font, ces « sentinelles de la raison », n’est pas possible ! Le rétablissement de l’enseignement de la Technologie en 6° s’impose aussi. Cette suppression a rompu la continuité des apprentissages et les enjeux du numérique devraient plutôt conduire à renforcer cet apprentissage au collège. « Il vous revient la tâche immense de préparer nos enfants à maîtriser ces outils pour ne pas être asservis par eux …» nous dit pourtant le ministre dans sa lettre. Nous vous alertons, M. l’inspecteur d’académie sur les conditions de travail dégradées des enseignant.es de technologie et leur souffrance face à cette décision qui n’a jamais été comprise !
Si « notre avenir commun se joue, chaque jour, dans {nos} classes », alors il est grand temps de redonner à l’Ecole publique, laïque et obligatoire les moyens de fonctionner. La FSU 50 restera donc mobilisée et combative pour obtenir des moyens nécessaires pour une autre rentrée et exige notamment :
• l’annulation de toutes les suppressions d’emplois de professeurs ;
• des créations d’emplois en enseignant.es, CPE, PsyEN, AED et AESH ;
• des moyens à la hauteur des besoins pour améliorer les conditions d’étude des élèves et de travail des personnels.
Déclaration au CSA-Académique du 3 février 2026
Madame la Rectrice,
Le temps des belles paroles et des vaines promesses est décidément terminé. Après vous être engagée à une pratique exigeante et régulière du dialogue social, après avoir rappelé votre attachement au Service public d’Education, après avoir promis que vous soutiendriez les collègues victimes de violences, après avoir insisté sur le rôle essentiel que jouent les AESH au quotidien, les actes et les chiffres viennent contredire vos déclarations. Les alertes que nous vous adressons restent presque systématiquement sans réponses, les collègues qui vous sollicitent se sentent abandonnés, et ce sont maintenant 301 postes (150 2nd degré + 135 premier degré + 16 ATSS) que vous allez supprimer dans notre Académie. L’Ecole ne tient plus qu’à un fil – et ce n’est pas le fil du cerf-volant, métaphore douteuse avec laquelle notre ministre entendait nous flatter !
Avant d’aborder l’ordre du jour, la FSU tient à vous faire part, une nouvelle fois, de la colère et de l’inquiétude des collègues sur de multiples sujets.
La lecture restrictive, et en partie erronée, des textes relatifs au Supplément Familial de Traitement risque de priver de nombreuses et nombreux agents d’un complément de rémunération auquel ils et elles ont pourtant droit. La FSU vous a alertée dès le mois de décembre, en vain. Alors que les salaires des fonctionnaires et contractuel·les sont toujours insuffisants, l’Académie de Normandie demande aux parents bénéficiant du SFT de renvoyer une nouvelle fois des dossiers complets comme si les enfants pouvaient disparaître d’une année sur l’autre, en exigeant pour toutes et tous des pièces qui n’ont pas lieu d’être et en exposant certaines femmes à la violence de leur ex-conjoint. Les effets seront sans doute intéressants pour l’administration qui fera ainsi des économies sur le dos des agent·es, ou découragé·es de faire les démarches ou dont les dossiers auront été rejetés abusivement.
De la même manière, l’absence de versement de la prime REP aux AED et aux AESH ayant exercé en REP avant 2023 malgré leurs démarches prive des personnels déjà mal payés d’une indemnité à laquelle ils et elles ont désormais droit. Ces délais interminables sont une nouvelle fois le signe de l’absence de considération que l’administration accorde à ces personnels qu’elle maintient volontairement dans la précarité. En témoigne également le retard pris dans la mise en œuvre de la grille d’avancement des AED en CDI. Celle-ci devait entrer en vigueur en septembre, mais les engagements pris en novembre ne sont pas toujours pas tenus et aucun AED n’en voit aujourd’hui les effets. La FSU lance une pétition à ce sujet pour exiger la mise en œuvre de cette grille. De même, votre absence de réponse quant aux jours de fractionnement montre le peu de cas que vous faites des AESH. Comme le ministre qui, dans une déclaration scandaleuse, ose dire qu’elles bénéficient d’un « quasi-statut » pour ne pas leur accorder enfin le statut qui les sortirait de la précarité, sans doute estimez-vous qu’elles bénéficient de quasi-jours de fractionnement qui vous permettent de ne pas appliquer ce que pourtant d’autres académies appliquent.
Depuis le 1er janvier 2026, le SMIC a été revu à la hausse sans que le minimum fonction publique soit revu, ni que la valeur du point d’indice ne le soit pas non plus. Cela induit des effets de SMICardisation de plus en plus accentué sur les grilles indiciaires, essentiellement en catégorie C au point où désormais les premiers échelons des deux premiers grades sont en-dessous du minimum légal. Le pied de grille du B est lui à 2 points d’indice au-dessus. On nous parle souvent de problème d’attractivité des métiers, nous devrions dire plutôt qu’il y a un problème d’attractivité des salaires dans notre ministère.
Toujours sur le même principe, la justice a rendu son jugement par la décision de la CAA de Bordeaux en date du 07.12.2023 qui a confirmé que toute HSA effectuée au-delà de 4 ETP en heures postes doit générer une IMP de Taux 4 pour la coordination des APSA. Pourtant, l’académie de Normandie persiste à refuser ce droit aux collègues concerné·es.
Malgré tout, les reculs sur les réformes imposées contre la communauté éducative sont réels et le ministère n’a pas eu le choix que d’écouter, trop tard certes, les personnels : les groupes de niveaux, réforme de tri social, ne sont enfin plus obligatoires en collège, le parcours en Y dans les lycées professionnels est un échec. Cela devrait servir de leçon pour la suite : réformer l’Ecole contre l’expertise de celles et ceux qui la font n’est pas possible !
Concernant l’ordre du jour, après un cafouillage ministériel qui aurait pu être risible si les effets n’en étaient pas si graves, la suppression de 272 postes dans notre Académie vient s’ajouter aux centaines de postes déjà supprimés les années précédentes. Comment prétendre mieux accompagner la difficulté scolaire en dégradant toujours les conditions d’enseignement ? Comment faire vivre une école réellement inclusive en empêchant l’adaptation individualisée dont ont besoin les élèves en situation de handicap ? Comment résoudre la crise d’attractivité que traversent nos métiers en maltraitant les personnels, en leur imposant des mesures de carte scolaire et des services morcelés, dont on connaît les conséquences sur les collègues ? Comment améliorer le remplacement alors qu’en ce moment des milliers d’élèves normands perdent déjà de trop nombreuses heures de cours ?
La prétendue baisse démographique, largement mise en avant comme prétexte à ces nombreuses suppressions de postes, n’est pas entendable. Non seulement, cette politique de destruction de l’enseignement public était déjà à l’œuvre quand les effectifs étaient en hausse mais si l’on regarde les seuls LGT normands, on constate qu’ils perdent 25 postes pour une hausse démographique de 15 élèves. Les enjeux sont bien de faire des économies sur le dos des élèves et des personnels ! Au contraire, là où les effectifs baissent, la FSU vous demande d’en profiter pour restaurer des conditions d’enseignement et de remplacement plus supportables.
Dans sa « lettre aux professeurs », Edouard Geffray faisait remarquer le 22 janvier 2026 que les enseignant·es « font reculer les ténèbres », qu’ils « allument patiemment les lumières de l’esprit humain. » Ces métaphores lumineuses oublient de dire que ces missions nécessitent des moyens, et donc la mise en œuvre d’une politique ambitieuse et d’investissements massifs, à rebours des choix faits depuis trop longtemps. Etre le « témoin éternel du monde qui s’en va » tout en étant « en même temps le précepteur du monde qui naît » est, vous en conviendrez, un exercice périlleux qui impose de former les personnels, de les rémunérer à la hauteur des missions qui leur sont confiées et de les traiter avec respect.
Si « notre avenir commun se joue, chaque jour, dans {nos} classes », alors il est grand temps de redonner à l’Ecole publique, laïque et obligatoire les moyens de fonctionner. C’est pourquoi la FSU continuera sans relâche à se battre avec les personnels pour défendre le Service public d’Education et celles et ceux qui le portent à bout de bras.
Déclaration au CDEN du 27 novembre 2025
Monsieur le Préfet, Monsieur le Directeur académique,
Mesdames et Messieurs les membres du CDEN,
Si nous prenons la parole aujourd’hui, c’est avec gravité et lucidité. Car chacun d’entre nous le sait : l’École publique traverse une crise profonde, dont les conséquences se font sentir avec une intensité particulière dans notre département. Dans la Manche, comme partout en France, ce sont les élèves, les personnels et les familles qui subissent les effets d’une politique éducative construite sur la réduction des moyens, l’affaiblissement des services publics et le refus obstiné d’entendre ce que disent celles et ceux qui font vivre l’École au quotidien.
Les décisions prises ces derniers mois illustrent de manière éclatante ce désengagement. Les fermetures de classes se multiplient dans les territoires ruraux au moment même où la diminution du nombre d’élèves devrait permettre d’améliorer les conditions d’apprentissage.
La politique d’austérité se traduit par des suppressions de postes, un gel des salaires, et une pression financière accrue sur les collectivités, alors même qu’elles doivent assumer un bâti scolaire vieillissant et énergivore.
Dans les collèges, la saignée en termes de moyens humains s’est accompagnée depuis 2 ans d’une réforme de tri social, « le choc des savoirs », qui a été rejetée par l’ensemble de la communauté éducative car elle introduit, entre autres, la mise en place de groupes de niveaux pour les 6° et 5° en Mathématiques et Français.
D’après l’enquête menée par le SNES-FSU nationalement, il n’y a plus que 19 % des collèges qui appliquent à la lettre les groupes de niveau en 6ème et 5ème : moins d’un collège sur cinq. C’est 7 points de moins qu’il y a un an, en septembre 2024. À l’inverse, la part des collèges qui reviennent au fonctionnement en classe entière augmente de 11 points.
D’après l’enquête de l’inspection générale publiée en juin dernier, les groupes de niveau tels que les voulait Gabriel Attal, l’un de nos éphémères ministres, ne sont bénéfiques ni pour les élèves, ni pour les personnels, ni pour notre système éducatif. Les groupes génèrent stress et instabilité. Les élèves se voient mis en compétition, ce qui ne convient pas à la très grande majorité. Les groupes de niveau n’apportent aucun bénéfice aux élèves en difficulté qui ne rattrapent pas leurs camarades. C’est pourquoi il faut en finir avec le « Choc des savoirs », les textes doivent être abrogés, les groupes de niveau doivent définitivement disparaître à la rentrée 2026.
Ces annonces doivent être faites sans tarder, avant le début du mois de janvier 2026, afin que la préparation de rentrée se fasse de la manière la plus sereine possible. Il s’agit aussi de réintroduire l’enseignement de la Technologie en 6° qui fait actuellement cruellement défaut aux élèves.
De plus, faute de financement, le « renforcement », prévu par Élisabeth Borne en 4 ème et 3 ème à cette rentrée à la place des groupes de niveau, est inexistant dans la moitié des collèges. L’insuffisance des moyens en HSE met aussi en péril les dispositifs devoirs faits et tous les projets pédagogiques qui en dépendaient. Enfin, le tarissement de la part collective du Pass Culture supprime bien des projets culturels qui étaient offerts aux élèves.
Et bien-sûr, il vous faut vous rappeler le fonctionnement en mode dégradé sur l’ensemble des établissements où il manque des enseignants mais aussi des médecins scolaires, des infirmières, des assistants sociaux, des psy-EN, des CPE… empêchant tout travail pluridisciplinaire de qualité dans nombre d’établissements.
Ce collège « dans la misère » ne pourra pas s’en relever si des efforts budgétaires significatifs ne sont pas faits.
Dans un tel contexte pour nos collèges, l’avenir de l’enseignement public dans notre département devient une question politique majeure. La FSU refuse de considérer qu’il serait inévitable que les services se dégradent et que des écoles ferment. Nous refusons que l’École publique devienne une variable d’ajustement budgétaire. Nous refusons qu’elle soit reléguée derrière d’autres priorités gouvernementales. Nous affirmons, au contraire, qu’elle doit redevenir un pilier central de politiques publiques ambitieuses, fondées sur l’égalité, l’émancipation et la solidarité.
Nous demandons que les réalités vécues dans la Manche soient enfin entendues. Les fermetures de classes doivent cesser, les moyens humains doivent être renforcés, les effectifs doivent être réduits et les personnels doivent être protégés et accompagnés.
La FSU continuera, dans ce CDEN comme dans toutes les instances, de porter la voix de celles et ceux qui tiennent l’École debout. Elle continuera d’exiger les moyens d’un service public émancipateur, qui offre à chaque enfant du département les conditions d’apprentissage auxquelles il a droit. Et elle continuera d’affirmer que d’autres choix sont possibles, à condition d’en avoir la volonté politique.
Monsieur le Préfet,
Vous arrivez dans un département où depuis la rentrée de septembre 3 enseignants au moins ont tenté de mettre fin à leurs jours.
Partout, les témoignages affluent de professeurs en détresse. La souffrance au travail atteint désormais un niveau insupportable. Cette souffrance est très majoritairement liée à une montée des violences scolaires.
Les signalements de violences ont explosé : plus de 350 pour faits de violence sur l’Académie en septembre, dans le premier degré, en hausse de 35 % par rapport à l’an dernier.
Ces chiffres traduisent une réalité : insultes, menaces, agressions physiques, stress et épuisement psychologique sont devenus le quotidien de trop de personnels.
Suite aux engagements pris par Mme la Rectrice lors d’une réunion exceptionnelle le 15 octobre, les personnels attendent encore des réponses concrètes.
Selon la Commission d’enquête parlementaire créée cet été, près de 50 000 élèves étaient sans solution d’accompagnement à la rentrée, soit 14 % des enfants notifiés, 12 000 de plus qu’en 2024. Nous le disons depuis des mois, la commission parlementaire le confirme.
Dans la Manche, les AESH sont contraint-es de partager leur temps de travail entre un nombre d’enfants de plus en plus grand : on déshabille Pierre pour habiller Paul, il faut bien en avoir conscience.
Nous devons le dire clairement : ce que les personnels vivent aujourd’hui n’a rien à voir avec une inclusion choisie, pensée et accompagnée. Faute de moyens, elle se transforme trop souvent en une inclusion subie, qui fragilise les élèves les plus vulnérables et met en difficulté des équipes déjà éprouvées.
Nous vous accueillons donc dans la Manche, M. le Préfet, avec beaucoup d’espoir, pour construire de nouvelles perspectives. Les décrets du 31 juillet 2025 vous ont donné des responsabilités nouvelles : nous comptons sur vous pour mettre en place dès maintenant toutes les conditions pour que cesse cette maltraitance des élèves en situation de handicap, de leurs camarades de classe, de leurs familles et de leurs enseignant-es.
Déclaration au CSA-SD du 14 novembre 2025
Le bilan de la carte scolaire départementale est clair : 16 fermetures de classes pour 10 ouvertures, dont 6 provisoires. Le solde est négatif, les écoles rurales se vident, les équipes sont fragilisées. L’école publique est en danger, non par fatalité démographique mais par choix politique.
Cette rentrée 2025 s’ouvre dans un contexte de fatigue extrême des personnels et de manque criant de moyens. Derrière les discours d’autosatisfaction ministériels, la réalité du terrain est alarmante, les conditions d’enseignement dégradées et les personnels épuisés.
C’est pourtant ce que le gouvernement Lecornu prévoit de poursuivre dans son projet de Budget 2026 en proposant 4000 suppressions d’emploi d’enseignants à l’éducation nationale, tout en imposant le gel des salaires des fonctionnaires, la réduction des budgets des collectivités territoriales qui elles-mêmes ont la charge du bâti scolaire, de son entretien et de personnels qui interviennent dans les écoles.
Et pour mener à bien cette politique d’austérité à l’éducation nationale, qui de plus indiqué que celui qui a porté les merveilleuses réformes de tri social du lycée et du bac Blanquer, de parcoursup et jusqu’au choc des savoirs en tant que directeur général de l’enseignement scolaire de 2019 à 2024 ?
Toutes ces réformes sont pourtant des échecs et sont hautement rejetées par les personnels et les parents d’élèves.
L’Education nationale passe de la 1ère à la 9ème place dans l’ordre protocolaire gouvernemental, plus qu’un symbole, c’est la confirmation du désintérêt du pouvoir pour une école publique émancipatrice au profit d’une école privée qui cultive l’entre-soi social et où désormais nos ministres scolarisent leurs enfants sans la moindre gêne.
La situation des élèves en situation de handicap est tout aussi indigne : selon la Commission d’enquête parlementaire créée cet été, près de 50 000 élèves étaient sans solution d’accompagnement à la rentrée, soit 14 % des enfants notifiés, 12 000 de plus qu’en 2024.
Nous le disons depuis des mois, la commission parlementaire le confirme.
Quelques IEN continuent de précher une post-vérité qui consiste à dire que les manques ne sont que ponctuels : la commission les déjuge clairement. Ces mensonges doivent cesser, par respect pour nos collègues qui souffrent chaque jour sur le terrain : Faute d’AESH en nombre suffisant, ce sont des droits bafoués et des enseignants en grande difficulté.
La souffrance au travail atteint désormais un niveau insupportable.
Les signalements de violences dans le RSST ont explosé : plus de 600 fiches sur l’Académie en septembre, dont 375 pour des faits de violences dans le premier degré, en hausse de 35 % par rapport à l’an dernier.
Ces chiffres traduisent une réalité : insultes, menaces, agressions physiques, stress et épuisement psychologique sont devenus le quotidien de trop de collègues.
Suite aux engagements pris par Mme la Rectrice lors de la FS-SSCT académique exceptionnelle du 15 octobre, les personnels attendent encore des réponses concrètes.
La bienveillance institutionnelle doit cesser d’être un mot creux : elle doit se traduire en actes, en protection réelle et en moyens humains.
Des mesures fortes de prévention et d’accompagnement face aux risques psychosociaux doivent être prises d’urgence.
L’École de la République ne peut plus être gérée à coup de ratios, de suppressions et de rustines provisoires.
Pour conclure simplement : Il est temps d’entendre la colère des personnels, de reconnaître leur engagement, et de redonner à l’Éducation nationale les moyens de remplir sa mission : instruire, émanciper, faire vivre l’égalité.
Nous le rappellerons avec force lors de la journée de mobilisation intersyndicale du 2 décembre pour un autre budget, un budget de justice sociale, fiscale et environnementale.
Déclaration à la FS-SSCT Académique Exceptionnelle du 15 Octobre 2025
Madame la Rectrice,
Tout d’abord, en ouverture de cette instance qui s’intéresse à la santé et à la sécurité des
personnels, nous avons une pensée pour notre collègue professeure des écoles dans la Manche
qui a mis fin à ses jours en ce début d’année scolaire, allongeant la longue liste de drames
survenus dans l’Académie, ainsi que pour ses proches et ses collègues.
Pour entrer dans le sujet qui nous réunit aujourd’hui, la FSU a décidé de vous alerter, Madame
la Rectrice, sur l’augmentation sans précédent, dès ce début d’année scolaire, des fiches RSST
signalant des faits de violences morales et physiques, de menaces et d’agressions dont sont
victimes les professeur·es des écoles et les AESH au quotidien.
Quelques données chiffrées permettront d’étayer nos propos. Le nombre de fiches saisies en
septembre est en forte hausse : plus de 600 fiches saisies lors du premier mois de l’année
scolaire, soit une augmentation de 35% par rapport à l’an dernier. Sur ces 600 fiches, 375
concernent des violences dans le premier degré. Ces chiffres sont préoccupants. D’autant qu’ils
ne représentent que la partie émergée de l’iceberg des violences subies puisque nous savons
que de nombreux collègues ne remplissent pas le RSST, voire ne signalent même pas qu’ils et
elles sont victimes de violences. En effet, beaucoup de collègues ne connaissent pas l’existence
du registre dématérialisé, beaucoup pensent qu’un signalement ne servira à rien, beaucoup ont
honte aussi d’être victimes, beaucoup enfin n’osent pas s’en saisir, soumis à des pressions et par
peur des représailles. Certains IEN tentent de dissuader, lors de la réunion de rentrée des
directeurs et directrices par exemple, de s’emparer de ce registre.
Le « pas de vague » est, trop souvent encore, une réalité dans notre Académie. Dans ces
conditions, il est difficile de déterminer la réalité des violences auxquelles sont exposé·es nos
collègues du premier degré, mais il est de votre responsabilité, Madame la Rectrice, de prendre
les mesures qui préviendront ces violences et accompagneront sans délai les victimes pour en
réduire les effets.
Le contenu des faits subis et décrits est d’une violence inimaginable. C’est pourquoi il nous
semble important de vous lire, sans les transformer ou les édulcorer, quelques extraits de fiches
RSST, témoignages effrayants d’un quotidien professionnel inadmissible.
Les en-têtes sont malheureusement déjà très révélateurs. En voici quelques uns : « Menaces de
mort – coup de folie – lancer de table – provoque, insulte et tape – morsures – crise violente – jet
d’objet – fatigue morale – surcharge mentale – stress suite dépôt de plainte et agression,
enseignante isolée – épuisement psychologique – étranglement … »
Mais la lecture des fiches est encore plus éclairante :
À ce moment-là, la FSU a lu plusieurs extraits de fiches anonymées. Toutefois, pour des raisons
évidentes de confidentialité, nous ne pouvons les reproduire. Nous indiquons donc uniquement
les grandes lignes exposées dans la fiche.
Extrait 1 : une élève d’élémentaire a essayé de tordre le poignet d’une collègue, avant de la
menacer de mort
Extrait 2 : un élève d’élémentaire a étranglé son AESH et menacé les autres personnels
Extrait 3 : un élève d’élémentaire a menacé de mort les collègues
Extrait 4 : une enseignante fait part de son épuisement, des efforts pour faire bonne figure à
l’école mais de l’effondrement à la maison, des pleurs quotidiens, de la douleur même d’écrire ce
qui lui arrive
Extrait 5 : un élève d’élémentaire s’est mis en danger sur un déplacement et a tordu les doigts de
son enseignante qui le rappelait à l’ordre. Devant ses parents qui exigeaient ensuite des excuses,
il a tapé et insulté son enseignante.
Extrait 6 : une enseignante en élémentaire exprime ses inquiétudes pour les élèves de sa classe,
victimes de jets de projectifs, de coups, de bousculades violentes par un camarade.
Extrait 7 : une enseignante de maternelle témoigne des griffures, des morsures et des coups dont
sont victimes son ATSEM et elle-même.
Extrait 8 : après le récit des grossièretés, des menaces et des violences d’un jeune élève
d’élémentaire, la collègue exprime un stress permanent qui a des impacts sur sa santé
(insomnie). Elle témoigne de son anxiété quotidienne en arrivant à l’école et insiste sur le stress
engendré par les conséquences sur les autres élèves de la classe.
Extrait 9 : une enseignante relate les coups et les menaces d’un jeune élève d’élémentaire à
l’encontre de son AESH.
Malheureusement, nous pourrions continuer cette lecture pendant des heures.
Confrontés à cette violence, quelles réponses les personnels obtiennent-ils ? Trop peu d’IEN
tentent de soutenir les collègues, certains ne prennent même pas la peine de viser les fiches,
d’autres n’ont aucune solution à apporter, d’autres enfin refusent de voir la réalité en face,
reprochant aux collègues d’exprimer cette difficulté ou remettant en cause leur
professionnalisme et leur pratique. Beaucoup trop de réponses d’IEN ne font que culpabiliser
les collègues, alors qu’ils et elles sont victimes et doivent être considérés comme tels. Il s’agit
d’accidents de service ni plus ni moins, mais l’administration ne le reconnaît que dans des cas
rarissimes.
Depuis trop d’années, la FSU vous alerte sur ce phénomène qui s’accélère chaque année. En
réponse, les politiques éducatives macronistes ne font que détruire ce qui pouvait apporter des
solutions : absence de formation des enseignant·es, mutualisation des AESH, moyens de
remplacement des AESH quasi-inexistants, suppressions des plus de maîtres que de classe,
réduction des RASED, insuffisance de recrutement de psychologues… Ainsi, depuis la rentrée, le
nombre d’AESH non remplacé est en constante augmentation, il manque des psychologues dans
nombre de circonscriptions de l’Académie, comme à Saint Valéry en Caux, Lillebonne, Bernay,
L’Aigle ou Vimoutiers. Les places dans les établissements spécialisés sont largement insuffisants
pour faire face aux besoins constatés sur le terrain.
Nous vous alertons particulièrement sur la situation des collègues AESH souvent en première
ligne de ces violences. Ces collègues cochent toutes les cases des facteurs de Risques Psycho-
Sociaux. A la précarité économique dans laquelle les maintient volontairement l’administration,
s’ajoutent ces conditions de travail indignes.
Devant la gravité et la précocité inédite de ce nombre de signalements, ce sont des mesures et
des engagements forts que nous attendons de vous, Madame la Rectrice. Il faut d’abord mettre
fin à ce qu’il se passe dans plusieurs circonscriptions où les personnels se dissuadent de faire des
dépots RSST ou répondent de façon surprenante comme ce suivi qui indique « au regard du
profil de l’élève, il est nécessaire de procéder à une posture enseignante de « lâcher prise » ».
Il faut repenser le processus d’accompagnement et de suivi des fiches. Il est beaucoup trop
aléatoire et variable d’une circonscription à l’autre. Nous vous demandons de rendre obligatoire
le suivi des fiches RSST sur cette thématique par les IEN.
Nous vous demandons un suivi plus efficace et rapide des signalements des AESH. Leur
rattachement administratif au collège de secteur constitue un obstacle et un frein au suivi des
signalements. L’invisibilisation de ces signalements ne peut plus durer. L’information doit arriver
directement aux IEN.
Nous demandons également la mise en place d’un GT académique permanent, chargé du suivi
global des fiches, qui se réunira mensuellement afin qu’aucune situation ne soit oubliée ou mal
traitée.
Un protocole académique doit être mis rapidement en place pour que chaque professeur·e des
écoles et AESH victimes sachent précisément comment agir, réagir et se protéger.
L’information sur la déclaration en accident de service et la demande de protection
fonctionnelle doit être systématique. Une attention particulière doit être apportée aux AESH
souvent trop éloignées des informations de prévention.
Le déplacement dans l’école de l’IEN pour apporter son soutien aux collègues PE et AESH
victimes doit être là aussi rendu systématique.
La formation des professeur·es des écoles et des AESH à la gestion de crise doit être rapidement
mise en place.
La situation impose des mesures fortes et urgentes. A défaut, la FSU sera amenée à déclencher
systématiquement des DGI dès lors que l’intégrité physique et psychologique des personnels
sera menacée. Notre rôle de membres de la FS SSCT Académique nous oblige à protéger les
personnels et à veiller à ce que la réglementation en matière de santé et de prévention des
risques soit effectivement mise en place, c’est pourquoi nous déposerons des avis au cours de
l’instance.
La souffrance des collègues est de plus en plus flagrante. Lorsqu’elle s’exprime, elle doit être
entendue et nécessite des réponses. Lorsqu’elle ne s’exprime pas, elle exige de l’administration
encore plus d’attention, pour éviter que les collègues ne s’isolent et que ces situations
n’affectent leur santé.
Déclaration au CDEN du 30 juin 2025
Nous ne pouvons aborder ce CDEN sans avoir une pensée pour l’élève du Lycée Curie-Corot de Saint Lô, tragiquement décédé lors de son stage de fin de seconde, ainsi que pour notre collègue AED du collège Françoise Dolto de Nogent, mortellement attaquée au couteau dans l’exercice de son métier, mardi 10 juin 2025, par un élève de 14 ans. Dans nos établissements scolaires, les violences, les tensions et les drames ne cessent de se multiplier. Face à cela, les réponses apportées se résument trop souvent à des dispositifs sécuritaires : contrôles, fouilles, présence policière. Mais mettre des portiques ne remplacera jamais un adulte de confiance dans les établissements. La sécurité, la vraie, commence par la relation humaine, par la présence éducative, par l’écoute et l’accompagnement d’une équipe pluridisciplinaire au complet . (Et cela, ce sont les AED qui le font chaque jour). Les AED sont le premier maillon de la chaîne à chaque instant, dans les couloirs, les cours, les cantines, partout où les élèves vivent et parfois souffrent. Ils sont les premiers interlocuteurs, les premiers repères, souvent bien avant les enseignants ou les personnels de direction. Un couteau peut être dissimulé, mais la souffrance d’un élève se lit souvent dans un comportement… si quelqu’un est là pour le voir. Sécuriser un établissement, ce n’est pas militariser l’école, c’est lui redonner du sens, des repères, de l’humain.
La préparation de la rentrée scolaire 2025 s’inscrit dans un climat particulier, dominé par des préoccupations géopolitiques croissantes. Les tensions internationales monopolisent l’attention publique et politique, orientant les priorités budgétaires vers le renforcement des capacités militaires. Dans ce contexte, les annonces de restrictions et d’arbitrages financiers destinés à soutenir durablement le Ministère des Armées suscitent de vives inquiétudes quant à l’avenir de l’Éducation nationale, qui risque de
voir ses moyens encore réduits, compromettant ainsi sa capacité à remplir pleinement ses missions.
Concernant plus spécifiquement la carte scolaire, la baisse démographique constatée dans notre département est, comme chaque année, l’argument de base utilisé pour fermer des postes, sans discussion possible, tant le rapport de cause à effet est instillé dans les esprits. La baisse des effectifs par classe n’est, depuis longtemps, plus un objectif, bien que la volonté de plafonnement à 24 ou le dédoublement en REP semble prouver le contraire. La politique de carte scolaire gouvernementale est donc bien difficile à comprendre.
Dans la Manche, M. le Directeur Académique a déclaré dans Ouest France le 22 mars 2025 : “On a cherché à trouver un équilibre entre les ouvertures nécessaires, les fermetures qui n’impactent pas trop les territoires concernés et la volonté d’aller vers une école plus inclusive ». Dans vos propos, le vocabulaire choisi est éloquent. Il faut que les ouvertures soient jugées “nécessaires” : on ne saurait mieux dire. Dommage qu’elles soient limitées à 7 postes. Les fermetures de classes, au nombre de 17, ne sont pas qualifiées. Pourtant on aurait pu dire bien des choses, en somme : “commandées par le gouvernement”, “limitées par le budget”, “conséquences de choix austéritaires”… Mais le plus parlant, dans cette déclaration est votre volonté affichée de ne “pas trop impacter les territoires concernés”. Nous saluons la clarté de ce message qui nous montre que vous savez parfaitement que les territoires ruraux ou urbains seront impactés par cette dotation ministérielle de -2 postes, votre rôle consistant à ce que ce ne soit “pas trop”. Nous espérons que cette dénonciation courageuse parviendra au Ministère et que la voix d’un DASEN sera plus écoutée que celle de dizaines d’élu.es, de représentant.es des personnels, de centaines d’enseignant.es et de milliers de parents.
Pour finir, nous continuons de réclamer d’être invités en tant que représentant.es du personnel aux comités réguliers de suivi de l’école inclusive afin d’y faire part de notre expertise du terrain. Cette demande risque malheureusement de subir le même sort que les précédentes puisque notre absence lors de ces réunions semble découler d’une réelle volonté d’omerta de la part de la DSDEN sur ce sujet.
De même au sujet de l’école inclusive, nous souhaitons revenir sur les écoles qui ont reçu des messages de coordinateurs PIAL et de référents ESS faisant référence à l’abrogation de la note de service du 24/07/2024 relative à la prise en charge par l’État du temps de la pause méridienne. En effet, les directeurs.trices ont été sollicité.es pour prévenir les parents qu’à la rentrée prochaine leur enfant ne pourrait plus être pris en charge par un.e AESH sur le temps de cantine alors que la note de service ne prévaut pas sur le décret (2025-137 du 14/02/25) et la loi (2024-247 du 27/05/2024). Or nous avons interpellé à ce sujet les services de la DSDEN en CSA D jeudi dernier et avons eu, en retour, l’assurance que l’Etat continuerait de prendre en charge ce temps de cantine, ce qui garantira un égal traitement des élèves en situation de handicap dans tous les territoires.
Par ailleurs, nous nous adressons ici plus particulièrement aux élu.es du département pour leur faire part de nos inquiétudes concernant le bâti scolaire qu’il est impératif de revoir pour s’adapter au changement climatique. Il ne faut toutefois pas oublier que les travaux nécessaires à engager, non seulement pour le bien-être des élèves et des personnels, doivent être réalisés dans des durées raisonnables pour impacter le moins possible les enseignements. Nous faisons ici allusion aux rénovations globales du collège Marcel Grillard de Bricquebec par exemple qui s’étalent sur plusieurs années, usent les personnels et perturbent les élèves.
La nouvelle vague de fortes chaleurs qui va traverser l’Hexagone n’est pas surprenante au regard des trajectoires annoncées par les climatologues. Faute de rupture claire avec le modèle économique responsable du réchauffement climatique, les épisodes caniculaires ou du type « dôme de chaleur » sont amenés à se multiplier.
Pourtant, c’est toujours l’impréparation et la précipitation qui règne au sommet de l’État. C’est par un communiqué de presse qui rappelle les grandes heures du Covid (« dans la mesure du possible ») et qui ne mentionne pas la situation des personnels que le ministère de l’Education nationale a enfin daigné communiquer ce dimanche 29 juin. Les recommandations ministérielles ne sont pas à la hauteur d’une situation où les conditions de travail et la santé des personnels et des élèves sont en jeu.
Des mesures doivent être prises en priorité pour les élèves qui passent encore des examens, pour les personnels qui corrigent le DNB, pour protéger les personnels les plus fragiles…
À l’heure où certains veulent raccourcir les vacances d’été, cet épisode rappelle que l’Education nationale n’est même pas prête…à finir l’année scolaire début juillet.
Déclaration au CSA-SD du 26 juin 2025
Tout d’abord, nous souhaitons revenir sur le drame qui s’est déroulé lors d’un stage
d’observation de seconde à Saint-Lô. Pour la FSU de la Manche, c’est le temps du
recueillement et du soutien à la famille, ainsi que celui de la gestion de la
souffrance des camarades et de toute la communauté éducative. Nous nous
sommes assuré.es localement que le suivi psychologique nécessaire avait bien
été, cette fois-ci, mis en place, tant pour les élèves que pour les personnels de
l’établissement scolaire. Nous souhaitons juste rappeler que la place des jeunes
est d’abord dans les établissements scolaires pour apprendre à grandir ensemble
et bien évidemment dans un temps plus éloigné du drame, la FSU 50 reviendra sur
la pertinence et les conditions de ces stages de fin de seconde.
Autre drame, celui qui a conduit à la mort d’une collègue AED, Mélanie à Nogent
par un élève armé d’un couteau et alors qu’ une fouille était menée à l’entrée du
collège de Nogent par la gendarmerie locale. Il n’ a pas fallu bien longtemps, à
peine quelques heures, pour que la récupération politique soit faite, que les
annonces sécuritaires hors sol telles que les portiques soient proposées. La FSU
tient à rappeler que les personnels des vies scolaires, en particulier les AED, jouent
un rôle essentiel dans le quotidien des établissements scolaires. Ils ont d’abord un
rôle éducatif et ne doivent en aucun cas se transformer en « vigiles
d’établissements ». La question du climat scolaire et de la sécurité des écoles, des
collèges, des lycées, des personnels et des élèves nécessite notamment, et en
premier lieu, davantage de personnels formés et qualifiés. D’ailleurs, nous
demandons chaque année que soit portée à la connaissance des représentant.es
des personnels en CSA la dotation en AED dans notre département, ce que nous
n’avons toujours pas. En parallèle, le manque de moyens organisé par les
gouvernements successifs en termes de personnels a dégradé les conditions
d’encadrement et de prise en charge des élèves. Ce manque s’avère encore plus
criant dans un contexte où la santé mentale des élèves se dégrade. A l’heure où les
arbitrages budgétaires pour 2026 doivent être rendus, la FSU réaffirme l’urgence
et l’impératif d’avoir des équipes pluri-professionnelles complètes dans chaque
établissement afin de faire un travail éducatif et de prévention efficace. A ce titre, la
situation de climat scolaire tendu au collège de Saint-James signalée par de
nombreux dépôts RSST doit être prise en compte pour renforcer l’encadrement à
la rentrée 2025.
Drame encore, celui des mineur.es isolé.es . Un collectif des jeunes mineur.es
isolé.es est installé depuis le vendredi 2 mai devant la préfecture à Rouen pour
défendre leurs droits à une prise en charge, à un logement et à une scolarisation.
Mais côté scolarisation, le blocage est total. Malgré des alertes intersyndicales
réitérées, le Rectorat persiste à refuser la scolarisation à plusieurs jeunes pourtant
reconnus mineurs. Il persiste aussi à refuser de scolariser les jeunes qui sont en
procédure de recours ou d’appel pour faire valoir leur minorité, pourtant attestée
par des papiers officiels qu’ils ont présentés. C’est une entorse au droit et à la
convention internationale des Droits de l’Enfant dont la France est signataire.
Depuis la Manche, cette situation est révoltante et la FSU 50 demande instamment
que le rectorat respecte le cadre légal et propose des solutions de scolarisation à
l’ensemble des mineurs non accompagnés.
Concernant la préparation de la rentrée 2025, elle se tient dans un contexte
particulier où tous les projecteurs sont braqués sur les tensions internationales. Les
économies à générer pour abonder le Ministère des Armées dans les années à
venir ne laissent que peu d’illusion sur l’avenir de l’Éducation Nationale.
C’est malheureusement une habitude dans notre département puisque ce sont
encore 2 postes qui doivent être rendus cette année dans les écoles primaires. Une
fois encore, les espoirs d’une baisse des effectifs par classe ou d’une inclusion
facilitée des élèves présentant divers troubles sont repoussés d’un revers de la
main. Le maintien de conditions d’enseignement dégradées ne permet pas
d’exercer notre métier de façon satisfaisante.
426 élèves en moins sont prévus à la rentrée prochaine dans les écoles primaires
de la Manche. Cela correspond à 1 % des effectifs. En parallèle, 7 % des écoles du
département perdent une classe (18 sur 262 écoles) quand seulement 2% en
gagnent une (6 sur 262). Nous déplorons que la carte scolaire arrêtée en mars ne
réponde toujours pas aux réalités du terrain.
De surcroît, la ponction de 2 postes d’enseignants dans les moyens du 1er degré,
pour créer des « pôles d’appui à la scolarité », n’est ni compréhensible, ni acceptable.
Encore une fois, la FSU constate que chaque nouvelle mesure se fait toujours sans
moyens spécifiques alloués.
Et qu’en sera-t-il des moyens dédiés à l’accompagnement des élèves en situation
de handicap sur le temps méridien à la rentrée prochaine ? Les écoles reçoivent
des messages de coordinateurs PIAL et de référents ESS faisant référence à
l’abrogation de la note de service du 24/07/2024 relative à cette prise en charge par
l’État. Les directeurs.trices sont sollicité.es pour prévenir les parents qu’à la rentrée
prochaine leur enfant ne pourra plus être pris en charge par un.e AESH sur le
temps de cantine alors que la note de service ne prévaut pas sur le décret (2025-
137 du 14/02/25) et la loi (2024-247 du 27/05/2024).
Il est également regrettable que la DSDEN suive le mouvement autoritaire de
fermeture de classes sur la communauté de communes Coutances Mer et Bocage
(CMB) en prévoyant d’y fermer 4 postes.
Nous vous rappelons que la FSSSCT-SD du 3 mars 2025 préconisait que « soit
réalisé un accompagnement systématique des enseignant.es concerné.es par une
mesure de restructuration du maillage des établissements scolaires d’un secteur »,
cet accompagnement devant, bien entendu, se réaliser en amont des décisions.
S’agissant également de la FS SSCT SD, nous souhaitons revenir sur la mise en
place et le déroulement des enquêtes en présentiel. En effet, la FSU a dû batailler
lors de la dernière enquête pour s’assurer que soient effectivement proposés des
entretiens individuels à tous les personnels qui le souhaitaient et que le message
qui leur soit transmis soit le plus explicite possible. Nous espérons que ce retour
sur expérience aidera à clarifier le déroulement et les attendus des prochaines
enquêtes pour que tous les personnels puissent s’exprimer sans entrave.
Gérer l’humain, c’est aussi prendre en compte et mieux considérer les personnels
AESH, personnels indispensables sans lesquels il n’y a pas de réelle école
inclusive. Ce n’est toujours pas le cas car pour aggraver encore plus leur situation,
ils et elles doivent patienter une année de plus pour bénéficier de la subrogation.
En attendant, ils et elles devront gérer le remboursement d’ un trop perçu en cas
d’arrêt maladie. Ce qui se fait pourtant pour les personnels titulaires ne l’est
toujours pas pour les AESH, pourtant déjà précarisé.es et qui devront au mieux
patienter un an de plus jusqu’en juillet 2026. Et il peut arriver que les indemnités
journalières n’aient pas encore été versées qu’ils et elles se voient déjà subir des
régularisations et donc devoir faire face à des difficultés financières. C’est tout
simplement insupportable !
Dans les collèges , les moyens supprimés pour préparer cette rentrée 2025-26 et
qui s’élèvent à 13 ETP dégradent encore les conditions de travail des
enseignant.es et des élèves. Tout se joue à l’heure près pour répartir la pénurie et
les pires chantages s’exercent sur des collègues par nos managers pour accepter
des heures supplémentaires que notre état d’épuisement ne permet plus
d’absorber. Il est vraiment temps de mettre fin à ces pratiques.
D’autant plus qu’une grande confusion règne autour de la mise en place des
groupes de niveau. Le rapport de l’inspection générale qui devait servir à
déterminer si la dernière mesure survivante du “Choc des savoirs” était maintenue
est sans appel : le rapport appelle à « revenir sur l’organisation des enseignements
au collège où les cours de français et de mathématiques sont dispensés en
groupes sur la totalité du volume horaire concerné, pour toutes les classes de
6ème et 5ème.» Ce rapport confirme tout ce que la FSU ainsi que la plupart des
autres OS avaient mis en évidence : cette mesure désorganise les collèges par la
mise en barrette des groupes, supprime les dispositifs qui permettent de mieux
faire réussir (co-intervention, dédoublements…) , est très mal vécue par les élèves
des niveaux les plus faibles et surtout est inefficace, le rapport évoquant « un très
probable accroissement des écarts de réussite entre les différents groupes
d’élèves d’un même établissement. » Si le ministère n’a pas su entendre
l’opposition de la profession et de ses organisations syndicales, il faudra qu’il ouvre
les yeux face aux conclusions du rapport de l’Inspection Générale. La FSU exige
donc la fin des regroupements de niveaux et la généralisation d’effectifs de classe
réduits (qui nous placeraient à peine dans la moyenne européenne) pour
l’ensemble des disciplines et des heures. Il faut donc que cessent les pressions
exercées par certaines directions, appuyées par des IPR en mission cherchant à
imposer une organisation qui n’a plus la moindre légitimité.
Le 13 juin, les personnels du réseau REP+ de Cherbourg ont mené une grève pour
que soient maintenus les moyens en assistants pédagogiques du réseau qui
étaient menacés. C’est le jour même de la grève que la presse locale découvre en
interrogeant le Rectorat qu’aucun moyen n’est retiré au réseau et qu’il n’en a
jamais été question. Si l’on considère que cette déclaration est sincère, on peut se
demander à quoi sert un préavis de grève local. L’obligation de préavis de grève
est une disposition qui doit servir à négocier pour éviter le recours à la grève. Le
dialogue social n’est décidément pas le point fort de cette DSDEN et de ce rectorat
de Normandie !
Déclaration à la FS-SSCT académique du 12 juin 2025
Madame la Rectrice,
Une nouvelle fois, l’Education Nationale est endeuillée. Toutes nos pensées vont vers notre collègue Mélanie Grapinet, vers ses proches, ses collègues, la communauté éducative du collège Dolto à Nogent. Leur douleur est la nôtre. Aujourd’hui, l’heure est à l’émotion, au recueillement. Demain, face à ce drame, chacun devra se montrer à la hauteur.
Les personnels des vies scolaires, en particulier les AED, jouent un rôle essentiel dans le quotidien des établissements scolaires. Ils ont un rôle éducatif et ne doivent en aucun cas se transformer en « vigiles d’établissements ». La question du climat scolaire et de la sécurité des établissements mérite mieux que des gesticulations politico-médiatiques et nécessite davantage de personnels formés et qualifiés. En outre, le manque de moyens organisé par les gouvernements successifs en terme de personnels a dégradé les conditions d’encadrement et de prise en charge des élèves, manque qui s’avère encore plus criant dans un contexte où la santé mentale des élèves se dégrade. A l’heure où les arbitrages budgétaires pour 2026 doivent être rendus, la FSU réaffirme l’urgence et l’impératif d’avoir des équipes pluri-professionnelles complètes dans chaque établissement afin de faire un travail éducatif et de prévention efficaces.
Pour aborder l’ordre du jour qui nous réunit aujourd’hui, vous présidez pour la première fois, Madame la Rectrice, la Formation Spécialisée académique normande. Quelle politique allez-vous mener en terme de santé au travail et de prévention des risques professionnels ? Dans une académie où les personnels ont été et sont encore particulièrement exposés à la souffrance au travail, quelles mesures allez-vous prendre pour améliorer la situation ? Allez-vous enfin permettre à l’académie de Normandie de respecter les orientations stratégiques ministérielles ? Allez vous donner aux acteurs de la prévention les moyens de mettre en place une véritable prévention primaire ? Allez-vous désormais faire appliquer les circulaires académiques dans les 4000 établissements de l’académie en terme de DUERP, de plan local de prévention ou de mise en place des préconisations de la médecine de prévention ?
Depuis bientôt 10 ans, en matière de santé au travail et de prévention des risques, la politique menée est celle du minimum dans le meilleur des cas, et pire encore du blocage, du refus cherchant trop souvent à ne pas mettre en place les dispositions réglementaires comme les enquêtes refusées (lors de suicides ou tentatives de suicides) ou la mise en place des DUERP. De plus, les entorses à la réglementation, notamment concernant les délais, en matière de procès-verbaux, de réponses aux avis, de rapports de visites sont monnaie courante et ne permettant pas l’information en temps et en heure des personnels.
Lors du premier CSA, vous avez indiqué votre attachement au dialogue social. Pourtant, vous ne donnez pas les moyens aux élu·es du personnel pour mener à bien leurs missions. La fusion des académies de Rouen et Caen dont nous dénonçons toujours l’inutilité n’a fait que complexifier le travail des représentant·es des personnels. De 14 membres avec les 2 CHSCT A, nous sommes passés à 10 membres. En même temps, le nombre de personnels à suivre a été doublé pour atteindre 58000 personnels et plus de 4000 établissements. Comme un courrier de l’Intersyndicale vous l’a demandé, nous vous redemandons d’appliquer l’article 2 de l’arrêté du 15 juin 2022 pour donner aux représentant·es des personnels les moyens de faire face à l’immensité de la tâche qui leur incombe. Plusieurs de vos homologues de grandes académies l’ont déjà fait.
Plus de 4000 fiches RSST sont saisies sur une année courante. Les risques industriels sont importants (nucléaire, radon, sites Seveso…) et les tristes accidents Lubrizol et Bolloré ont montré l’exposition de nos établissements. Le bâti scolaire est aussi un sujet d’importance avec nombre d’établissements contenant de l’amiante et exposant les personnels et des ambiances thermiques dégradées. Nous aborderons également le sujet des DTA.
Malgré nos alertes, la souffrance au travail est toujours plus prégnante dans l’académie. En témoigne par exemple le nombre de fiches RSST en constante augmentation. Mais en témoigne surtout le nombre de collègues qui quotidiennement expriment leur mal-être dans les salles des professeurs, le nombre de collègues qui nous contactent pour nous faire part de leur désarroi et des pressions qu’ils et elles subissent de la part de leurs chefs d’établissement ou de leurs inspecteurs, le nombre de collègues qui craquent, qui pleurent, qui dorment mal et qui vont travailler la boule au ventre.
La fin de l’année scolaire est particulièrement source de souffrance au travail. L’organisation des examens alourdit encore la charge de travail des collègues et les pressions s’accentuent. Les professeur·es doivent assurer des surveillances et des corrections. Pour les collègues convoqués aux oraux, certain·es sont envoyé·es très loin, sans tenir compte de la concentration nécessaire à ce type d’interrogation ni de la fatigue que cela engendre. Quel mépris une nouvelle fois, à l’égard des enseignant·es et des candidat·es évalué·es ! Nous tenons à cet égard à dénoncer notamment les conditions de travail des enseignantes de Lettres qui sont convoquées à la fois pour les épreuves écrites et pour les épreuves orales, avec un rythme de travail intenable. Pire encore, lorsqu’elles sont en poste partagé, elles sont censées continuer à assurer leurs cours en collège. C’est inadmissible !
Après l’échec de la réorganisation du bac général et technologique qui plaçait les épreuves en mars, c’est au tour du bac professionnel de subir l’application des mêmes désorganisations. Le passage obligatoire des CCF avant le mois de mai, avec des objectifs de formation qui n’ont pas été revus, impose un rythme tel que les conditions de travail sont dégradées. Les conséquences de cette réorganisation sont importantes : un temps plus court pour travailler sur les référentiels avec les élèves, une organisation complexe des convocations aux CCF et des plages de cours, l’impossibilité de reconvoquer les élèves absents… La mise en place du parcours différencié désorganise les services des enseignant·es, alourdit leur charge de travail pour l’élaboration de modules de formation que les élèves ne suivront pas complétement du fait de l’absentéisme, les épreuves étant déjà passées. Tout cela contribue à dégrader les conditions de travail par la perte de sens du métier et l’augmentation de la pression sur les enseignant·es.
La préparation de la rentrée 2025 est également en cette fin d’année scolaire un facteur d’augmentation des risques psycho-sociaux : on voit revenir les pressions et les chantages des chefs d’établissement, sur les répartitions de service notamment et sur le non-renouvellement des AED et de tous les contractuel·les. On voit aussi revenir les pressions, parfois très insidieuses, des inspecteurs, IEN ou IA-IPR, qui, sous prétexte de formations ou de pilotage par les évaluations, culpabilisent et fragilisent celles et ceux qui, pourtant, tiennent à bout de bras un service public en plein effondrement. La FSU continue de dénoncer le management brutal dont sont victimes les collègues en Normandie et dont on sait les ravages.
Les résultats des mutations à venir risquent d’apporter leur lot de déception et de découragement. Une nouvelle fois, trop de collègues se verront privés de l’accès à un poste qu’ils convoitent, victimes des politiques de suppressions de postes. En outre, depuis la loi de transformation de la fonction publique qui ne permet plus de corriger en amont les erreurs de barèmes, les résultats de mutations, parfois perçus comme injustes, ne feront qu’accentuer la rancœur et la défiance à l’égard d’une administration qui fait le choix de l’opacité et de l’arbitraire. Là encore, ce n’est pas sans impact sur la santé des agent·es et les risques professionnels.
Malheureusement, la liste est longue en matière de maltraitance institutionnelle : la gestion des affectations pour les collègues TZR ou non-titulaires, la gestion des AT/MP et du CITIS, l’emploi des personnels en situation de handicap, la question des temps partiels, les discriminations et les violences sexistes et sexuelles…
Vous l’aurez compris, Madame la Rectrice, les attentes sont fortes et la FSU souhaite des réponses claires sur le chemin que vous souhaitez emprunter concernant la prévention des risques professionnels dans l’académie. Tous les personnels doivent pouvoir évoluer dans un environnement favorisant des conditions de travail apaisées. C’est la condition pour que les agentes et les agents puissent exercer leurs missions et pour que le Service public fonctionne. Il en va de votre responsabilité.
La FSU ne cessera jamais de défendre les conditions de travail des collègues et d’exiger le respect de leurs droits. Elle continuera inlassablement de porter ses mandats, pour faire avancer la protection des personnels et que le travail ne soit enfin plus une source de souffrance.
Déclaration au CSA-SD du 24 mars 2025
Après avoir taillé de nouveau dans les moyens attribués aux établissements du second degré normand avec 137 ETP dont 13ETP pour les collèges de la Manche lors des attributions de dotation, nous entrons désormais dans la phase où ces choix politiques, budgétaires et idéologiques contre le service publique touchent les personnels, les femmes et les hommes qui tiennent à bout de bras l’école publique et laïque . Et le moins que l’on puisse constater c’est que la maltraitance institutionnelle se renforce encore.
Alors que des Conseils d’administration ne se sont pas tenus pour délibérer sur la répartition des moyens attribués à l’établissement ce qui relève du domaine de l’autonomie de l’établissement selon l’article R421-2 du code de l’éducation et que les avis sur les créations suppressions de postes n’ont donc pas été votés , des mesures de carte scolaire sont pourtant prononcées et des compléments de services attribués , ce que les collègues concernés découvrent parfois en se connectant à Iprof. Cela montre que notre administration ne tire décidément aucune leçon de ses erreurs et continue à traiter ses agent·es comme des pions !
Le sort réservé à nos collègues de Technologie nous alarme, des mesures de carte scolaire sont cette année encore envisagées alors qu’aucun support vacant n’existe. La FSU s’oppose à ces suppressions de poste brutales, l’enseignement de la Technologie a du sens en classe de 6° et doit revenir dans les enseignements obligatoires des élèves. Les collègues de technologie ne doivent pas continuer à payer les errements de ministres éphémères qui ont souhaité se bâtir une carrière politique personnelle sur des réformes inutiles et inefficaces.
Ainsi, 5 mois après l’annulation par le Conseil d’Etat de l’arrêté et de la note de service organisant les groupes de niveau, notre administration s’entête à forcer la main aux personnels pour préparer une rentrée avec des groupes de niveau en 6° et 5° et ce de façon non réglementaire puisque les textes en vigueur sont ceux de la rentrée 2023. Les groupes de niveau sont pourtant très diversement mis en place depuis la rentrée 2024 et restent très massivement rejetés. La ministre elle-même a émis des doutes devant le Sénat sur le bien-fondé des groupes de niveau. Il ne reste d’ailleurs plus grand-chose de cette réforme de tri social puisque la ministre a confirmé l’extension des prépa-seconde, l’abandon du DNB couperet et des groupes de niveau en 4° et 3°.
Dans les Segpa, l’offensive de l’inspection académique pour supprimer la classe de 6° Segpa en se basant sur un texte de 2015 est incompréhensible. 10 ans d’expérimentation et de retours négatifs dans des établissements de la Manche, et y compris dans l’académie de Lille, devraient nous conduire à ne pas poursuivre ce qui est manifestement une erreur et une année de souffrance très dure à vivre pour les élèves pré orientés en 6° Segpa et finalement versés dans les classes ordinaires. Dans le département de l’Eure, qui devient étrangement un modèle entre ces murs, le collège de Bourgtheroulde à qui l’IA de l’Eure imposait la fermeture de la 6° SEGPA s’est insurgé et a obtenu le maintien de la 6° SEGPA.
Mais la maltraitance passe aussi par l’arrêt brutal des financements des projets culturels sur lesquels s’étaient engagés bien des collègues et qui voient ceux-ci anéantis par la suspension fin janvier, en pleine année scolaire, du Pass culture part collective. La FSU demande le maintien du budget alloué au Pass culture et au-delà demande à l’Etat d’assumer tous les besoins éducatifs de l’Ecole publique et de démocratiser l’accès à la culture. Il faut dire que sur ce point aussi, notre administration qui semble s’inspirer des politiques menées actuellement outre atlantique, se ridiculise en se désengageant d’un projet éducatif avec Jul alors que la ministre avait pourtant rédigé la préface de sa bande dessinée.
Le manque de considération pour les personnels exerçant dans les établissements du département et de l’académie est tel que la FSU appelle ceux-ci à la mobilisation dès le 3 avril .
Déclaration au CDEN du 21 mars 2025
La crise internationale qui effare l’opinion publique depuis l’élection de Donald Trump est exploitée politiquement en France pour laisser penser qu’il n’y aurait pas d’alternative et que les coupes sur les services publics et les budgets sociaux s’imposent. Cette instrumentalisation des peurs générées par la situation internationale pour avancer dans l’agenda libéral est insupportable. Cela génère des angoisses dans notre jeunesse à qui on ne propose que concurrence dès le plus jeune âge avec les groupes de niveaux et jusqu’au lycée avec le bac Blanquer et Parcoursup et un renforcement du SNU !
2 scandales ont alimenté l’actualité de l’éducation ces dernières semaines. Ils sont l’un et l’autre très éclairants sur la politique menée par le gouvernement.Le premier concerne les formations privées du supérieur dont la part s’accroît d’année en année et qui se concentrent sur les formations par apprentissage, notamment en BTS, afin de capter l’argent public de l’apprentissage et l’argent des familles qui préfèrent contourner l’attente angoissante des résultats Parcoursup en optant pour ces formations privées. Une enquête journalistique met en évidence les pratiques du groupe Galiléo, animé par les rendements financiers, et qui ne délivre qu’une formation indigente à des étudiants ayant payé des droits d’inscription importants et qui se sentent lésés par une publicité mensongère.Le second scandale est évidemment celui de l’ établissement privé catholique Betharram. Les témoignages glaçants des victimes à Bétharram et depuis, dans d’autres établissements privés catholiques, révèlent une conception de l’éducation empreinte d’autoritarisme et de domination violente des adultes sur les enfants. Ils montrent aussi la culture du silence, voire du secret qui prévalait et qui prévaut encore sur les faits de violences et de VSS contre les mineur·es. L’inertie de l’Éducation nationale pendant 30 ans dans l’affaire Bétharram est honteuse. Nous espérons que toute la lumière sera faite sur la chaîne de responsabilité interne qui a conduit à ne pas traiter les signalements qui ont existé. Ces affaires sont aussi révélatrices de la façon dont l’enseignement privé tente de s’exonérer de ses responsabilités alors même qu’il est nourri par l’argent public. La FSU réaffirme que l’argent public doit aller exclusivement à l’École publique.
Puisque l’argent public est dirigé de plus en plus vers les fonds de pension qui investissent dans les lucratifs établissements privés du supérieur ou vers les établissements privés confessionnels qui organisent le séparatisme scolaire, il faut « tailler à la tronçonneuse », il faut épurer à la Elon Musk, il
faut « dogifier » le service public d’éducation.
Même si la suppression de 4000 postes prévue au précédent budget ne s’est pas concrétisée, les moyens attribués à l’académie de Normandie sont amputés de 137 postes dans le second degré dont 13 dans les collèges de la Manche. Pour cette rentrée 2025, la ministre de l’Education a expliqué vouloir maintenir les groupes de niveau en Sixième et Cinquième à la rentrée pour que le ministère puisse mener à terme l’évaluation de ce dispositif sur une cohorte complète. Les premiers éléments de cette étude laissent entendre que l’appréciation de cette réforme est très négative, comme la ministre a pu en faire état indirectement devant le Sénat : « quand on a des élèves en situation de handicap, des élèves allophones, des élèves qui sont plus faibles, et qu’on les regroupe…, je ne suis pas sûre qu’on on donne le maximum de chances aux élèves qui étaient les plus faibles de rattraper un jour les moyens et les bons ». Ces propos confirment toutes les analyses et constats que nous avions faits. Le ministère doit communiquer au plus vite les premiers enseignements de cette enquête pour en finir sans attendre avec les groupes de niveau dès la rentrée 2025. Cinq mois après l’annulation par le Conseil d’État de l’arrêté et de la note de service organisant les groupes de niveau sur les quatre années du collège, le ministère n’a toujours pas publié les nouveaux textes (décret et arrêté) examinés lors du CSE le 20 janvier 2025, où ils ont été rejetés à la quasi unanimité. La ministre a déjà arbitré en faveur de l’abandon de cette réforme “choc des savoirs” délétère (extinction programmée des prépa-Seconde, abandon du DNB couperet et des groupes de niveau en Quatrième et Troisième). Malgré l’absence de nouveaux textes réglementaires à ce jour, des directions ont imposé en conseil d’administration, quand ils se tiennent, une organisation en groupes en Sixième et Cinquième, banalisant la pratique illégale d’appliquer des dispositions non réglementaires. Pour l’heure, la rentrée en collège doit donc se préparer selon le texte en vigueur organisant la rentrée 2023 sans regroupement d’élèves en mathématiques et en français, si ce n’est le soutien/approfondissement. La FSU continue de s’opposer aux groupes de niveau et demande la suppression de toutes les mesures absurdes qui pèsent sur la charge de travail des collègues (alignements, brassages, progressions et évaluations communes imposées).C’est bien grâce à ses personnels que l’école tient toujours, grâce à celles et ceux qui la portent à bout de bras. Et malheureusement chaque jour, nous rencontrons des collègues fatigué.e.s, désabusé.e.s… Nous n’allons pas vous refaire nos multiples déclarations des Formations spécialisées. Nous espérons toutefois que le message passe et que vous preniez la mesure de la gravité de la situation. Il aura fallu exposer sur la place publique des situations dramatiques pour que quelques premières réactions apparaissent.
Aujourd’hui, on a la possibilité, enfin, vous avez la possibilité de prendre la mesure de cette situation avec l’étude de la carte scolaire 2025. Concernant les mesures étudiées ce jour, dans un contexte d’école inclusive où les problèmes sont multiples, augmenter le nombre de classes, le nombre d’élèves… fait augmenter de façon exponentielle les problèmes. Cette décision de regrouper des écoles qui est municipale, n’en est en réalité pas une puisqu’on le sait, toute la chaîne hiérarchique de l’Education Nationale pousse à ces regroupements pour économiser des moyens.
Contrairement à ce que voudrait faire croire le gouvernement, l’école publique n’est pas épargnée : le schéma d’emploi présenté par la Ministre de l’Éducation (la 6ème depuis 2022 !) reste insuffisant avec la suppression de 470 postes dans le premier degré. Le constat commun de la baisse démographique doit cesser d’être instrumentalisé à des fins budgétaires. Au contraire, tirer parti de ce contexte démographique en l’accompagnant de créations de postes permettrait de réduire le nombre d’élèves par classe et par là de se rapprocher de la moyenne des pays de l’OCDE ; car dans le premier degré, la France se trouve sur le podium des classes les plus chargées parmi les pays de l’Union européenne membres de l’OCDE.
Concernant les mesures dites sur l’école inclusive, tout d’abord nous tenions à rappeler que la priorité selon la FSU est la baisse des effectifs par classe. Il est urgent de réagir et d’envisager des normes par classe bien plus basses que celles retenues actuellement.L’acte 2 de l’école inclusive s’inscrit dans la droite lignée de la politique Macronienne : gérer l’État comme on gère une banque. Masqué derrière des discours prétendument ambitieux et centré sur des valeurs nobles telles que l’inclusion, le président de la république nie tout dialogue social et “optimise” le portefeuille de l’État.Suite au déploiement de l’acte 1 dont on notera l’absence de toute évaluation et dont nous avons démontré à maintes reprises les insuffisances, l’acte 2 laisse présager une dégradation encore plus conséquente des conditions d’accueil des élèves et, de fait, des conditions de travail des personnels.Le remplacement des PIAL, fers de lance de l’acte 1, en PAS (pôles d’appui à la scolarité) alors qu’aucun bilan des PIAL n’a été fait nous inquiète. Après 6 mois d’expérimentation dans 4 départements préfigurateurs, la FSU est déjà en mesure de confirmer ses craintes. D’ailleurs, la ministre de l’Education, elle-même, en pleine assemblée nationale le 5 mars dernier, a indiqué, nous la citons, que “les enseignants spécialisés[…] entourés par des acteurs et des professionnels du médico-social (…) peuvent (…) définir les bonnes modalités d’accompagnement du jeune en situation de handicap – matériel pédagogique, pédagogie adaptée ou sollicitation d ‘une AESH. Finalement, on n’a pas besoin d’une notification de la MDPH pour bénéficier d’un accompagnement par une AESH”. Cela présage une adéquation des besoins au nombre d’AESH dont nous disposons et non l’inverse,
comme cela devrait se faire, si l’élève était la préoccupation centrale. Le manque de places dans les établissements médico-sociaux aggrave la situation. Sans solutions adaptées, des élèves se retrouvent dans des classes ordinaires sans accompagnement suffisant. Face à ces impasses, familles, enseignant·es et AESH sont souvent démunis. Les AESH jouent un rôle fondamental dans la scolarisation des élèves en situation de handicap, mais leur précarité reste une injustice criante. Recrutées en contrat précaire, mal rémunérées, sans véritable perspective d’évolution professionnelle, elles sont trop peu nombreuses et souvent contraintes d’assurer un accompagnement morcelé entre plusieurs élèves. L’inclusion ne se décrète pas, elle se construit avec des moyens humains et matériels à la hauteur des besoins. Les personnels sont bien en première ligne pour réussir l’inclusion. Les représentant.es que nous sommes prennent leur part dans cette construction. Lors du CDEN du 24 mai 2024, vous vous étiez engagé à nous convier au Comité de suivi de l’école inclusive de cette année, arguant qu’un CDEN, que nous réclamons intersyndicalement depuis plusieurs années, n’était pas pertinent. Lors du CSA-SD du 12 novembre 2024 vous nous avez annoncé que cette réunion aurait lieu le 2 décembre, pour ensuite nous annoncer son report lors du CDEN du 26 novembre. A plusieurs reprises, nous vous avons demandé la date de ce report : ainsi le 27 janvier lors du CSA-SD, vous n’étiez pas encore en mesure de nous donner la date.Quelle ne fut pas notre surprise d’apprendre la semaine dernière que le Comité de suivi avait eu lieu sans que nous n’y soyons convié.es ! Et qui plus est, le 23 janvier, 4 jours seulement après nous avoir dit que vous n’en connaissiez pas la date ! Amnésie volontaire ou mensonge éhonté ? Aucune des 2 explications ne nous rassure.La conclusion de cette série à rebondissements est malheureusement claire : la DSDEN ne semble absolument pas souhaiter que les représentant.es du personnel participent à ce type de réunion de l’ensemble des partenaires. Au mépris pour les personnels s’ajoute désormais une omerta qui ne peut que nous inciter à penser que des dysfonctionnements graves doivent demeurer cachés. Sinon, pourquoi nous en exclure ?Qu’en est-il donc du dialogue social que chaque ministre se targue de vouloir mettre en place ? Où est-il ? Il serait temps que nous en voyions des signes, en commençant par le respect des représentant.es des personnels pour qu’ils puissent pleinement jouer leur rôle.
Déclaration au CSA-SD du 13 mars 2025
La préparation de la rentrée 2025 se tient dans un contexte particulier où tous les projecteurs sont braqués sur les tensions internationales et les politiques budgétaires de la défense. Les économies à générer pour abonder le Ministère des Armées dans les années à venir ne laissent que peu d’illusion sur l’avenir de l’Éducation Nationale.
Nous y sommes habitués, puisque dans notre département, ce sont encore des postes qui doivent être rendus cette année dans les écoles primaires, comme chaque année. Dans votre projet de carte scolaire 2025-2026, vous envisagez 22 fermetures de classes alors que le département ne doit rendre que 2 postes. La baisse démographique, que nous ne nions pas, aurait dû être l’occasion de dégager les moyens nécessaires pour répondre aux besoins (RASED, PDMQDC…).Il est également regrettable que la DSDEN accompagne le mouvement autoritaire de fermeture de classes sur la communauté de commune Coutances Mer et Bocage en prévoyant d’y fermer 4 postes.
Les professeurs des écoles y sont victimes du mépris des élus puisque n’ayant été ni écoutés, ni informés de l’évolution de la situation. La DSDEN aurait dû défendre auprès de la CMB le droit des collègues à être consultés et entendus.
Le maintien du haut niveau de dysfonctionnement actuel ne nous permet plus d’effectuer notre travail dans de bonnes conditions. Les dépôts sur le Registre de Santé et Sécurité au Travail en sont un témoignage quotidien. En effet, les équipes sont de plus en plus souvent confrontées à des faits de violences des élèves entre eux et/ou vis-à-vis d’elles. Ces situations n’ont jamais été aussi nombreuses. Face à ces faits de violence, l’institution n’apporte pas de réponse à la hauteur des difficultés quotidiennes des gestions de crise. Les équipes sont démunies. Il manque notamment du personnel spécialisé, des formations de qualité et du temps en équipe pour gérer ces situations. Ces expositions aux risques psycho-sociaux fragilisent les personnels, en particulier en l’absence de médecin du travail. Comme elle l’a toujours fait, et en dépit des pressions, la FSU continuera à lutter pour assurer à toutes et tous des conditions de travail dignes et décentes. En ce mois de mars, nous ne pouvons pas ne pas évoquer les 20 ans de la loi 2005 pour l’inclusion des personnes en situation de handicap. Vingt ans plus tard, l’école peine toujours à remplir cette mission faute de moyens humains et matériels adaptés. Si la loi de 2005 a permis de faire avancer les droits des élèves en situation de handicap, son application reste largement insatisfaisante. Dans les écoles, les équipes font face à une situation de plus en plus dégradée : manque criant d’AESH, absence de formation des enseignantes et enseignants, dispositifs d’accompagnement insuffisants, etc…Cela détériore considérablement les conditions d’apprentissage des élèves en situation de handicap, tout en compliquant la scolarité des autres élèves et en dégradant également le travail des personnels. Cela ne peut plus continuer comme cela ! On ne peut plus se satisfaire d’éléments de communication : il faut des actes !
Déclaration FSU au CSASD du 30 janvier 2025
Pour cette préparation de rentrée 2025, nous aurions pu espérer au regard des annonces du nouveau premier ministre sur l’annulation des 4000 suppressions de postes prévues au budget de l’EN par le précédent gouvernement censuré, que les établissements du département seraient pour cette année enfin épargnés par les suppressions de moyens. Il n’en est rien. Les moyens équivalents à 137 postes sont enlevés aux établissements du second degré de l’académie. 16 postes administratifs manqueront également. Dans la Manche 13 postes sont retirés aux collèges et 5 aux lycées généraux et technologiques pour la rentrée prochaine.
Les politiques austéritaires se poursuivent donc imperturbablement et dégradent l’école publique sans jamais tenir compte des innombrables signaux d’alerte qui devraient pourtant obliger nos décideurs à agir en urgence. Pour cela, il leur faut sortir de leur déni et de leurs certitudes idéologiques, nourries par un profbashing bien installé. Il faut que notre administration renoue avec un dialogue social que la loi TFP a détruit.
Aujourd’hui, le service public d’éducation ne tient que par le dévouement des personnels que son administration a durement éprouvés en intensifiant considérablement leur travail à tel point qu’aujourd’hui la France détient le record du nombre d’élèves par classe entre autre exemple.
Pour le premier ministre, « les enfants ne sont pas comme les poireaux, ils ne poussent pas tous à la même vitesse », cette curieuse comparaison aura au moins le mérite de rappeler que la sélection précoce des élèves n’est pas souhaitable. En cela, la réforme « Choc des savoirs » aurait dû, en cohérence, être immédiatement abandonnée d’autant plus que le Conseil d’Etat a invalidé l’arrêté du 15 mars et qu’aucun autre texte n’est paru à ce jour. Il est heureux que l’obtention du DNB ne soit plus obligatoire pour les élèves souhaitant se rendre en lycée général, technologique et professionnel et que les groupes de niveaux ne soient pas appliqués en 4° et 3° comme la réforme le prévoyait. Pour autant la classe de relégation prépa seconde n’est pas abandonnée alors que sous sa forme expérimentale, elle est loin de faire le plein avec 13 élèves en moyenne dans un seul lycée par département. Les groupes de niveaux en 6° et 5° qui ont tant désorganisé les collèges particulièrement là où ils ont été appliqués strictement et sans discernement sont maintenus pour la rentrée 2025. Le bilan est pourtant désastreux : le lien prof-élève est abîmé, les jeunes collégiens sont perdus, les écarts se creusent et ne se récupèrent pas et les collègues expriment un sentiment de dépossession de leur métier et une immense frustration professionnelle. La FSU le réaffirme avec force : pour apprendre et progresser, les élèves ont besoin de stabilité et les effectifs par classe doivent être systématiquement réduits, pas seulement dans les groupes de français et de mathématiques.
Cette préparation de rentrée 2025 sera donc à nouveau une étape difficile pour nos collègues des collèges : ils vont devoir se pencher sur une DHG à la baisse, sans texte réglementaire paru sur les groupes de niveau mais tout de même sommés de les prévoir, toujours en sacrifiant des dédoublements, des heures d’option, des projets, la technologie en 6°, avec un taux et un volume d’ HSA toujours plus important , des menaces sur les compléments de services, sur d’éventuelles fermetures de postes, avec une incertitude sur l’attribution des IMP que le ministère n’a toujours pas prévues…
Il s’agit d’une dégradation supplémentaire de leur condition de travail qui risque d’atteindre la santé de bien des collègues. La FSU rappelle la responsabilité de l’employeur en matière de santé des personnels c’est pourquoi la FSU demande que :
• les pressions et les chantages pour faire accepter les heures supplémentaires, les missions supplémentaires, les organisations baroques, les injonctions pédagogiques, les remplacements de courte durée … disparaissent.
• Les personnels soient soutenus par leurs hiérarchies face aux violences, aux insultes, aux dérives verbales sur les réseaux sociaux et soutenus lorsque le contenu de leur enseignement inscrit dans les programmes est remis en cause par des obscurantistes d’où qu’ils viennent.
• Les conditions de travail des personnels AESH, très précarisés, et qui subissent la mutualisation progressent
Ces améliorations des conditions de travail couplées à des mesures salariales sérieuses sont par ailleurs indispensables pour retrouver une attractivité du métier d’enseignant actuellement bien insuffisante pour atteindre les 330 000 nouveaux enseignants que la DARES et France Stratégie estiment nécessaires pour renouveler les départs à la retraite d’ici 2030 !
MANCHE