Suite à la journée nationale de mobilisation des AESH du 9 juin, l’intersyndicale avait demandé à être reçue en audience par le préfet. Elle a été reçue le 19 juin 2026 par le sous-préfet de la circonscription de St Lô accompagné du chef de la DESCO.
Étaient présent.es à cette audience des représentant.es de la FCPE, CFDT Éducation et FSU accompagnée de 3 AESH.
Ont été rappelées les revendications suivantes :
– obtenir un statut de fonctionnaire
– augmenter les salaires qui sont indécents. Certain-e-s sont obligé-e-s de cumuler plusieurs emplois pour pouvoir vivre dignement.
– obtenir l’arrêt de la non-subrogation
– obtenir l’application en Normandie des 2 jours de fractionnement (soit 14h) divisibles en 4 demi-journées qui peuvent être accordées sur les 41 semaines de travail et le temps d’activités connexes et ce, quelle que soit la quotité de travail des AESH
– obtenir un temps plein à 24h (68 % des AESH de la Manche ont un contrat de 24h) Les AESH ont fait part du manque de reconnaissance salariale et ont expliqué se sentir mal considéré-e-s avec des conditions de travail de plus en plus difficiles et dégradées (manque de formation, nombre d’élèves à prendre en charge, intervention de la maternelle au supérieur et voie professionnelle…) Elles ont aussi tenu à faire part de leur incompréhension en cas de refus d’intégrer un PAS : ils.elles sont obligé.es de signer un avenant à leur contrat, sous peine de procédure de licenciement alors qu’ils.elles sont majoritairement en CDI. Un comble, alors que l’on manque déjà cruellement d’AESH!
De notre côté, en tant que représentant.es des personnels, nous avons rappelé les sous-effectifs chroniques partout en France et tout particulièrement dans la Manche.
Quelques chiffres départementaux au 31/10/25 qui illustrent un déséquilibre structurel entre les besoins et les moyens disponibles :
– 864 AESH (704 public, 160 privé) accompagnent 3413 élèves.
– 112 élèves sont sans AESH, d’autres ont un accompagnement qui n’est pas nécessairement à la hauteur de celui notifié.
– Sur les 1425 notifications AESH mutualisées, 1333 élèves sont suivis sans qu’il ne soit possible de connaître le nombre d’heures que cela représente par élève.
Nous avons aussi dénoncé le non remplacement des AESH en arrêt maladie, congé maternité qui met en péril les élèves, les classes et parfois la scolarisation même des élèves. Le signal envoyé est qu’il n’est pas envisageable pour un.e AESH d’être malade ou d’être en congé maternité !
De plus, nous avons soulevé le problème de la mutualisation des accompagnements qui rend la mission des AESH encore plus difficile car cela s’apparente à du saupoudrage pour faire croire que chaque élève est accompagné et que les notifications sont respectées.
Les réponses apportées par le Sous-Préfet Le sous-préfet, dans ses réponses, a indiqué qu’il remonterait l’ensemble des revendications et tout particulièrement la nécessité d’un statut et d’une formation.
Il a tenu à préciser que la France partait d’un contexte où les enfants en situation de handicap étaient invisibilisés à des enfants présents dans les écoles maintenant, ce qui est une nette avancée, même si le bout du chemin n’est pas encore atteint. Il reconnaît que le salaire de 980 euros est nettement insuffisant, ce qui explique le manque de candidat.es pour la mission d’AESH. Il a ajouté que l’autorité gestionnaire est obligée de tenir compte de cette pénurie pour répondre aux notifications et ne peut qu’affecter les faibles ressources humaines à sa disposition.
Derrière cet argument se cache tout simplement une enveloppe budgétaire insuffisante, ont rétorqué les organisations syndicales.
Par ailleurs, selon le sous-préfet, la MDPH accorderait trop de notifications, n’étant pas celle qui finance les postes d’AESH. Il a ainsi suggéré que les décisions de notification soient effectuées par le service qui dispose des moyens en AESH pour mettre en adéquation les moyens et les besoins ! Nous nous sommes insurgé.es contre un tel procédé qui reviendrait à nier des besoins faute de moyens à mettre à disposition des élèves en situation de handicap.
Elles ont rappelé que la loi sur le handicap date de 2005 et que l’État n’a pas été en mesure de mettre les moyens pour l’appliquer de manière satisfaisante pour les élèves et leurs familles. 20 ans après, les AESH pâtissent de ces choix politiques qui les maintiennent dans la précarité alors qu’indispensables pour faire fonctionner l’Education Nationale !
*Qu’est-ce que la non-subrogation ?
Quand un.e AESH est en arrêt, il.elle touche des indemnités journalières communément appelées IJSS.
Ces IJSS font obligatoirement l’objet d’une récupération par l’Administration, parce qu’elles viennent en déduction du traitement déjà versé par l’employeur. Autrement dit, l’AESH en arrêt doit, dans un autre temps, rembourser le montant des IJSS à l’employeur qui a continué de lui verser un plein salaire.
C’est ce principe de récupération qu’on appelle la non-subrogation.
Quand il y a subrogation (c’est le cas pour les personnels titulaires), c’est la CPAM ou la MGEN qui verse directement à l’employeur le montant des IJSS.
Cette non-subrogation a donné lieu, depuis des années, à des situations dramatiques d’endettement !
Vos représentantes de la FSU
MANCHE