LES DÉCLARATIONS DE LA FSU nationale aux CSA-MEN et CSE

LES DÉCLARATIONS DE LA FSU nationale aux CSA-MEN et CSE

2026-06-19T16:28:41+02:0028 mai 2026|Catégories : À LA UNE|

CSE du 11 juin 2026 – Déclaration de la FSU-SNUipp

Monsieur le ministre,
La conférence nationale du handicap se tiendra le 25 juin prochain, la FSU-SNUipp, qui représente
les professeur-es des écoles, les psyEN et les AESH n’y est pas invitée, aucune organisation
syndicale représentative ne l’est. La question de l’école inclusive n’est pas la seule question qui
sera traitée par la conférence, mais une fois encore : comment pouvez-vous imaginer que l’école
inclusive puisse se construire, évoluer positivement, se renforcer, sans les personnels qui la font
vivre au quotidien ?
Pour la FSU-SNUipp, chaque élève a sa place à l'école. Mais avec des classes trop chargées, des
AESH maintenu-es dans la précarité , des élèves sans solution… l'école inclusive manque de
moyens. Au printemps 2025, 67 011 collègues ont répondu à notre consultation sur l'école
inclusive : une mobilisation sans précédent en vingt ans. Nous nous sommes engagé-es à porter
leur parole : oui à l'inclusion, avec les moyens de la réussir. La consultation a mis en avant quatre
mesures phares :
– Une place pour chaque élève à hauteur des décisions des MDPH, pour que chaque élève
bénéficie de la scolarisation et de l’accompagnement adaptés à sa situation.
– Des AESH reconnu-es et formé-es, avec un vrai statut, une vraie formation et un vrai salaire pour
celles et ceux qui sont des maillons essentiels de l’école inclusive.
– Des classes moins chargées : il faut, partout, réduire les effectifs des classes.
– Des postes spécialisés en nombre suffisant. Il faut recréer les postes — RASED, ULIS,
enseignement spécialisé — partout où il y a des besoins, pour les élèves comme pour les équipes.
La Conférence Nationale du Handicap annoncera des mesures qui auront des incidences sur
l'avenir de l'école inclusive. La FSU-SNUipp demande à y participer, pour porter la parole de celles
et ceux sur qui cet avenir repose.
Dans cette période où s’impose la nécessité d’une loi intégrale contre les violences sexuelles
faites aux femmes et aux enfants, nous souhaitons également revenir sur ce que peut et doit faire
l’école, pour protéger les enfants, mais à plus long terme, aussi, pour construire une société
débarrassée des relations de domination et de prédation.
Pour cela, le programme EVAR/S est un outil important. Mais l’institution n’assume pas ses
responsabilités, car la formation à ce programme n’est pas assurée à la hauteur de ses enjeux :
pour tou-tes les collègues, sur temps de classe avec les remplacements nécessaires. Là où elle
existe, le distanciel est beaucoup trop utilisé. Pire, les 18h d’animations pédagogiques, qui
malheureusement représentent pour trop de collègues la seule formation possible, seront, pour
les quatre années qui viennent, consacrées pour 2/3 du temps aux « fondamentaux » français et
maths. Cela doit cesser, et la priorité doit être donnée aux formations souhaitées par les PE.
Nous rappellerons également ici, bien trop brièvement, à quel point il faut aussi prévoir :
– une formation de l’ensemble des personnels dont les AESH au recueil de la parole des enfants
et aux suites à donner à ces prises de paroles,
– des moyens décuplés pour les services de protection de l’enfance, littéralement exsangues,
– les moyens nécessaires à la police et à la justice, y compris en formation, pour que toutes les
révélations soient traitées comme elles devraient l’être.
Enfin, nous abordons un dernier sujet : vous nous conviez à des ateliers sur le climat scolaire, sujet
que nous jugeons très important. Mais pour le moment, ces ateliers ne prévoient pas d’échanges
avec les participant-es que nous sommes, mises à part les questions que nous pouvons poser sur
les éléments présentés. Or nous portons une expertise, et des propositions que nous devons
pouvoir discuter avec vous.
Par ailleurs, et surtout, nous ne comprenons pas l’articulation et la cohérence entre ces ateliers,
qui montrent une réelle préoccupation d’amélioration du climat scolaire dans les écoles, de prise
en compte des élèves et de leur famille, et un projet de charte nationale d’une part, et de texte
sur les changements d’école d’autre part, évoqués lors d’un échange récent avec des
représentant-es de la FSU à la DGESCO et qui seraient prévus pour la rentrée 2026. En l’état, nous
tenons à vous dire que nous refusons des textes de circonstance, qui relèveraient au mieux d’un
affichage politique, au pire d’un dispositif susceptible d’envenimer certaines situations sans traiter
les causes profondes des violences subies par les personnels ni les difficultés du climat scolaire.
Nous vous rappelons que le travail sur le climat scolaire devrait être un réel objet de travail à tous
les niveaux du système éducatif, avec des moyens humains, du temps, et de la formation.

CSE du 11 juin 2026 – Déclaration de la FSU

M le Ministre,
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil supérieur de l’éducation,
Cette séance du Conseil supérieur de l'éducation se tient dans un contexte particulièrement préoccupant.
Les choix gouvernementaux continuent d'accroître les inégalités sociales et territoriales, d'affaiblir les
services publics et de fragiliser les droits collectifs. L'École ne peut être pensée indépendamment de cette
évolution générale qui touche l'ensemble de la société.
La FSU s'inquiète d'abord de la multiplication de projets législatifs qui remettent en cause les libertés
publiques et l'État de droit. Derrière les discours sur l'efficacité de l'action publique ou la sécurité, se
dessine un renforcement du pouvoir exécutif au détriment des contre-pouvoirs démocratiques. Ces
orientations constituent un danger pour les droits sociaux, les libertés associatives et syndicales ainsi que
pour l'ensemble des services publics.
Le monde associatif, acteur essentiel de l'émancipation, de l'éducation populaire, de l'inclusion et de la
cohésion sociale, est aujourd'hui soumis à une offensive sans précédent. Il subit aussi une cure d’austérité
sans précédent. Alors que les subventions locales disparaissent, l’État a réduit les siennes de 40% en 3
ans. Cela impacte grandement leur modèle économique provoquant un plan social d’ampleur dénoncé
par les organisations syndicales et mettant en danger l’existence même d’un grand nombre d’entre elles.
Cette précarité financière participe en outre d’une mise sous tutelle politique sous l'effet des logiques
d'appel à projet, contraire aux missions historiques des associations. Elle demande à l’État de redonner
les moyens aux associations de fonctionner en toute autonomie et indépendance. Elle rappelle son
engagement au sein d’un certain nombre d’entre elles.
La situation de la fonction publique demeure également très préoccupante. Le développement de
l'emploi contractuel, encouragé par la loi de transformation de la fonction publique, accentue la précarité
et fragilise le statut général des fonctionnaires. Dans l'Éducation nationale comme dans l'ensemble des
services publics, les difficultés de recrutement, la perte d'attractivité des métiers et la dégradation des
conditions de travail sont les conséquences directes de politiques qui ont privilégié la réduction des coûts
plutôt que l'investissement humain. La FSU continue de revendiquer l'abrogation de cette loi, une
politique salariale ambitieuse et la reconstruction d'une fonction publique statutaire ambitieuse au
service de l'intérêt général.
Les enjeux d'égalité entre les femmes et les hommes restent au cœur de nos préoccupations. Les accords
signés doivent désormais produire des effets réels sur les carrières, les rémunérations, les conditions de
travail et l'accès aux responsabilités. La féminisation de nombreux métiers de l'éducation, de
l'accompagnement et du soin continue de s'accompagner d'une sous-valorisation salariale et sociale. La
situation des AESH en constitue l'exemple le plus emblématique : emploi massivement féminin,
rémunérations insuffisantes, temps partiels imposés et absence de véritable reconnaissance
professionnelle. La FSU revendique la création d'un corps de catégorie B et une amélioration substantielle
des conditions d'exercice de ces personnels indispensables au fonctionnement du service public
d'éducation.
Dans le champ éducatif, les choix ministériels confirment une orientation préoccupante. La proposition de
loi déposée consistant à utiliser les résultats aux évaluations nationales pour définir la carte de
l'éducation prioritaire marque une rupture profonde avec les principes fondateurs de cette politique.
Pour la FSU, l'éducation prioritaire doit continuer à reposer sur des critères sociaux afin de donner
davantage à celles et ceux qui en ont le plus besoin. Nous refusons toute logique de classement des
établissements fondée sur la performance scolaire, qui conduirait à renforcer les inégalités et la
concurrence entre écoles.
La question de l'école inclusive reste également centrale. Malgré les besoins croissants, les réponses
apportées continuent de relever d'une logique de mutualisation et de gestion de la pénurie. Lors des
discussions de la proposition de loi à l’Assemblée, la généralisation des Pôles d’Appui à la Scolarité (PAS) a
été rejetée par les parlementaires, une raison supplémentaire pour la FSU de demander l’arrêt de ce
dispositif. Ces PAS prolongent les logiques qui ont montré leurs limites avec les PIAL. L'inclusion ne peut
se réduire à une organisation administrative des manques. Elle exige des moyens humains, des
personnels formés, des effectifs allégés et une véritable reconnaissance des métiers de
l'accompagnement.
La FSU s'oppose également aux dispositifs qui organisent un tri toujours plus précoce des élèves. La
pérennisation des classes de prépa-Seconde, les restrictions envisagées dans l'accès au lycée et à
l'enseignement supérieur, ainsi que les difficultés rencontrées dans la formation initiale des enseignant-
es, participent d'une même logique de sélection. À rebours de ces orientations, nous défendons une École
qui vise la réussite de toutes et tous et qui donne à chaque jeune les moyens de poursuivre ses études et
de construire son avenir.
Enfin, la dégradation des politiques de protection de l'enfance illustre les effets d'un désengagement de
l'État dans les domaines les plus essentiels. Face à l'augmentation des besoins, le gouvernement privilégie
l'adaptation à la pénurie plutôt que le renforcement des moyens humains et financiers. Ce sont les
enfants les plus fragiles qui en paient le prix.
Pour la FSU, les défis sociaux, démocratiques, écologiques et éducatifs auxquels notre société est
confrontée exigent des choix radicalement différents. Ils nécessitent des services publics renforcés, des
personnels reconnus et correctement rémunérés, une politique ambitieuse de réduction des inégalités et
un engagement renouvelé en faveur de l'émancipation de toutes et tous. C'est ce projet que la FSU
continuera à porter dans les mobilisations à venir et au sein de cette instance.


Déclarations de la FSU-SNUipp au CSE du 28 mai 2026

Monsieur le ministre,
33 degrés dans une classe en Essonne à 11h du matin, 32 dans une classe à Rennes… mais non,
nous n’allons pas vous parler de ce que vivent les élèves et les collègues dans leurs écoles depuis
mardi. La FSU-SNUipp va simplement vous demander quand ? Quand allez-vous prendre à bras-le-
corps les préconisations de la commission du CSE qui a travaillé sur toutes ces questions ?
Je n’aborderai pas non plus la réalité de l’école inclusive, et notre colère de ne pas être invités à
participer à la Conférence nationale du handicap (CNH) de cette fin d’année scolaire. Car la
déclaration de la FSU abordera cet unique sujet. Juste une question, là aussi : comment pouvez-
vous penser que l’école inclusive se construira sans les enseignant-es, psyEN et AESH des écoles ?
Par cette déclaration, la FSU-SNUipp n’abordera que la politique éducative conduite depuis 2017,
que vous choisissez de poursuivre dans le 1 er degré, malgré son bilan désastreux.
Dans la circulaire de rentrée, pour laquelle nous n’avons pas été consultés, ce qui est une
première, vous mettez en avant deux objectifs que nous partageons pleinement : l’acquisition du
langage, dans toutes les disciplines, vue comme la capacité croissante à élaborer une pensée
complexe. Et le raisonnement scientifique, la résolution de problèmes pour “le développement
intellectuel et humain”.
Mais comment ne pas voir qu’il s’agit là d’une injonction contradictoire, en premier lieu pour les
élèves des cycles 1 et 2 ? Que nous allons passer à côté des « bases » nécessaires, parce que les
nouveaux programmes empêcheront les enfants qui comptent sur l’école pour ces apprentissages,
d’entrer dans les langages et de construire leur capacité à s’interroger et à raisonner. Les
programmes de français et mathématiques des cycles 1 et 2 ont été rejetés par le CSE avec 47 voix
contre. Avec 3 voix pour, ils ont été publiés et imposés, alors que la focalisation précoce sur la
langue dès la petite section est une entrave à l’entrée dans le langage, tous les spécialistes de la
maternelle le confirment. En mathématiques, vous généralisez actuellement, sous couvert de
« l’enseignement explicite » importé du Canada, l’application de procédures apprises par
répétition, en lieu et place du développement de la capacité à s’interroger.
Et bien sûr, cette entrée par des « fondamentaux » problématiques ne fonctionne pas, les
inégalités d’apprentissages se maintiennent, voire s’aggravent…
Alors vous choisissez de contraindre toujours plus les enseignant-es, soupçonné-es de mal faire,
de ne pas appliquer les prescriptions à la lettre.
Et voici un projet de note de service sur le pilotage des classes dédoublées en éducation
prioritaire… un projet qui concentre enseignement découpé en « bonnes pratiques » à imposer, et
un recentrage sur les sempiternels fondamentaux, alors même que PISA nous montre à nouveaux
que les systèmes éducatifs les plus inéquitables, ceux qui renforcent le plus les inégalités, sont les
systèmes qui font la part la plus grande à ces fondamentaux.
Comme la totalité des organisations syndicales de ce CSE, nous vous avons signifié que cette
circulaire est inacceptable. Nous attendons de vous qu’elle soit maintenant abandonnée.
Dans la même veine, Monsieur le ministre, l’acte 2 de la formation continue est mal engagé. Au
lieu d’œuvrer au renforcement de l’expertise professionnelle de terrain en redonnant la main aux
équipes, en leur garantissant le choix de leurs objets de travail, de formation, soutenus dans leurs
recherches didactiques et pédagogiques (par exemple avec le développement de recherche-
action), les remontées des écoles sur les résidences pédagogiques nous inquiètent. Dans la plupart
des situations, les collègues se voient imposer des contenus et des modalités de travail qui ne leur
conviennent pas, à rebours des consensus scientifiques. C’est de nouveau une mise sous contrôle
des métiers de l’enseignement qui se déploie. Sachez que cette vision d’une formation sous la
contrainte met aussi en souffrance de nombreux collègues formatrices et formateurs, traités eux-
mêmes en exécutants et non plus en concepteurs à l’écoute des demandes des PE. Décidément, à
moins d’un revirement dans les méthodes et les contenus, les chiffres alarmants de TALIS, que
nous avons déjà évoqués ici, ne risquent pas de s’améliorer.
Un dernier mot, enfin, sur le référentiel de la direction d’école. Vous nous avez consultés… pour
le publier quasiment en l’état. Rien ne va, ni sur le fond, ni sur la forme.
L’école publique avait une force : la puissance de la collégialité, l’énergie du collectif qui élabore
au quotidien, autour d’une ou d’un collègue chargé d’animer et de coordonner ce travail. Avec
aussi, il est vrai, des responsabilités de sécurité, des responsabilités de dialogue avec les
partenaires, tâches mal reconnues, mal prises en compte.
Ce référentiel est une tentative de détruire ce qui fonctionne, ce qui fait la richesse des écoles.
Quel modèle a-t-il été jugé suffisamment efficace pour imposer un rôle de manager à nos
collègues, et penser sérieusement que cela améliorera le fonctionnement des écoles, et les
progrès des élèves ? La seule raison à ce virage, c’est une volonté de ne plus considérer les PE
comme des professionnels, mais de les mettre au pas, grâce à ce maître-mot, le « pilotage
pédagogique ». Un pilotage pédagogique d’autant plus pauvre et rabougris qu’il s’organise autour
des chiffres des évaluations nationales, sans aucun intérêt pédagogique. Pourtant, les systèmes
organisés autour de ce type d’indicateurs ne fonctionnent pas. Monsieur le ministre : pensez-vous
vraiment que des professionnels, contraints d’appliquer des méthodes auxquelles ils et elles
n’adhèrent pas, éduqueront des élèves capables de penser librement et d’agir sur le monde pour
l’améliorer ? Quoi qu’il en soit, la FSU-SNUipp continuera de soutenir nos collègues directrices et
directeurs, qui ne veulent pas devenir un maillon d’une chaîne de contraintes autoritaires. Nous
continuerons à demander que leur engagement et leur travail soient reconnus. Le référentiel qui
vient d’être publié doit être retiré, il est en réalité une entrave supplémentaire, à l’opposé de ce
dont nos collègues ont besoin.

Déclaration de la FSU au CSE du 28 mai 2026

M le Ministre,
Mesdames et Messieurs les membres du Conseil supérieur de l’éducation,
La cinquième Conférence nationale du Handicap se tiendra prochainement sous l’autorité du Président de
la République afin de définir les grandes orientations de la politique du handicap pour les prochaines
années. Les organisations syndicales représentatives n’y sont pas invitées alors qu’elles défendent le droit
des personnels en situation de handicap et qu’un des axes concerne directement l’école inclusive.
Cette exclusion est incompréhensible. Alors qu’un de ses axes concerne directement l’école inclusive, les
organisations syndicales représentatives n’y sont pas invitées. Cette exclusion est incompréhensible.
Car les personnels ont beaucoup à dire sur la réalité de l’école inclusive. La consultation, lancée par la
FSU-SNUipp au printemps 2025 et à laquelle plus de 67 000 personnels ont répondu, a mis en évidence
un constat largement partagé : vingt ans après la loi de 2005, l’école inclusive reste une promesse
inachevée.
Depuis plusieurs années, le nombre d’élèves à besoins éducatifs particuliers scolarisés dans les écoles et
établissements augmente fortement. Cette évolution exige des moyens humains, des formations
adaptées, des dispositifs renforcés et des conditions de travail permettant réellement l’accompagnement
des élèves.
Or, sur le terrain, les personnels constatent chaque jour l’écart grandissant entre les annonces
ministérielles et la réalité vécue dans les classes.
Dans le premier degré se conjuguent la dégradation des conditions d’exercice des métiers de l'inclusion et
de l’adaptation, et des classes surchargées, sous pression des évaluations et des fondamentaux. Les
enseignant-es, contraint·es par des programmes hyper-normatifs, n’ont pas le temps ou la possibilité
matérielle de partir des besoins des élèves. Les RASED, acteur majeur de l’adaptation et de la prévention
ont été démantelés ces 15 dernières années. Les AESH subissent la précarité, des conditions d’exercices
dégradées de leur métier et ne sont pas remplacées en cas d’absence. Les Établissement ou service social
ou médico-social subissent un sous-investissement délétère. De fait, les notifications d’accompagnement
restent trop souvent sans réponse.
Les psychologues de l’Éducation nationale, les enseignant·es spécialisé·es, les personnels sociaux et de
santé manquent cruellement. Les logiques de mutualisation et les suppressions de postes ont
considérablement affaibli les capacités de prévention, de suivi et d’accompagnement.
Dans le second degré, les équipes pédagogiques doivent gérer des besoins de plus en plus diversifiés sans
moyens supplémentaires, dans des classes aux effectifs souvent trop élevés. L’absence de temps
institutionnalisés de concertation et de coordination complique fortement la mise en œuvre des
adaptations pédagogiques nécessaires.
Affectées dans les établissements scolaires au service des élèves, les infirmières ont un rôle spécifique et
quotidien dans l’inclusion scolaire, trop souvent occulté.
L’augmentation du nombre d’élèves en situation de handicap dans l’école nécessite d’accentuer les
efforts de création d’emplois infirmiers. Alors qu'on fête les un an de l’inscription dans la loi de la
spécialité infirmière de l’Éducation nationale et de l’enseignement supérieur, il est incompréhensible
qu’aucuns travaux associant les organisations syndicales représentatives n’aient été véritablement
engagés. La FSU vous interpelle sur la nécessité de se saisir de la spécialité.
La FSU met en garde sur le concept « d’accessibilité pédagogique » dans le contexte actuel du manque de
moyens et d’AESH. Il s’agirait finalement de transférer aux professeur·es la responsabilité d’un accueil
adapté de jeunes en situation de handicap dans des classes déjà surchargées où la gestion du quotidien
exige une adaptation pédagogique de chaque instant. Il y a un risque sur la santé des personnels, des
personnels déjà épuisés par la charge de travail.
Les dispositifs ULIS sont fréquemment saturés et détournés de leur vocation initiale faute de places
suffisantes dans les structures médico-sociales ou spécialisées.
La situation dans les lycées professionnels nous inquiète particulièrement. Les élèves à besoins
particuliers y sont nombreux souvent confrontés à des difficultés scolaires, sociales et psychologiques
importantes notamment dans certaines formations de CAP. Or les réformes successives de la voie
professionnelle ont fragilisé les conditions d’accompagnement et fortement détérioré les conditions de
travail des personnels : diminution des heures d’enseignement, réduction des temps collectifs, difficultés
accrues d’accompagnement des périodes de formation en milieu professionnel. L’inclusion en lycée
professionnel nécessite pourtant des moyens spécifiques : effectifs réduits, temps de concertation en
équipes pluri-professionnelles, accompagnement renforcé des stages, adaptation des plateaux
techniques et présence accrue des personnels médico-sociaux.
Les dispositifs ULIS sont saturés, tandis que les PIAL puis les PAS ont surtout organisé la gestion de la
pénurie et la mutualisation des moyens. Le récent rapport conjoint de l’IGAS et de l’IGESR confirme
l’ampleur de la crise actuelle. Il souligne les limites d’un modèle reposant essentiellement sur la
compensation individuelle et pointe les besoins urgents en matière d’accessibilité pédagogique, de
formation et de travail collectif.
La FSU partage la nécessité de transformer l’école pour mieux prendre en compte la diversité des élèves.
Mais cette évolution ne peut servir de prétexte à remettre en cause l’accompagnement humain ni à
maintenir les AESH dans la précarité.
Aujourd’hui, les AESH représentent le deuxième métier de l’Éducation nationale en nombre de
personnels. Pourtant, elles et ils continuent de subir des temps incomplets imposés, des salaires
insuffisants et des conditions de travail dégradées.
Le ministère a ouvert, sous la pression des organisations syndicales, un cycle de concertations pour la
création d’un corps de fonctionnaire d’AESH mais il n’y a, à ce jour, aucune garantie sur l’arbitrage
gouvernemental. Par ailleurs, la « fonctionnarisation » serait limitée à une minorité d’AESH, on parle de
20 % des collègues ! Pour la FSU, tout cela est inacceptable. L’accompagnement des élèves en situation
de handicap constitue une mission pérenne du service public d’éducation. Elle nécessite des personnels
formés, reconnus et stabilisés.
La FSU rappelle ses revendications :
– la création immédiate d’un véritable corps de fonctionnaires de catégorie B pour toutes et tous les AESH
– un temps complet sur la base des missions réellement exercées
– une revalorisation salariale significative
– la reconnaissance pleine et entière des qualifications et compétences professionnelles des AESH
– une formation initiale et continue de qualité
– l’abandon des logiques de mutualisation déshumanisées
– des recrutements massifs à hauteur des besoins
La FSU rappelle qu’une école inclusive digne de ce nom ne peut être pensée à moyens constants.
Elle suppose :
– des effectifs allégés dans les classes
– des personnels formés et en nombre suffisant
– des AESH reconnues et correctement rémunérées
– des temps de concertation institutionnalisés
– des équipes pluriprofessionnelles complètes avec la création d’un service social spécifique pour le 1er
degré
– des RASED renforcés
– des dispositifs ULIS dotés des moyens nécessaires
– le maintien et le développement des structures spécialisées et médico-sociales
– une véritable coopération entre l’Éducation nationale, les Établissement ou service social ou médico-
social et les collectivités territoriales.
La FSU avec l’intersyndicale appelle à une grève le 9 juin pour la création d’un statut d’AESH et des
moyens pour l’École inclusive.
L’école inclusive ne peut se construire à moyens constants ni sur la précarité des personnels. La FSU
demande un véritable plan d’urgence pour l’école inclusive, construit avec les personnels, les familles et
les organisations syndicales. Il est urgent d’écouter enfin celles et ceux qui font vivre l’école inclusive au
quotidien.


Déclaration de la FSU au CSA-MEN du 5 mai 2026

Ce CSA se tient quelques jours après le 1er mai : le message des milliers de personnes dans la rue a été clair. Elles ont rappelé avec force leur attachement à ce jour férié et chômé, acquis des luttes sociales et qui n’a pas à être sacrifié sur l’autel des manœuvres politiciennes de certains aspirants à l’élection présidentielle de 2027. Avant cette échéance qui monopolise l’attention politique et médiatique, la FSU tient à rappeler qu’il y a une année 2026 et près de 12 mois pendant lesquels les urgences des agent·es de l’Éducation nationale ne peuvent être mises sous le tapis. Il n’est pas question d’enjamber l’année 2026 sans traiter l’urgence salariale par des mesures significatives de revalorisation.

A l’heure où Total vient d’annoncer des bénéfices de 5,4 milliards d’euros au premier trimestre grâce à l’augmentation du prix du baril provoquée par la guerre au Moyen-Orient, nous dénonçons l’absence de réponse à nos demandes de mesures d’urgence pour les salaires des personnels. Les semaines passent, nos collègues voient le prix du carburant peser toujours plus lourd sur leur quotidien, les obligeant à faire des choix budgétaires douloureux… et le ministre de la Fonction publique n’a rien trouvé de mieux que de proposer un travail sur les salaires pour l’après 2027.

Quant au ministre de l’Éducation nationale, il reste étonnamment silencieux sur le sujet, préférant disserter sur l’heure de début de cours des collégien∙nes et des lycéen∙nes.

La FSU rappelle ses exigences : le dégel du point d’indice, l’augmentation de l’ISSR (remplacement), des frais de déplacement, le plafonnement des prix du carburant de manière temporaire et le début de négociations sur les salaires et les carrières. Nous alertons aussi sur l’organisation des examens dans ce contexte. Des convocations lointaines, sur plusieurs jours consécutifs, vont peser lourd et heurter les collègues dans un contexte d’augmentation du prix de l’essence et de réchauffement climatique. Un travail fin dans les convocations doit être fait par les DEC et des mesures rapides doivent être prises sur l’augmentation des frais de déplacement et de transport.

Le premier ministre a annoncé des coupes budgétaires de 4 milliards d’euros pour le budget de l’Etat pour 2026. Qu’en sera-t-il pour l’Education nationale ? Par ailleurs, au-delà des urgences salariales pour les prochains mois et les prochaines années, la FSU rappelle que la baisse démographique ne doit pas être un prétexte pour programmer des suppressions d’emplois qui ne feraient que dégrader encore le service public d’Éducation. Le travail initié par le ministre ne doit pas conduire à répondre à la question « par combien de suppressions d’emplois accompagner la baisse du nombre d’élèves ? » mais bien « comment améliorer l’état de l’École publique et la situation des personnels dans un contexte de baisse démographique ? ». De plus, l’expérimentation annoncée dans les 18 départements, ne doit pas conduire à une forme de décentralisation et déconcentration accrue de la politique éducative. La FSU souhaite que l’Education reste nationale. La réflexion engagée ne doit pas non plus se traduire par l’éloignement des familles de l’École, sans garantie du maintien d’un service public de proximité répondant aux enjeux actuels.

Toujours au rayon budgétaire, de nombreuses académies nous signalent le blocage depuis plusieurs mois de toutes les discussions sur une grille salariale pour les AED ou pour la mobilité des AED, y compris dans des académies où le travail avait quasiment abouti, après des échanges avec les organisations syndicales. La raison invoquée : une consigne ministérielle qui serait liée à la situation budgétaire. Qu’en est-il exactement ? La situation explosive dans les vies scolaires implique des réponses fortes en matière de rémunération et de conditions de travail.

La réflexion engagée ne doit pas non plus se traduire par l’éloignement des familles de l’École, sans garantie du maintien d’un service public de  proximité répondant aux enjeux actuels. La FSU y veillera.

Au cours de ce CSAMEN, il va également être question du bilan des Lignes Directrices de Gestion Stratégiques 2025. Ces LDGS ont notamment pour fonction de définir la stratégie de la gestion prévisionnelle des emplois et compétences. Il ne nous semble pas inutile de le rappeler tant le bilan proposé est indigent, alors même que le contexte de forts départs en retraite des personnels, de sous qualification de bon nombre d’emplois dans les filières administrative et ITRF et de baisse démographique des élèves invitent à avoir une programmation réfléchie des emplois. Par ailleurs, en développant l’automatisation, la robotisation, l’usage de l’IA dans la gestion des carrières, ces LDGS confirment qu’elles sont d’abord là pour servir les objectifs managériaux de la loi TFP : recul statutaire et casse de pratiques et procédures de gestion collective et respectueuse de l’égalité de traitement. La FSU réaffirme son exigence d’abrogation de la loi TFP et le rétablissement des compétences des CAP.

L’autre point à l’ordre du jour est le PNF or l’orientation générale du PNF est problématique : c’est l’axe managérial qui est le plus fourni ! Finalement, le PNF est un très bon reflet des priorités déconnectées des urgences et attentes des personnels : on retrouve ainsi une grande partie des lubies des derniers ministres mais très peu de formations de fond qui répondraient aux demandes des personnels et permettraient à tous les personnels d’exercer leur métier avec recul et clarté et de pouvoir faire des choix pédagogiques éclairés.

Ce CSAMEN, c’est aussi l’occasion de vous alerter une nouvelle fois sur la dégradation des conditions de travail des personnels remplaçants.

Dans le premier degré, la gestion des agentes et agents dont la mission de remplacement est caractérisée par une mobilité constante nécessitant des capacités d’adaptation accrue est en pleine évolution. Cela n’arrangera pas le système qui souffre d’une pénurie de remplaçant∙es et qui, par la déspécialisation annoncée, risque d’accroître la dégradation de leurs conditions de travail. Une pétition lancée par la FSU au sujet de la dégradation du remplacement dans le premier degré a récolté plus de 21 000 signatures en quelques jours. Cela montre bien que ce sujet est au cœur des préoccupations de tous les personnels.

Dans le second degré, la dernière étude de la DEPP montre que la part des heures non assurés en collège est en augmentation (+0,7 point par rapport à l’année précédente). Si cette hausse s’explique d’abord par l’augmentation de la part d’établissements fermés ponctuellement, il reste 7,5% d’heures qui ont été perdues à cause du non-remplacement des enseignant∙es absent∙es. La preuve, une de plus, que le remplacement ne s’improvise pas, ne se bricole pas, mais s’assure, dans le cadre de la continuité du service public, par des personnels formés, ce qui suppose de reconstituer les viviers de TZR, grâce à des emplois et recrutements supplémentaires. Et puisqu’il est question de remplacement, même si le pacte enseignant s’ajoute aux étoiles filantes de la politique éducative macroniste (comme les uniformes), la FSU réitère sa demande d’une nouvelle réunion de bilan du pacte.

Nous alertons également sur les suppressions d’emplois qui pèsent lourd sur la mobilités des personnels. Dans le premier degré, ces suppressions ajoutées aux postes réservés pour les stagiaires, c’est tout le mouvement intra départemental qui est bloqué. C’est particulièrement le cas dans les départements ruraux comme l’Orne. Les personnels se retrouvent privés de toute perspective de mobilité. Dans le second degré, les suppressions d’emplois bloquent le mouvement inter, et au niveau académiques, elles entrainent une augmentation des postes à complément de service, dégradant les conditions d’exercice des collègues et donc d’apprentissage des élèves. Les créations d’emplois sont nécessaires aussi parce qu’elles permettent aux personnels d’exercer leur mobilité.

Quelques mots sur les AESH : le premier GT est enfin programmé le 20 mai (seulement !). Le retard pris et les différentes annonces faites par le ministre ne sont pas là pour nous rassurer. Nous réitérons notre demande d’avoir une vision d’ensemble sur les discussions AESH a minima jusqu’à la fin de l’année scolaire : 2ème date et articulation des ordres du jour des deux réunions.

La situation de l’académie de Rennes nous pose aussi question dans ces circonstances. La rumeur court que les AESH référent∙es deviendraient des gestionnaires des affectations des AESH, des PAS, en plus de leurs missions actuelles, mais sans augmentation du temps de travail. Nous vous rappelons que la priorité est bien de créer un statut pour toutes les AESH et non pas de bricoler une solution qui n’en serait pas une.

Une nouvelle fois, un élève est décédé dans le cadre d’un stage en entreprise. La FSU adresse toutes ses pensées à sa famille et à ses amis. Les ministres de l’Education nationale s’entêtent à promouvoir les séquences d’observation pour les collégien·nes et lycéen·nes alors que ces « stages » sont inégalitaires et dangereux. Les « séquences d’observation en milieu professionnel » dits « stages troisième et seconde » doivent en effet servir à peu près à tout : orientation, connaissance du monde du travail, vertus émancipatrices et inclusives, promotion du métier enseignant, promotion de l’armée, etc.

Derrière l’affichage pseudo-pédagogique, ce sont en réalité les choix du patronat qui s’imposent, à l’image de la convention signé par le ministère avec le MEDEF le 14 avril dernier qui ignore totalement l’enjeu de la sécurité des élèves, comme si les entreprises étaient exonérées de toute responsabilité en la matière. Ce n’est pas l’intérêt des jeunes qui guide le développement de immersions en entreprise. La FSU demande la suppression des stages d’observation en 3e et seconde générale et technologique.

Pour la FSU, l’entreprise n’est pas formatrice, la sécurité des jeunes passe impérativement par le cadre protecteur de l’école.

 


Déclaration de la FSU au CSA-MEN du 14 avril 2026

Ces derniers jours ont été marqués par des faits graves dans des établissements scolaires. La FSU apporte tout son soutien au collègue du lycée Jules Guesde, à Montpellier, qui a été frappé par des élèves. Cette agression est inadmissible. Les personnels doivent être soutenus, pouvoir exercer leur métier en sécurité et en toute sérénité. Nous dénonçons l’utilisation et l’instrumentalisation de vidéos tronquées ainsi que les prises de parole provocatrices. Hier, les personnels du lycée ont fait valoir l’urgence de moyens humains supplémentaires. Une réponse satisfaisante doit leur être apportée rapidement. La FSU a également une pensée pour l’élève du lycée d’Ancenis, en Loire-Atlantique, agressée au couteau par un de ses camarades. Les premiers éléments de l’enquête mettent en avant les fragilités psychologiques de l’élève auteur du coup de couteau, confirmant l’enjeu, toujours non résolu, de la santé mentale des jeunes.

La guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par les frappes américano-israéliennes contre l’Iran puis israéliennes contre le Liban, constitue une tragédie humaine majeure. Parallèlement au drame humain, les conséquences économiques sont déjà visibles à l’échelle mondiale, en particulier sur les prix de l’énergie. Un courrier intersyndical a été adressé à monsieur le ministre de l’Éducation nationale pour que des mesures d’urgence soient prises comme l’injection de points dans les grilles pour toutes les catégories, le dégel du point d’indice ainsi qu’une augmentation immédiate du montant de l’Indemnité de Sujétion Spéciale de Remplacement (ISSR) et des frais de déplacements. Les traitements indiciaires des agent·es ont perdu près d’un quart de leur valeur en euros constants en vingt-cinq ans. Dans ce contexte inflationniste, les personnels se retrouvent en difficulté financière simplement pour aller travailler, en particulier les personnels les plus mal rémunéré·s ou contraint·es par l’organisation de leur travail : AED, AESH, titulaires remplaçant·es, personnels sociaux et de santé, non titulaires, personnels en service partagé… Cette crise confirme qu’il est plus que temps d’accélérer la décarbonation de nos sociétés et la transition vers des énergies renouvelables. Nous vous alertons aussi une nouvelle fois sur les difficultés pour bon nombre de nos collègues à percevoir les frais de déplacement qui leur sont dus.

Les questions salariales sont le premier frein à l’attractivité du métier, mais il est clairement établi que les conditions de travail qui se sont fortement dégradées pèsent lourd dans le choix des étudiant·es de passer, ou non, les concours de la fonction publique et de l’éducation nationale en particulier. Ces conditions dégradées sont déterminantes dans les arrêts maladie des collègues à bout, ou dans les demandes de démission ou rupture conventionnelle. Que répond le gouvernement ? Il décide de supprimer 4000 postes d’enseignants, sans créer d’emplois de CPE alors même qu’il n’a que le mot climat scolaire à la bouche. Le ministre brandit l’argument de la démographie, dramatisant aux yeux de l’opinion publique les millions d’élèves en moins dans les années à venir. Il ne s’agit pas de nier cette baisse démographique, mais bien de poser le sujet dans sa globalité. La démographie ne peut être un alibi pour une loi de programmation pluriannuelle de suppressions d’emplois alors que nous avons les classes les plus chargées d’Europe. Il faut donc envisager l’avenir en prenant en compte la réalité des conditions d’enseignement aujourd’hui, la réalité de nos métiers plus difficile qu’il y a 20 ans, les élèves qui ont changé et qui doivent grandir dans un monde plus complexe. Avoir plus d’adultes formés dans les écoles et établissements pour travailler dans des classes moins chargées, prendre en charge enfin efficacement la grande difficulté scolaire et le handicap, reconstituer les RASED, reconstruire le remplacement… voilà ce qui devrait guider l’action politique. Notons au passage que le ministre se garde bien d’évoquer la démographie du côté des personnels et d’ouvrir le chantier de l’aménagement des fins de carrière…

Les suppressions de moyens entraînent des fermetures de classes, des suppressions d’options, de dispositifs de soutien, de dédoublements… ce qui contribue à dégrader les conditions de travail des personnels et d’études des élèves. Ces annonces ont déclenché de nombreuses mobilisations dans les écoles et les établissements scolaires depuis de nombreuses semaines et particulièrement pendant la semaine d’action de l’intersyndicale FSU, UNSA Éducation, CFDT, CGT Éduc’action et SUD Éducation. Les collègues saturent et se sentent coupables de ne pas réussir à faire correctement leur travail alors que se multiplient les injonctions contradictoires (faire plus avec moins) et les pressions de plus en plus importantes pour prendre des HSA, pour remplacer, et des collègues se voient opposer des fins de non-recevoir pour des demandes de temps partiel. Malgré de nombreux signaux d’alerte, le ministère maintient son pilotage par les résultats aux évaluations nationales, imposant une organisation et un management qui ne répondent pas aux besoins réels des élèves et contribuent à détériorer la confiance des personnels envers le système et la hiérarchie. L’Éducation nationale n’est pas un jeu, il ne s’agit pas de chercher les chocolats dans un jardin !

Il y a presque un an était publié le décret du 17 avril 2025 modifiant les conditions de recrutement et de formation des corps enseignants, du personnel d’éducation et des maîtres de l’enseignement privé sous contrat du ministère chargé de l’éducation nationale. Ce décret, voté à la hâte, dans un contexte complexe, contre l’avis d’une partie des organisations syndicales, modifiait profondément la formation des enseignants et personnels d’éducation. Depuis, malgré de nombreuses discussions et quelques améliorations permises grâce aux interventions des organisations syndicales, de nombreuses failles persistent et risquent de renforcer la crise d’attractivité des métiers d’enseignant·es et des personnels d’éducation. Pour la FSU, il est primordial de revenir sur le statut de la première année d’élève fonctionnaire, les dérogations au décret de 1994, le niveau de rémunération, et d’envisager des aides aux frais de déplacement à la hauteur des enjeux pour les personnels et pour l’école.

La FSU rappelle son exigence de création d’un statut d’AESH alors que même la DEPP en reconnaît le rôle essentiel. À ce jour, 14 avril, nous n’avons toujours pas reçu le calendrier des discussions sur le statut d’AESH qui devaient commencer en mars. Au regard des enjeux pour les personnels et pour la jeunesse, il est encore temps d’envisager l’avenir autrement et de revenir sur les suppressions de postes prévues au budget 2026 et de préparer un budget 2027 qui conforte le service public d’Éducation avec des créations d’emplois et des revalorisations salariales. Cette décision serait courageuse, légitime et cohérente et non suicidaire comme l’a prétendu monsieur le ministre.

Pour venir compléter ce tableau, plutôt que d’améliorer les conditions de travail pour réduire les arrêts maladie, après la journée de carence, les 10 % en moins en cas d’arrêt maladie, le gouvernement a décidé d’attaquer certains droits des fonctionnaires concernant le temps partiel thérapeutique ou encore certains droits à autorisation d’absence. Ces projets ont recueilli l’unanimité des avis des organisations syndicales contre eux tant ils sont des reculs pour nos professions et qu’ils ne prennent pas en compte le sens de la fonction publique, son organisation du travail. La FSU rappelle aussi ici que ces projets vont à rebours des campagnes sur l’égalité femmes-hommes. Dans nos professions féminisées, ils sont des attaques directes envers la santé physique et mentale des femmes. Toutes ces mesures vont à l’encontre de tous les discours : elles ne sont qu’atteintes aux droits, dégradation des conditions de travail et augmentation des inégalités. Sur les atteintes aux droits, la FSU rappelle que le vademecum dialogue social n’a toujours pas été validé ; celui-ci comporte pourtant des éléments essentiels concernant le droit syndical et serait nécessaire à quelques académies qui y font obstruction.

Le gouvernement vit dans un monde parallèle et détruit toujours un peu plus les services publics et la fonction publique, pourtant considérés comme des remparts aux inégalités. Les choix budgétaires restrictifs du gouvernement touchent aussi le monde associatif et prouvent une fois encore l’acharnement à vouloir casser les solidarités, notamment celles qui visent à contrecarrer les inégalités sociales, en particulier pour la jeunesse. En matière de monde parallèle, le ministère de l’Éducation nationale n’est pas en reste. D’un côté, une éducation prioritaire malmenée et laissée à l’abandon depuis 10 ans, des collèges dits en progrès qui n’ont pas reçu véritablement de moyens pour faire face à la difficulté scolaire, de nombreux établissements et écoles au bord de l’asphyxie et… le ministre sort de son chapeau… un concours général des collèges. Il fait donc le choix de l’élitisme et de l’entre-soi plutôt que la réussite de toutes et tous.

Nous ne pouvons pas ne pas revenir sur un épisode marquant de ces dernières semaines : le piratage de millions de données concernant plus de 240 000 agent·es de l’éducation nationale. Depuis hier, de nouvelles informations inquiétantes circulent sur le vol de données de 3,5 millions d’élèves : qu’en est-il exactement ? Après la cyberattaque dont avaient été victimes les lycées des Hauts-de-France, ces différentes attaques interrogent le système de protection des données au sein de notre ministère. Il doit se doter d’un plan d’accompagnement des personnels en cas de fuite de données comme celle qui vient de se dérouler : le message du ministère aux agents concernés ne contenait aucune information sur leurs droits et leur protection ! Le ministère doit cesser de faire du numérique l’alpha et l’oméga du système éducatif sans en avoir mesuré l’ensemble des contours.

Après 3 jours sous tension, la mobilisation de l’intersyndicale aura poussé le gouvernement à reculer et à ne pas convoquer la commission mixte paritaire sur le projet de loi concernant le travail le 1er mai. La FSU considère que c’est une première étape avant le retrait et continue de dénoncer cette proposition qui vise à remettre en cause le caractère chômé du 1er mai. Pour la FSU, le gouvernement continue de vouloir attaquer un acquis des luttes relevant du progrès social. Pour la FSU, les véritables urgences ne sont pas de faire travailler plus de monde le 1er mai, mais bien les salaires, ce que le gouvernement refuse toujours d’entendre. La proposition de David Amiel, hier, lors d’un groupe de travail fonction publique, qui consiste à enjamber l’année 2026 en refusant toute mesure immédiate de revalorisation est scandaleuse. La FSU n’en restera pas là. La FSU appelle à faire du 1er mai une grande journée de mobilisation pour la paix, les droits des travailleuses et des travailleurs et leurs salaires.

 


Déclaration de la FSU au CSE du 26 mars 2026

 

Cette réunion du CSE se tient dans un contexte de mobilisation croissante des personnels de l’Éducation nationale, confronté·es à des choix budgétaires et politiques qui dégradent toujours davantage leurs conditions de travail et les conditions d’apprentissage des élèves. Les annonces récentes du ministère, qu’il s’agisse des évolutions de la voie professionnelle ou encore des orientations en matière d’évaluation et de pilotage du système éducatif, confirment une logique que la FSU conteste : celle d’une école du tri, pilotée par des indicateurs, qui renforce les inégalités au lieu de les combattre. Dans le même temps, les réalités de terrain sont sans appel.

Dans le second degré, les préparations de rentrée traduisent concrètement les suppressions d’emplois : fermetures de divisions, hausse des effectifs par classe, réduction de l’offre de formation, multiplication des compléments de service. Le maintien de dispositifs contestés par la profession se fait sous contrainte, au prix de dégradations supplémentaires pour les élèves comme pour les personnels. La vie scolaire est particulièrement touchée, avec un manque criant de moyens qui pèse directement sur le climat scolaire.

Dans le premier degré, les opérations de carte scolaire qui s’engagent vont conduire à de nombreuses fermetures de classes. La FSU le réaffirme : la baisse démographique devrait permettre d’améliorer les conditions d’enseignement en réduisant les effectifs, et non servir de justification à des économies budgétaires. Les difficultés déjà majeures en matière de remplacement et de prise en charge des élèves à besoins particuliers, ne peuvent qu’être aggravées.

Ces choix s’inscrivent dans un cadre budgétaire que la FSU dénonce. Le budget 2026 acte une nouvelle dégradation des moyens, sans répondre aux besoins du service public d’éducation. La logique à l’œuvre est celle d’un pilotage à court terme, où la variable démographique sert d’ajustement, au détriment d’une ambition éducative pour tous les élèves. À cela s’ajoute l’absence de mesures salariales à la hauteur.

Dans un contexte d’inflation et de crise d’attractivité, le déclassement des personnels se poursuit. Les mesures mises en avant ces dernières années ne répondent ni aux attentes ni aux besoins. La FSU continue d’exiger une revalorisation salariale sans contrepartie pour l’ensemble des personnels.

La FSU souhaite également alerter sur les enjeux d’orientation et de formation. Première organisation syndicale dans l’éducation et la formation, elle représente des dizaines de milliers de personnels qui conçoivent et mettent en œuvre ces politiques au quotidien. Les exclure de la définition des stratégies nationales n’est pas acceptable. Cette exclusion traduit une vision réductrice de l’orientation et de la formation, centrée sur l’employabilité immédiate, au détriment de la formation initiale, de l’émancipation et de l’égalité d’accès aux qualifications. Elle participe d’un pilotage technocratique, éloigné des réalités éducatives. C’est pourquoi la FSU demande une révision de la composition du Conseil national de l’orientation et de la formation professionnelles pour le développement des compétences afin d’y siéger.

Dans le même esprit, la FSU demande qu’un bilan précis du fonctionnement des commissions professionnelles consultatives (CPC), réformées par la loi de 2018, soit présenté. Ces instances jouent un rôle essentiel dans la définition des diplômes, et leur fonctionnement doit être évalué de manière transparente. La FSU réaffirme la nécessité de redonner toute leur place aux usagers·ères de la formation dans les processus de concertation et de décision. Leur représentation, doit être assurée, notamment pour garantir une meilleure prise en compte des réalités vécues sur le terrain. C’est pour cela que la FSU demande toujours sa réintégration dans les commissions professionnelles consultatives (CPC).

Face à cette situation, les mobilisations se multiplient sur l’ensemble du territoire : grèves locales, rassemblements, actions avec les parents d’élèves, refus des répartitions de moyens. Elles traduisent une exaspération profonde et une exigence de changement. La FSU appelle à amplifier ces mobilisations dans le cadre de l’intersyndicale de l’Education par une semaine d’actions du 30 mars au 3 avril, et en particulier par une journée de grève le 31 mars.  Les personnels exigent l’abandon des suppressions d’emplois, des créations de postes à la hauteur des besoins, et un autre budget pour l’Éducation nationale.

Monsieur le Ministre, il est urgent d’entendre ce qui s’exprime dans les écoles et les établissements. La FSU réaffirme la nécessité d’un changement de cap : investir dans l’éducation, améliorer les conditions de travail, revaloriser les métiers et construire des politiques éducatives fondées sur la confiance dans les personnels. Il est plus que temps de renforcer les services publics de l’Education pour répondre aux enjeux sociaux, démocratiques et émancipateurs de notre temps.

 

 


CSA MEN du 17 mars 2026

Ce CSA ministériel est programmé dans l’entre-deux tours des élections municipales, après une campagne électorale marquée par la multiplication des menaces et agressions visant certain·es candidat·es. Ces tensions, qui portent atteinte à la démocratie, interviennent au moment où l’extrême-droite est sortie renforcée d’un emballement médiatique et le camp progressiste mis au ban, dans une inversion des valeurs préoccupante. Mais les impostures de l’extrême-droite et son projet dangereux, contraire aux valeurs émancipatrices et égalitaires que porte l’École publique, qui fracture la société, ne peuvent être dissimulées bien longtemps. La FSU est déterminée à combattre les idées de l’extrême droite dans l’unité la plus large.

Une nouvelle fois l’abstention est un des faits marquants de ce scrutin. Cela dit beaucoup de l’ampleur de la crise démocratique. La FSU a déjà alerté à plusieurs reprises ; l’abstention assumée, y compris dans les rangs des personnels que nous représentons, habituellement peu abstentionnistes, est un signal fort de la crise démocratique qui traverse le pays et pourrait nous conduire au pire dans un an. La réponse politique, sur le fond, en confortant notre modèle social plutôt qu’en le détricotant, et sur la forme, faire vivre la démocratie sociale, est urgente.

Le contexte international est également préoccupant. Le droit international est bafoué par des Etats qui décident unilatéralement d’interventions militaires et remettent en cause le principe de souveraineté des Etats. La FSU condamne ces agressions et l’escalade militaire engagées par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran et le Liban. Elle réaffirme son attachement au droit international et à la paix.

A l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, les mobilisations qui ont rassemblé des milliers de personnes ont été un succès. La FSU s’en félicite. Cette mobilisation qui s’inscrit dans un contexte particulièrement préoccupant, marqué par des dynamiques réactionnaires qui remettent en cause les droits et les libertés fondamentales des femmes, montre que l’exigence d’égalité entre les femmes et les hommes reste très forte. Dans ce contexte, la FSU demande l’abandon des projets du gouvernement qui visent à durcir les conditions d’octroi du temps partiel thérapeutique, restreindre les autorisations spéciales d’absence liées à la parentalité. Elle continue de combattre la diminution de 10% de la rémunération des agent·es placé·es en congé de maladie ordinaire qui touche aussi les femmes enceintes, en dépit de l’ajout d’une semaine au congé pour grossesse pathologique.

Un point sera fait au cours de cette instance sur l’état d’avancement des actions inscrites sur le Plan national d’action pour l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes. Là aussi, il est grand temps de passer à la vitesse supérieure. Dans un ministère qui emploie 74% de femmes, l’égalité professionnelle, tout comme la santé des femmes au travail, doivent être au cœur des priorités. Or les avancées nécessaires se heurtent encore aux contraintes budgétaires, c’est inacceptable.

L’austérité budgétaire, en plus de ses effets sur les moyens alloués au service public et les rémunérations des agent·es publics, atteint désormais leurs droits. La FSU dénonce cette trajectoire dont pâtiront à la fois les personnels et les usager·es. Le Service public d’Éducation doit retrouver la place qu’il mérite et les professionnel·les de l’éducation ont un besoin urgent d’être soutenu·es et reconnu·es. Cette place et ce soutien doivent se concrétiser par l’octroi de moyens pour faire fonctionner l’École. Nous en parlons à chaque instance et nous le redisons aujourd’hui : la baisse démographique est une opportunité pour faire mieux École et pour cela, aucun poste ne doit être supprimé.

Insuffisance budgétaire, moyens et incertitudes liées à la réforme de la formation initiale des enseignant·es et CPE, sur laquelle nous reviendrons lors d’un prochain CSAM, la rentrée scolaire 2026 se préparent avec une baisse conséquente des moyens pour les écoles et établissements.

Dans le premier degré, les cartes scolaires vont débuter dès la semaine prochaine et, nous le savons, elles vont s’accompagner de l’annonce de milliers de fermetures de classes, avec la contrainte mise sur la création des PAS, en l’absence de moyens spécifiques. Le dialogue social va être extrêmement tendu et le niveau de conflictualité est déjà important. La FSU refuse davantage de dégradations des conditions de travail et d’apprentissage dans le primaire. Elle alerte déjà sur les difficultés liées au remplacement ou à l’école inclusive, que vont amplifier de nouvelles coupes budgétaires. Elle demande le rétablissement des spécialisations des remplaçant·es, l’arrêt de la départementalisation de leur gestion, ainsi que le maintien du volume de décharge actuel pour les directeurs et directrices dont l’école est frappée par une fermeture de classe.

Dans le second degré, les suppressions d’emplois produisent les effets annoncés et redoutés. Suppressions de divisions qui entrainent une augmentation des effectifs dans les classes, suppression de postes, réduction de l’offre de formation, complément de service, chantage aux moyens pour maintenir des groupes de niveau…tout montre que le second degré paye, encore, un lourd tribut aux choix budgétaires et politiques faits par le ministre et le gouvernement. Depuis des semaines, les actions se multiplient, souvent à l’initiative de la FSU et en intersyndicale : grève académique ou locale, rassemblements, action avec les parents d’élèves, opérations collèges morts, vote contre les répartitions de moyens dans les CSA et les CA….D’autres sont prévues. Tout montre donc la détermination à dénoncer des choix qui vont, à rebours, de la nécessaire amélioration des conditions de travail des personnels et d’étude des élèves. Il a fallu près de trois mois pour la publication du décret et de l’arrêté actant la fin des groupes obligatoires : la préparation de rentrée s’est donc faite sans textes règlementaires à jour. Une bien mauvaise habitude de ce ministère depuis 3 ans. Est-ce pour tenter de battre ce record que nous n’avons toujours aucune nouvelle de l’avenir des prépa 2de ?

Enfin, près de deux mois après un CSA ministériel pour le moins rocambolesque, nous exigeons de connaître la répartition des emplois PsyEN, AS et infirmières. Avez-vous envisagé que nous en disposions avant la rentrée 2026 ?

Si nous avons acté positivement le rétablissement des examens de bac pro à la mi-juin en 2027, nous dénonçons le maintien du parcours personnalisé même réduit à deux semaines. C’est encore un bricolage pour tenter de sauver les apparences.

Ce maintien alors que le Comité de suivi de la voie pro en demandait l’abandon fait écho au retour de la double tutelle Travail / Éducation nationale sur les lycées pros avec la nomination d’une ministre déléguée chargée de l’enseignement et de la formation professionnels et de l’apprentissage. La vision purement utilitariste de l’école et le renoncement éducatif sont confirmés. En amalgamant l’enseignement professionnel, dont la mission est la formation et l’élévation du niveau de qualification des jeunes, et l’apprentissage, outil de gestion du marché de l’emploi, le gouvernement affiche clairement son mépris pour le statut scolaire.

La FSU dénonce cet amalgame et la double tutelle. La précédente avait débouché sur une réforme de l’enseignement professionnel sous statut scolaire pour le rapprocher de l’apprentissage. Cette réforme est un échec avéré. Cela suffit : quand le scénario est mauvais, il faut savoir arrêter une mauvaise série !

Les réformes et évolutions récentes touchant notre ministère augmentent les charges qui pèsent sur les personnels hors enseignants.

Pour les personnels administratifs et ITRF notamment, les missions des examens et concours – par la réforme de la formation initiale des enseignant·es – et de gestion des personnels – par la mise en œuvre de la PSC – sont d’ores et déjà alourdies par des tâches nouvelles non compensées par les quelques 80 créations d’emplois dont la ventilation interacadémique ne nous a pas été communiquée.

Dans les établissements scolaires, les conditions de travail de bon nombre de nos collègues subissent trop souvent encore les dysfonctionnements d’Op@le ; ces derniers jours, l’application fut inaccessible durant plusieurs heures et l’explication fournie n’a pas fait rire grand monde malgré son caractère surréaliste : trop grand nombre d’utilisateurs !

La FSU souhaite alerter sur la situation de la Seine-Saint-Denis, département jeune et pauvre, avec des besoins éducatifs structurellement plus élevés, et qui est à la traîne en termes d’investissements publics. La situation y est catastrophique : manque d’enseignant·es titulaires, de PsyEN, d’AESH, de personnels médico-sociaux, absences non remplacées, manque de structures…L’audience intersyndicale de la semaine dernière a été révélatrice : des réponses sans rapport avec la situation locale, une méconnaissance des engagements des précédents ministres comme si la continuité de l’Etat n’existait pas…quel mépris ! La FSU ne pourra en rester là et soutient l’appel à préparer la mobilisation de l’intersyndicale locale. Elle exige que l’intersyndicale nationale et locale soit reçue par le ministre. Aujourd’hui la FSU exige des réponses concrètes aux problématiques soulevées depuis de longs mois par les organisations syndicales locales.

Comme nous le disions, les professionnel·les de l’éducation ont un besoin urgent d’être soutenu·es et reconnu·es. Cela passe par la nécessité de mieux les considérer et de leur permettre d’exercer leur métier dans de bonnes conditions sans avoir à subir de discrimination.

Aujourd’hui, ce CSAMEN débattra du plan national handicap et inclusion professionnelle. Il est grand temps que notre ministère, employeur de plus de 1,2 millions d’agentes et agents, progresse sur cette question. Actuellement, le taux d’emploi d’agent·es en situation de handicap est en-dessous de 5% des effectifs alors que le taux légal est de 6%. Souvent les agent·es qui se retrouvent en situation de handicap préfèrent se taire plutôt que de demander une reconnaissance et une adaptation par peur d’être victime de discrimination. Pour d’autres, l’enveloppe allouée au handicap est tellement faible au regard des besoins qu’ils et elles ne voient pas l’intérêt de se manifester. Sachant que 85% des handicaps surviennent au cours de la vie, il faut que chaque agente et agent concerné·e puisse poursuivre sa carrière professionnelle sans heurt. Pour cela non seulement les mentalités doivent évoluer mais les pratiques doivent suivre. Ce plan handicap, bien qu’arrivant avec deux ans de retard, est bienvenu. Mais il devra être suivi d’effets et ne pas être un simple affichage. Pour cela, il faudra que les moyens financiers nécessaires soient octroyés et que les procédures soient adaptées aux agents et agentes.

Concernant les AESH, la FSU demande la programmation rapide du groupe de travail prévu à l’agenda social. La précarité dans laquelle sont maintenues les AESH n’est pas acceptable et les agent·es attendent désormais des avancées concrètes dans les mois à venir. La FSU redit son opposition à ce que les discussions soient renvoyées à la Conférence nationale du handicap de juin 2026, sans les représentant·es des personnels. La FSU rappelle ses exigences portant sur la création d’un corps de fonctionnaire de catégorie B pour les AESH, d’une rémunération à temps plein sur la base de 24 heures d’accompagnement, d’une formation qualifiante reconnue et de la reconnaissance d’un métier. La maltraitance des AESH est un choix politique contre l’école inclusive.

La rentrée scolaire 2026 est encore en préparation. Nous attendons d’ores et déjà une prise en compte des sujets qui nous préoccupent et pour lesquels nous vous alertons aujourd’hui. Pour la FSU, cela nécessite, pour la plupart d’entre eux, un rapide changement de cap. La FSU poursuit des mobilisations locales et construit aussi les conditions d’une mobilisation nationale réussie dans les prochaines semaines.


CSA MEN du 29 janvier 2026

Nous nous retrouvons 4 jours après un CSA mémorable. Sans refaire le marathon de lundi, la FSU tient à revenir sur le caractère lunaire de nos échanges : pour résumer, les services du ministère ont fait le choix de constituer une deuxième réserve, préemptant des moyens d’enseignement pourtant dédiés aux écoles et aux établissements, afin de faire face aux incertitudes d’une réforme menée dans la plus grande précipitation, celle des concours et de la formation. Ce choix a été très péniblement expliqué, comme si l’administration avait saupoudré des chiffres au hasard. Une question reste en suspens : que se serait-il passé si nous n’avions pas fait la lumière sur cette mise en réserve indue ? Rien, Des emplois et des moyens d’enseignement auraient été ainsi retirés aux écoles, collèges et lycées, comme si l’éducation nationale pouvait encore plus se priver.

La FSU salue l’arbitrage pris par le ministre après nos nombreuses interventions depuis lundi : la réinjection des moyens mis en réserve de manière complètement inattendue était indispensable à plus d’un titre. Elle va permettre de reposer les discussions sur la préparation de la rentrée dans le cadre prévu. Elle va donner un peu d’air à une répartition qui reste corsetée par la suppression de 4032 emplois de professeur·es dans le 1er et le 2d degré, qui va encore mettre un peu plus à mal le service public d’éducation

Comme une preuve de plus du caractère périlleux de cette préparation de rentrée, nous n’avons toujours aucune information sur la répartition des 300 emplois de professeur·es en ULIS dans le 1er comme dans le 2d degré, créés dans le PLF de novembre et subitement, enfin plutôt opportunément, sortis du chapeau, en janvier, pour couvrir les déclarations confuses de Sébastien Lecornu sur la création d’emplois pour accompagner les élèves en situation de handicap. Cette répartition doit être transmise aux organisations syndicales dans le cadre des préparations de rentrée.

Il y a encore quelques années les moyens stagiaires nous étaient transmis par académie, avec les contraintes de la nouvelle réforme et une anticipation sur 2 ans, il est grand temps que le ministère établisse un plan pluriannuel de recrutements et anticipe ses prévisions.

Il est indispensable de tirer les leçons de cette séquence. Nos échanges dans cette instance relèvent de la démocratie sociale. A ce titre, ils doivent être faits sur la base de documents complets, sincères et exploitables qui donnent aux élu·es que nous sommes les clés d’un débat éclairé. Dans un contexte de profonde crise démocratique, les cafouillages de ces derniers jours ne peuvent que renforcer les doutes qui s’expriment ici ou là sur l’action publique, et renforcer le manque de confiance existant ce qui n’est pas bon pour la démocratie.
Et parce qu’une démocratie est solide grâce à la solidarité dont les services publics sont un des vecteurs, la FSU appelle à la mobilisation pour d’autres conditions de rentrée, avec les créations d’emplois nécessaires au bon fonctionnement du service public, notamment pour diminuer le nombre d’élèves par classe. Élément déterminant pour la réussite des élèves mais aussi pour les conditions de travail des enseignant·es, des personnels qui se sont fortement dégradées ces dernières années. La réforme de la formation initiale des enseignant·es et CPE, que vous mettez en place et dont plusieurs textes sont soumis au débat à ce CSA MEN, ne régleront pas la crise d’attractivité tant que les rémunérations et les conditions de travail ne seront pas améliorées. Aucune mesure de carrière ou de revalorisation n’est pourtant envisagée à l’agenda social examiné lui aussi à ce CSA MEN, alors que l’ensemble des personnels le signale comme un frein au métier. Ainsi l’éducation nationale est obligée de verser des indemnités différentielles parce que le SMIC est revalorisé, mais pas les fonctionnaires.

Tous les signaux affichés aujourd’hui sont au rouge. Il suffit de voir les mobilisations dans les DROM. La FSU soutient les mobilisations, notamment le 3 février, pour l’abrogation des mesures injustes contre les personnels malades.

La FSU attend des mesures fortes pour répondre aux difficultés grandissantes dans les services et les établissements scolaires, pour répondre aux besoins de la jeunesse et des personnels. Il est temps d’arrêter de se cacher derrière des choix budgétaires qui ne sont autres que des choix politiques. La jeunesse a besoin de mieux d’école avec des personnels en nombre suffisant formés et revalorisés. La proposition de loi visant à interdire le portable au lycée et l’accès aux réseaux sociaux au moins de 15 ans passe à côté des principaux enjeux de ce sujet, à commencer par les enjeux éducatifs.

Question diverse :

La FSU a déjà interpellé le ministre et souhaite revenir sur la question du fonctionnement du Groupe National des Personnels de Direction.
Le rapport de l’Inspection générale de septembre 2024 souligne que le GNPD, « en parallèle des instances statutaires, a institué́ un dialogue social spécifique, d’abord conjoncturel et informel et qui s’est peu à peu institutionnalisé dans le temps jusqu’à prendre une dimension nationale, sans être jamais formalisé dans les textes. »

Cette organisation n’est pas sans conséquence puisque ne participe pas à ce groupe l’ensemble des organisations syndicales représentatives des personnels de direction au sens des textes législatifs et réglementaires, dont la loi du 6 août 2019.

De nombreux textes réglementaires touchant les personnels de direction y sont préparés hors des GT du CSA MEN. Un certain nombre d’organisations siégeant en CSA MEN sont de fait exclus du dialogue social lié à la préparation des textes qui y seront présentés.

La FSU demande l’inclusion de l’ensemble des organisations syndicales réglementairement considérées représentatives pour le corps des personnels de direction au sein du GNPD et des organisations qui en sont déclinées.

Déclaration FSU-SNUipp au CSE du 29 janvier 2026

Monsieur le ministre,
Si l’on s’en tient aux actes, et non pas aux paroles, vous ne nous souhaitez visiblement pas une
bonne année, à nous professeurs et personnels des écoles, pas plus qu’à nos élèves.
Tout d’abord, si 68 écoles avec un IPS inférieur à 90 se voient proposer quelques aides, il s’agit non
pas d’un classement en Education prioritaire, ce que rien ne vous empêchait de réaliser au titre
des ajustements réguliers, mais d’un contrat à signer. L’attribution d’un enseignant surnuméraire
dépendra d’un projet à rédiger, et non pas des besoins de l’école. Par ailleurs, les écoles
maternelle n’en bénéficieront pas du tout, qu’importe si les situations d’inclusion très complexes
et pour certaines si douloureuses, sont nombreuses en maternelle.
En développant d’un côté des TER (territoires éducatifs ruraux), d’un autre côté des cités
éducatives dans les QPV (quartiers prioritaires de la politique de la ville), vous choisissez de traiter
séparément les écoles rurales et les écoles urbaines, en tournant le dos aux critères sociaux. Sous
prétexte d’une attention particulière portée aux spécificités locales, en bloquant pour 2 années
encore une carte et une politique nationales d’Education prioritaire à l’arrêt depuis 2019, vous
renoncez à une prise en compte des critères sociaux sur l’ensemble du territoire de manière juste
et équitable. Et la contractualisation de quelques moyens supplémentaires vous permet d’afficher
une attention portée à quelques situations.
Nous savons cependant combien d’écoles ne dépassent pas 90 d’IPS tout en n’étant pas classées
en Education prioritaire. Il y en a 2200. Pour renouer avec une véritable politique nationale basée

sur des critères socio-scolaires solides et concertés, avec une politique de lutte contre les
inégalités scolaires (si fortement corrélées, en France, aux inégalités sociales), nous vous
demandons de classer sans attendre ces 68 écoles. Et d’ouvrir maintenant les discussions pour une
nouvelle carte d’éducation prioritaire. De la même manière, nous vous demandons de ne pas
fermer d’écoles rurales, car l’école reste trop souvent le dernier service public et un des meilleurs
leviers d’attractivité. La prise en compte des critères socio-scolaires n’empêche en rien de soutenir
les écoles rurales.
Concernant la baisse démographique, dont nous vous disions à la fin 2025 à quel point elle pouvait
être une occasion historique pour que l’école aille mieux, les prévisions de suppressions sont
tombées au CSAMEN. Même si un recul a été opéré suite aux alertes de la FSU et face aux
réactions des représentants des personnels, les objectifs sont clairs. Prenons la seule académie de
Lille, qui doit subir dans cette première version de la carte scolaire, 265 suppressions de postes…
Connaissez-vous la situation sociale dans le Nord et le Pas-de-Calais ? Savez-vous que les enfants
pris en charge par l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) y sont très nombreux et non comptabilisés à
travers les IPS des écoles ? Mais nous savons bien pourquoi un tel traitement. Parce que c’est une
académie qui, avec ses 385 722 élèves est, pour vous, un « réservoir de postes ». C’est cela votre
critère.
Alors permettez-nous de vous rappeler deux chiffres, mis en avant par l’Institut des politiques
publique (IPP) : 1 euro d’économisé sur l’école, ce sont à termes 9 euros nets de perdus sur le plan
économique, car l’investissement en éducation a un très fort bénéfice social, parfaitement
documenté. C’est pourquoi il faut maintenir les postes, tous les postes. Travailler en concertation
avec les représentants des personnels pour l’utilisation de ces moyens dégagés : baisse des
effectifs, remplacement, Plus-de-maîtres-que-de-classes, formation choisie, baisse du temps de
travail des PE, les pistes ne manquent pas.
Et enfin, il est temps d’arrêter votre politique de pilotage pédagogique délétère. Nos collègues
n’en peuvent plus des « résidences pédagogiques » et autres formations imposées sur les
sempiternels « fondamentaux ». Ce pilotage par les indicateurs abîme le métier, sur lequel vous
faites pourtant des déclarations qui nous interrogent.
Non, les références scientifiques sur lesquelles la hiérarchie s’appuie pour imposer méthodes et
contenus ne sont pas des références fiables. Certaines recherches invoquées pour imposer des
modalités d’enseignement n’ont même pas pu être publiées dans des revues scientifiques. Si le
ministère voulait vraiment s’appuyer sur la science, il s’appuierait sur les travaux du CNESCO et
son réseau de 500 chercheurs, sur les conférences de consensus tellement plus fiables que les
contestables guides de toutes les couleurs, maintenant transformés en programmes. Rien ne sert
d’idéaliser la lecture et la littérature, si les programmes et les méthodes imposées empêchent les
élèves les plus éloignés de la culture écrite, d’y entrer et de s’en saisir.
Alors en 2026, reconnaissez que ce pilotage n’a en rien permis de mieux faire réussir les enfants
qui ont le plus besoin de l’école pour apprendre. Faites cesser les injonctions et la mise au pas
pour lesquelles les directrices et directeurs d’école sont instrumentalisés. Respectez le métier
enseignant, respectez la fonction de direction, de formateur-trice, d’enseignant-e spécialisé-e, de
remplaçant-e…
Il n’est pas trop tard : permettez-nous réellement de passer une bonne année 2026.

 


Déclaration au CSA MEN du 26 janvier 2026

 

Monsieur le ministre,

En dépit de 3 reports de ce CSA consacré à la préparation de la rentrée, nous sommes encore dans les temps pour vous et nous souhaiter une bonne année, qu’elle soit la meilleure possible sur tous les plans, pour l’Ecole, ses élèves et ses personnels. Difficile d’aller plus loin dans les qualificatifs au regard du contexte mais faisons-en sorte que cette année ne soit pas celle des mots, mais celle des actes. Monsieur le ministre, vous êtes le 7ème à ce poste en 5 ans, soit plus de ministres que de dégel de la valeur du point d’indice mais quasiment autant que de rafistolages des réformes Blanquer et du Choc des savoirs. Cette instabilité chronique ne doit pas être un obstacle à prendre des mesures à la hauteur des enjeux, immenses, pour réparer un service public d’Éducation très abîmé par 10 ans de politiques menées contre les personnels.

La séquence budgétaire qui s’étire depuis le mois d’octobre et l’utilisation du 49.3 ont durablement éloigné l’opinion publique d’enjeux pourtant cruciaux pour l’avenir de notre modèle social, et participe de la crise démocratique qui s’aggrave dans notre pays. Mais cette dernière se nourrit d’abord de la mise à mal de tous les moyens qui assurent la solidarité, le lien social et la cohésion sociale à commencer par les services publics. Le refus de mettre à contribution les ultra-riches, alors même qu’ils usent et abusent de stratégies de contournement et d’optimisation fiscales, relève d’une forme de séparatisme fiscal insupportable.

Rappelons ici quelques chiffres : les aides publiques aux grandes entreprises, sans condition, ni transparence se sont élevées à 211 milliards en 2023 quand l’augmentation de 10 % des professeur·es peut se chiffrer à 3,6 milliards et la création d’un corps de fonctionnaires d’AESH à 4/5 milliards d’euros.

Sans oublier évidemment l’urgence d’une revalorisation – indispensable et significative des catégories C et B – qui voient leurs traitements être percutés par la revalorisation du SMIC au 1er janvier 2026.  Elles et ils verront le retour d’une indemnité différentielle parce que disposant d’un indice de rémunération dont le traitement brut est inférieur au salaire minimum en vigueur dans notre pays. Inacceptable pour la FSU, pour qui la revalorisation de tous les personnels du ministère doit être une priorité absolue ! La preuve, une fois de plus, que sur les questions budgétaires, tout est affaire d’abord de choix politiques et non de contraintes.

En dépit des discours se voulant rassurants, l’Education nationale pâtit aussi de certains choix. Si nous saluons la création d’emplois d’AESH, nous alertons sur les difficultés à pourvoir ces postes faute d’un plan de sortie de la précarité guidé par la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B. Les AESH, essentiellement des femmes, n’attendent pas un quasi statut comme vous le caractérisez, mais un statut plein et entier. Il est urgent d’ouvrir les discussions sur la base de projections budgétaires et études d’impact. A travers cette question, se joue notamment l’avenir d’une École publique réellement inclusive, qui apprend à vivre ensemble.

Le projet de budget prévoit près de 4000 suppressions d’emplois d’enseignant·es dans le 1er et 2d degré essentiellement au nom de l’évolution démographique. Nous dénonçons ce choix, tout comme l’absence de création d’emplois de CPE, et exigeons l’annulation des suppressions d’emplois et la création des emplois nécessaires à l’amélioration durable des conditions de travail et d’étude.

Dans le premier degré, la préparation de la rentrée 2026 subit les conséquences du calendrier électoral : le temps sera contraint après les municipales pour préparer au mieux la rentrée.  La rentrée 2025 a déjà été catastrophique dans le 1er degré, avec des milliers de fermetures de classes et un manque de moyens pour assurer la continuité du service public d’éducation au quotidien. La FSU s’oppose à la fusion des missions des titulaires remplaçant·es (ZIL, formation continue, ASH, stages longs, REP+) imposée par le ministère, qui dégrade les conditions d’exercice des remplaçant·es et a des conséquences pour l’ensemble des personnels.

Dans le second degré, les opérations de préparation de rentrée vont se poursuivre au niveau académique, départemental et local. Nous exigeons le respect des cadres démocratiques de discussions à tous les niveaux. Les CA et leurs émanations doivent exercer pleinement leur compétence d’usage des dotations horaires attribuées aux établissements : adoption d’un TRMD, pouvant être amendé par les représentant·es des personnels, et découlant d’une structure précise que le CA fixe, ayant pour conséquence des propositions de créations-suppressions de postes sur lesquelles il émet un avis.

Sur le fond, il ne s’agit pas de nier les chiffres, objectifs d’évolution du nombre d’élèves à court et moyen terme. Mais bien de regarder d’où nous venons et vers où nous allons. Depuis 2017, le second degré public a accueilli plus de 8000 élèves supplémentaires mais s’est vu supprimer un peu plus de 8000 emplois de professeur·es. Le nombre d’élèves par classe a augmenté, nous avons les classes les plus chargées d’Europe au niveau collège et il faudrait près de 10000 emplois supplémentaires pour retrouver le taux d’encadrement de 2017. Supprimer des emplois quand les effectifs augmentent, supprimer des emplois quand les effectifs diminuent. Bref, supprimer des emplois.

Devant nous, il n’y a pas qu’un enjeu démographique, il y a aussi un défi démocratique. Pour la FSU, il est indispensable de maintenir la présence et l’ouverture d’écoles et d’établissements publics sur tout le territoire et de ne pas laisser des secteurs entiers à la seule offre du privé. Les évolutions démographiques ne doivent pas être un outil pour territorialiser un peu plus l’exercice des missions de l’Ecole. A ce titre, la FSU dénonce les manœuvres en cours en milieu rural : fermetures de RPI et concentrations d’écoles, en s’appuyant sur les Observatoires des Dynamiques Rurales pour contourner les instances de carte scolaire et en écartant des réflexions les représentant·es du personnel et des parents d’élèves. A plusieurs reprises, nous avons aussi exigé d’avoir une vision de long terme des évolutions démographiques et des besoins de l’Ecole publique, il est urgent d’entamer ce travail avec une boussole : la qualité du service public d’Education, au service d’une ambition, celle d’une Ecole émancipatrice qui contrecarre les inégalités de tout ordre et reste le socle de notre modèle social et démocratique.

Si la rentrée se prépare sous le signe de la dégradation des conditions d’étude et de travail, bien d’autres questions sont encore en suspens, notamment en lien avec l’avenir de certaines réformes. La FSU se félicite de l’abandon du caractère obligatoire des groupes de niveau, résultat d’une mobilisation de la profession qui n’a jamais faibli. Mais dans le cadre de la préparation de la rentrée, il nous revient des formes de pressions inacceptables au maintien des moyens dédiés conditionnés au maintien des groupes en 6ème/5ème. D’autres points doivent être clarifiés, dont l’avenir des classes prépa 2de qui n’ont, à cette heure, plus de base réglementaire pour leur maintien à la rentrée.

La FSU se félicite également qu’enfin soit reconnu l’échec l’année passée du parcours différencié de terminale bac pro. À quelques semaines d’annonces que vous souhaitez mettre en œuvre dès la rentrée prochaine, nous réaffirmons les exigences de la profession, dans l’intérêt des élèves et des personnels : des examens à partir de la mi-juin et l’abrogation du parcours personnalisé.

Nous regrettons l’absence de révision de la carte de l’Education prioritaire qui aurait permis de traiter de manière structurelle la question des inégalités sociales et scolaires, dont la persistance et l’aggravation pèsent sur le quotidien de nos collègues. En dépit des échéances électorales, il reste un espace pour amorcer ce travail : la FSU demande qu’un travail commence sur les critères de révision de la future carte de l’Education prioritaire. Un travail transparent à rebours de la construction de la liste des 800 collèges, sous le signe de l’omerta qui, lorsqu’elle se fissure, fait apparaître quelques aberrations et interrogent sur les objectifs poursuivis.

Nous reviendrons largement dans le CSA de jeudi sur la réforme de la formation initiale, mais que nous soyons le 26 janvier, à quelques semaines des premières épreuves, toujours en train de mener des GT et d’étudier des textes statutaires, montrent bien la précipitation avec laquelle a été menée cette réforme, avec d’abord un objectif d’affichage politique en vue de 2027.

Les enquêtes institutionnelles ou syndicales convergent : démissions, reconversions, ruptures conventionnelles…tous les signaux sont au rouge et confirment une profonde crise de sens de nos métiers. La faiblesse des rémunérations pèse lourd mais aussi le sentiment de ne plus pouvoir faire ce qui motive l’engagement dans un métier du service public : servir l’intérêt général. Les réformes faites et défaites, l’aggravation des inégalités, la mise à mal des ambitions émancipatrices et démocratisantes de l’Ecole publique, la sous administration avérée et objectivée par un rapport parlementaire, les évolutions de la société, les drames qui touchent parfois la communauté éducative… là aussi, tout converge et s’accumule.  Et pourtant, l’Ecole tient, tourne au quotidien. Mais elle ne tient plus que par un fil : celui de la conscience professionnelle des personnels. Compter uniquement sur cet engagement pour que vive l’Ecole publique serait d’un cynisme irresponsable. C’est pour cela que les remerciements et les belles paroles, à l’image de ceux de vos vœux, ne suffiront pas. C’est toujours préférable que de se voir affublés du sobriquet de ventilateurs à angoisse ou de se voir accuser d’être à l’origine d’un paquet d’heures perdues. Mais une politique éducative ne se fait pas à coup de remerciements. Les échéances électorales décisives pour l’avenir du pays ne doivent pas empêcher de conjuguer mesures d’urgence, sur les salaires, les carrières, les conditions de travail et mesures plus structurelles pour réparer le service public d’Education à moyen terme. Tout ce qui pourra être cranté en la matière avant 2027, sera aussi une manière de préserver l’Ecole publique et ses personnels en cas d’arrivée de l’extrême droite au pouvoir.

La FSU n’attendra donc pas pour organiser, soutenir, relayer, des mobilisations, dès cette semaine dans certains départements, pour exiger les moyens indispensables au bon fonctionnement du service public d’Education et des politiques qui confortent les ambitions émancipatrices de l’Ecole publique laïque.

 


 

Déclaration au CSA MEN du 16 décembre 2025

Mesdames et messieurs les membres du CSA ministériel,

La FSU adresse toutes ses condoléances à la CFDT après la disparition de Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques. Sa parole était écoutée, respectée, engagée, à son image. Elle incarnait avec force et conviction ce qui réunit toutes et tous : l’engagement pour nos collègues, une certaine idée aussi de ce qu’est l’engagement pour l’État et l’intérêt général, à la croisée de nos métiers de la Fonction publique et notre engagement syndical.

Cette séance du CSAMEN s’ouvre en pleine journée de mobilisation des AESH, personnels incontournables dans la mise en œuvre de l’école inclusive. Ces personnels sont trop peu reconnus comme vous avez pu l’entendre lors de la lecture de la déclaration intersyndicale Il est grand temps que le ministère les considère davantage en créant un corps de fonctionnaire d’AESH, de catégorie B et en leur accordant un temps complet.

Notre CSAMEN se déroule en pleine discussion parlementaire concernant les deux projets de lois de finances prévus pour 2026, celui du financement de la sécurité sociale et celui relatif au Budget de l’Etat.

Difficile de dire aujourd’hui quels seront les contenus budgétaires précis finalement adoptés à l’issue des procédures en cours mais notre fédération tient tout de même à rappeler ici son opposition résolue à l’esprit, à la lettre et aux chiffres des mesures austéritaires initialement prévues par les différents Premiers ministres depuis plusieurs mois maintenant.

Les effets catastrophiques pour les finances publiques de la politique macronienne dite de l’offre ne doivent pas avoir pour conséquence la continuation de la dégradation de l’école publique. Plus les conditions de travail des personnels comme les conditions d’apprentissage pour les élèves se dégradent, plus les inégalités augmentent. Nous refusons que les principales mesures prises pour réduire le déficit public du pays touchent de plein fouet le fonctionnement des services publics en général, le nôtre en particulier ainsi que les conditions de travail et de vie de leurs personnels.

La crise d’attractivité des métiers qui en résulte compromet son bon fonctionnement et la perspective d’une austérité budgétaire continuée et renforcée pour notre service public – la diminution de ses crédits – empêchera toute amélioration substantielle de même qu’elle accentuera toutes les inégalités sociales et territoriales déjà à l’œuvre.

De ce point de vue, nous nous opposons à toutes les suppressions d’emplois qui seraient actées au Budget 2026. Dans le contexte de crise de recrutement que le MEN connait, continuer de geler la valeur du point d’indice et ne pas envisager de mesures de revalorisation des personnels est inconséquent

Pour la FSU, l’heure n’est pas à la cure d’austérité pour les services publics et à la chasse aux milliards d’euros de leurs dépenses.

L’heure est à la justice fiscale qui pourrait permettre de faire contribuer les plus riches et les actionnaires et de financer ainsi par des recettes nouvelles les besoins sociaux du pays et l’amélioration des services publics et de l’école publique.

L’heure est aussi à la justice sociale : il faut que nos métiers soient enfin reconnus et que nos traitements et carrières soient très significativement revalorisés.

Notre fédération n’en a donc pas fini avec l’expression de son opposition aux projets gouvernementaux des lois de finances prévues pour 2026 et à leurs mesures austéritaires, même si la « mêlée parlementaire » aura eu pour effet de réduire la portée de quelques mesures particulièrement régressives et même de décaler l’application de la réforme Macron des retraites de quelques mois, pour quelques centaines de milliers de salarié·es.

La Cour des comptes vient de publier un énième rapport sur le temps d’enseignement perdu par les élèves en collège. Fidèle à elle-même la Cour des comptes prône des solutions hors sol dégradant un peu plus le service public, les conditions de travail et d’apprentissage. Alourdir la charge de travail des personnels, modifier leur métier viendra renforcer la crise d’attractivité.

Ce n’est pas la réforme de la formation initiale qui viendra résoudre cette crise. Concernant les concours 2026, les chiffres annoncés des inscrits masquent plusieurs réalités comme la double inscriptions et les postes en baisse pour les rentrées 2027 et 2028.

Il est surtout urgent de revaloriser les salaires.

Le ministère traite ses personnels avec mépris « En raison de fortes contraintes budgétaires, il n’est malheureusement pas possible dans l’immédiat de prolonger votre contrat. » Ces quelques lignes brutales du rectorat de Reims dans un courrier adressé à plusieurs dizaines de professeur·es non titulaires sont insupportables et inconséquentes. Comme l’an dernier, l’Education nationale n’a plus les moyens de payer certains collègues. Nos interventions à tous les niveaux ont permis que ces collègues soient correctement traités. Mais cette situation confirme que les professeur·es non titulaires, recruté·es en grand nombre depuis la loi TFP,  sont considéré·es comme une variable d’ajustement. Les besoins existent, les enseignant·es sont disponibles mais sont licenciés en raison de contraintes budgétaires. Les propositions de la Cour des comptes s’inscrivent bien dans ce contexte où il est considéré qu’il faut faire des économies sur le dos des personnels et des élèves.

Trois mois après la rentrée, la situation dans les écoles est très dégradée. La fusion des missions de remplacement, engagée dans certains départements, dégradent les conditions de travail et entrainent des reculs pour les titulaires remplaçant·es. Des consignes auraient été données par le ministère, qu’en est-il exactement ?

A Mayotte, un an après le cyclone Chido, le temps politique est passé mais les engagements ne sont pas tenus. Hauteur des prix, violences, bâti insuffisant et inadapté aux conditions météorologiques, les conditions d’exercices s’y dégradent et la précarité explose. Pour la FSU, la mise en œuvre rapide d’un plan d’urgence est incontournable.

Plusieurs mobilisations ont eu lieu dès le mois de septembre dernier, pour empêcher toute régression et remise en cause de notre modèle social, dont nos services publics ; et pour porter l’exigence d’un autre budget, qui permette réellement d’améliorer l’école publique et les conditions de travail et donc de vie de ses personnels, celles-ci sont loin d’être terminées.

De ce point de vue, la FSU soutient l’actuelle mobilisation des personnels de CANOPE qui, maintenu·es dans l’incertitude totale concernant l’avenir de leur réseau, se sentent épuisé·es et méprisé·es. « La logique absurde qu’on leur impose – faire plus avec moins – alors que les moyens fondent comme neige au soleil » pour reprendre leurs termes, ne peut durer longtemps comme tel. Il faut très vite les rassurer sur leur avenir, maintenir a minima les emplois – et donc faire annuler les suppressions prévues – garantir une subvention pour charge de service public à la hauteur des besoins de fonctionnement.

Enfin, la FSU apporte tout son soutien aux collègues et aux élèves du collège Champollion à Dijon. Nous dénonçons une volonté manifeste de s’en prendre à nouveau à un lieu d’émancipation par les savoirs et la culture, après les saccages de l’école primaire voisine et de la médiathèque du quartier.  Les personnels du collège Champollion n’ont eu de cesse d’alerter ces derniers mois, années. Il est urgent que l’État assume pleinement ses responsabilités : c’est bien par une réponse mobilisant tous les services publics (justice, police, éducation nationale, santé etc.) face au trafic de drogue qu’il sera possible d’apporter une réponse durable. Nos élèves et nos collègues ne doivent plus pâtir des renoncements de l’État en la matière ! Et là aussi, il est autant question de volonté politique que de moyens… Dans l’immédiat, il est indispensable que l’institution à tous les niveaux, aide et accompagne les collègues et les élèves jusqu’à la réouverture du collège et que les engagements pris par le ministre hier soient suivis de faits.

A de multiples endroits, les personnels alertent sur des situations d’atteinte à leur santé physique et mentale au travail. Le ministère est très loin de respecter ses obligations en matière de protection de ses agent·es et de prévention des risques professionnels. Les entraves au bon fonctionnement de la F3SCT du CSAMEN en sont le reflet. Le 5 décembre dernier, les représentant·es des personnels ont quitté l’instance sans avoir eu de réponse à leurs très nombreuses questions. Un courrier intersyndical a été adressé au ministre. Les chantiers à ouvrir sont pourtant nombreux mais le ministère semble ne pas vouloir mettre en évidence les effets délétères des choix politiques, budgétaires et managériaux.

Pour terminer, nous souhaitons rappeler ici que le contenu des stages syndicaux relève de la responsabilités de l’organisation syndicale concernée et ne saurait être remise en cause dès lors qu’elle ne déroge pas aux valeurs de la République. Ces invitations peuvent être envoyées à toute la profession, comme cela est précisé règlementairement. Nous dénonçons les pressions exercées actuellement par l’extrême droite pour faire annuler un stage de formation syndicale dans l’Oise. Elles doivent être ignorées par l’administration.

 


Déclaration de la FSU au CSE du 4 décembre 2025

Monsieur le Ministre,

Vous connaissez bien l’état du système éducatif français puisque vous avez été, depuis 2017, l’un des acteurs majeurs de la mise en musique des politiques en matière d’Education voulues par le président de la République E. Macron.  Pour la FSU, ce sont bien ces orientations prises depuis 8 ans, qui, aujourd’hui, mettent notre Ecole publique en difficulté et ne permettent pas les investissements nécessaires au développement et au renforcement de ses missions. Alors que la baisse démographique est une chance pour repenser une école, accessible à toutes et tous, plus de 4 000 emplois sont aveuglément supprimés dans le projet de budget pour votre ministère. La FSU continue d’exiger un autre budget, construit sur plus de justice fiscale, renforçant les moyens de l’Ecole et lui permettant de répondre aux enjeux sociaux, économiques et écologiques à venir.

En s’accordant sur des problématiques à résoudre et avant toute autre chose de lutter contre les inégalités, les membres de la convention citoyenne sur le temps de l’enfant rejoignent les constats de la FSU sur le sous-investissement dramatique en Éducation, les effectifs des classes qui pénalisent la réussite de tous les élèves, la précarité des AESH qui mine l’école inclusive, le besoin d’une revalorisation des métiers de l’enseignement pour mieux recruter, ou encore le bâti scolaire à repenser. La FSU est toujours prête à débattre de son projet pour l’École publique mais rappelle que toute réforme systémique ne peut se faire sans, voire contre les personnels. L’école publique doit redevenir la priorité de la Nation.

Pour cela, des moyens doivent être déployés et bénéficier à celles et ceux qui en ont le plus besoin. L’égalité doit devenir une valeur concrète, notamment pour les jeunes issu·es des milieux populaires. Depuis plus de 15 ans, c’est toujours moins d’École qui est mise en œuvre par les réformes, et à titre d’exemple le lycée professionnel a perdu 1 an et demi de formation pour préparer les jeunes au baccalauréat professionnel. Ce n’est pas la dernière réforme et son parcours personnalisé qui pourront compenser ces pertes sèches.

Par ailleurs, il y a plus que jamais urgence à mettre en œuvre de réelles politiques inclusives et de réduction des inégalités, ces dernières n’ayant fait que se creuser ces dernières années. La FSU défend une école publique dans un objectif renouvelé d’augmenter le niveau de qualification de toutes et tous, une école au service du développement de l’ensemble des élèves, de leur émancipation et de l’acquisition d’une culture commune, pour faire société, dont l’ensemble des disciplines scolaires participent, notamment les enseignements artistiques ou sportifs qui doivent rester dans l’école publique. La FSU s’opposera à l’externalisation ou même au renvoi à des ateliers pratiques l’après-midi pour une partie d’entre elles. L’École a besoin avant tout de moyens et de temps pour pouvoir faire progresser les élèves.

Monsieur le ministre, qu’allez-vous mettre en œuvre pour faire en sorte que le système éducatif lutte réellement contre les inégalités de parcours scolaire fortement corrélées aux inégalités sociales et genrées ? Allez-vous enfin rompre avec les politiques éducatives sélectives et inégalitaires et en finir avec l’instrumentalisation de l’École au service du marché du travail ?

Monsieur le ministre, vous devez mettre un terme à l’orientation actuelle de la réforme de la santé scolaire, car elle nuit à la capacité de l’école à s’adapter aux enjeux et aux défis que représentent les inégalités scolaires et la santé des jeunes.  L’école a besoin que vous écoutiez et renforciez la capacité d’agir des infirmières, des assistantes sociales, des psychologues et des CPE, qui agissent au quotidien au plus près des élèves, en leur faveur. Elle n’a pas besoin d’une nouvelle circulaire de politique éducative sociale et de santé, mais bien de l’application du cadre actuel.

Concernant la réforme de la formation des enseignant·es et CPE, celle-ci ne résoudra pas une crise d’attractivité qui ne pourra être enrayée que par des mesures de revalorisations ambitieuses des métiers de l’Éducation, en particulier celle des salaires. La FSU, avec l’intersyndicale, demande un budget renforcé, un maillage territorial équitable, le respect du rôle des universités et la représentation syndicale dans le suivi de la réforme. Enfin, comme le souligne la DEPP dans l’état de l’École 2025, les perspectives de carrière en matière d’avancement, de promotion, de titularisation et de rémunération constituent un domaine d’insatisfaction marqué pour les personnels de l’éducation nationale (2,8 sur 10) et les personnels dans leur ensemble mettent l’accent sur un manque de temps pour effectuer leur travail.

Monsieur le ministre, quelles mesures prévoyez-vous pour améliorer leurs conditions de travail et de rémunération ? Comment comptez-vous en finir avec un pilotage du système autoritaire et anxiogène pour les personnels et les usagers du service public d’éducation, pour renouer avec la confiance des personnels et pour redonner à l’ensemble des citoyen·nes la confiance et la reconnaissance en leur École et en leurs enseignant·es ?

 

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