LES DÉCLARATIONS DE LA FSU AUX CSA-MEN et CSE

LES DÉCLARATIONS DE LA FSU AUX CSA-MEN et CSE

2026-01-30T14:35:43+01:0026 janvier 2026|Catégories : À LA UNE|

CSA MEN du 29 janvier 2026

Nous nous retrouvons 4 jours après un CSA mémorable. Sans refaire le marathon de lundi, la FSU tient à revenir sur le caractère lunaire de nos échanges : pour résumer, les services du ministère ont fait le choix de constituer une deuxième réserve, préemptant des moyens d’enseignement pourtant dédiés aux écoles et aux établissements, afin de faire face aux incertitudes d’une réforme menée dans la plus grande précipitation, celle des concours et de la formation. Ce choix a été très péniblement expliqué, comme si l’administration avait saupoudré des chiffres au hasard. Une question reste en suspens : que se serait-il passé si nous n’avions pas fait la lumière sur cette mise en réserve indue ? Rien, Des emplois et des moyens d’enseignement auraient été ainsi retirés aux écoles, collèges et lycées, comme si l’éducation nationale pouvait encore plus se priver.

La FSU salue l’arbitrage pris par le ministre après nos nombreuses interventions depuis lundi : la réinjection des moyens mis en réserve de manière complètement inattendue était indispensable à plus d’un titre. Elle va permettre de reposer les discussions sur la préparation de la rentrée dans le cadre prévu. Elle va donner un peu d’air à une répartition qui reste corsetée par la suppression de 4032 emplois de professeur·es dans le 1er et le 2d degré, qui va encore mettre un peu plus à mal le service public d’éducation

Comme une preuve de plus du caractère périlleux de cette préparation de rentrée, nous n’avons toujours aucune information sur la répartition des 300 emplois de professeur·es en ULIS dans le 1er comme dans le 2d degré, créés dans le PLF de novembre et subitement, enfin plutôt opportunément, sortis du chapeau, en janvier, pour couvrir les déclarations confuses de Sébastien Lecornu sur la création d’emplois pour accompagner les élèves en situation de handicap. Cette répartition doit être transmise aux organisations syndicales dans le cadre des préparations de rentrée.

Il y a encore quelques années les moyens stagiaires nous étaient transmis par académie, avec les contraintes de la nouvelle réforme et une anticipation sur 2 ans, il est grand temps que le ministère établisse un plan pluriannuel de recrutements et anticipe ses prévisions.

Il est indispensable de tirer les leçons de cette séquence. Nos échanges dans cette instance relèvent de la démocratie sociale. A ce titre, ils doivent être faits sur la base de documents complets, sincères et exploitables qui donnent aux élu·es que nous sommes les clés d’un débat éclairé. Dans un contexte de profonde crise démocratique, les cafouillages de ces derniers jours ne peuvent que renforcer les doutes qui s’expriment ici ou là sur l’action publique, et renforcer le manque de confiance existant ce qui n’est pas bon pour la démocratie.
Et parce qu’une démocratie est solide grâce à la solidarité dont les services publics sont un des vecteurs, la FSU appelle à la mobilisation pour d’autres conditions de rentrée, avec les créations d’emplois nécessaires au bon fonctionnement du service public, notamment pour diminuer le nombre d’élèves par classe. Élément déterminant pour la réussite des élèves mais aussi pour les conditions de travail des enseignant·es, des personnels qui se sont fortement dégradées ces dernières années. La réforme de la formation initiale des enseignant·es et CPE, que vous mettez en place et dont plusieurs textes sont soumis au débat à ce CSA MEN, ne régleront pas la crise d’attractivité tant que les rémunérations et les conditions de travail ne seront pas améliorées. Aucune mesure de carrière ou de revalorisation n’est pourtant envisagée à l’agenda social examiné lui aussi à ce CSA MEN, alors que l’ensemble des personnels le signale comme un frein au métier. Ainsi l’éducation nationale est obligée de verser des indemnités différentielles parce que le SMIC est revalorisé, mais pas les fonctionnaires.

Tous les signaux affichés aujourd’hui sont au rouge. Il suffit de voir les mobilisations dans les DROM. La FSU soutient les mobilisations, notamment le 3 février, pour l’abrogation des mesures injustes contre les personnels malades.

La FSU attend des mesures fortes pour répondre aux difficultés grandissantes dans les services et les établissements scolaires, pour répondre aux besoins de la jeunesse et des personnels. Il est temps d’arrêter de se cacher derrière des choix budgétaires qui ne sont autres que des choix politiques. La jeunesse a besoin de mieux d’école avec des personnels en nombre suffisant formés et revalorisés. La proposition de loi visant à interdire le portable au lycée et l’accès aux réseaux sociaux au moins de 15 ans passe à côté des principaux enjeux de ce sujet, à commencer par les enjeux éducatifs.

Question diverse :

La FSU a déjà interpellé le ministre et souhaite revenir sur la question du fonctionnement du Groupe National des Personnels de Direction.
Le rapport de l’Inspection générale de septembre 2024 souligne que le GNPD, « en parallèle des instances statutaires, a institué́ un dialogue social spécifique, d’abord conjoncturel et informel et qui s’est peu à peu institutionnalisé dans le temps jusqu’à prendre une dimension nationale, sans être jamais formalisé dans les textes. »

Cette organisation n’est pas sans conséquence puisque ne participe pas à ce groupe l’ensemble des organisations syndicales représentatives des personnels de direction au sens des textes législatifs et réglementaires, dont la loi du 6 août 2019.

De nombreux textes réglementaires touchant les personnels de direction y sont préparés hors des GT du CSA MEN. Un certain nombre d’organisations siégeant en CSA MEN sont de fait exclus du dialogue social lié à la préparation des textes qui y seront présentés.

La FSU demande l’inclusion de l’ensemble des organisations syndicales réglementairement considérées représentatives pour le corps des personnels de direction au sein du GNPD et des organisations qui en sont déclinées.

Déclaration FSU-SNUipp au CSE du 29 janvier 2026

Monsieur le ministre,
Si l’on s’en tient aux actes, et non pas aux paroles, vous ne nous souhaitez visiblement pas une
bonne année, à nous professeurs et personnels des écoles, pas plus qu’à nos élèves.
Tout d’abord, si 68 écoles avec un IPS inférieur à 90 se voient proposer quelques aides, il s’agit non
pas d’un classement en Education prioritaire, ce que rien ne vous empêchait de réaliser au titre
des ajustements réguliers, mais d’un contrat à signer. L’attribution d’un enseignant surnuméraire
dépendra d’un projet à rédiger, et non pas des besoins de l’école. Par ailleurs, les écoles
maternelle n’en bénéficieront pas du tout, qu’importe si les situations d’inclusion très complexes
et pour certaines si douloureuses, sont nombreuses en maternelle.
En développant d’un côté des TER (territoires éducatifs ruraux), d’un autre côté des cités
éducatives dans les QPV (quartiers prioritaires de la politique de la ville), vous choisissez de traiter
séparément les écoles rurales et les écoles urbaines, en tournant le dos aux critères sociaux. Sous
prétexte d’une attention particulière portée aux spécificités locales, en bloquant pour 2 années
encore une carte et une politique nationales d’Education prioritaire à l’arrêt depuis 2019, vous
renoncez à une prise en compte des critères sociaux sur l’ensemble du territoire de manière juste
et équitable. Et la contractualisation de quelques moyens supplémentaires vous permet d’afficher
une attention portée à quelques situations.
Nous savons cependant combien d’écoles ne dépassent pas 90 d’IPS tout en n’étant pas classées
en Education prioritaire. Il y en a 2200. Pour renouer avec une véritable politique nationale basée

sur des critères socio-scolaires solides et concertés, avec une politique de lutte contre les
inégalités scolaires (si fortement corrélées, en France, aux inégalités sociales), nous vous
demandons de classer sans attendre ces 68 écoles. Et d’ouvrir maintenant les discussions pour une
nouvelle carte d’éducation prioritaire. De la même manière, nous vous demandons de ne pas
fermer d’écoles rurales, car l’école reste trop souvent le dernier service public et un des meilleurs
leviers d’attractivité. La prise en compte des critères socio-scolaires n’empêche en rien de soutenir
les écoles rurales.
Concernant la baisse démographique, dont nous vous disions à la fin 2025 à quel point elle pouvait
être une occasion historique pour que l’école aille mieux, les prévisions de suppressions sont
tombées au CSAMEN. Même si un recul a été opéré suite aux alertes de la FSU et face aux
réactions des représentants des personnels, les objectifs sont clairs. Prenons la seule académie de
Lille, qui doit subir dans cette première version de la carte scolaire, 265 suppressions de postes…
Connaissez-vous la situation sociale dans le Nord et le Pas-de-Calais ? Savez-vous que les enfants
pris en charge par l’ASE (Aide Sociale à l’Enfance) y sont très nombreux et non comptabilisés à
travers les IPS des écoles ? Mais nous savons bien pourquoi un tel traitement. Parce que c’est une
académie qui, avec ses 385 722 élèves est, pour vous, un « réservoir de postes ». C’est cela votre
critère.
Alors permettez-nous de vous rappeler deux chiffres, mis en avant par l’Institut des politiques
publique (IPP) : 1 euro d’économisé sur l’école, ce sont à termes 9 euros nets de perdus sur le plan
économique, car l’investissement en éducation a un très fort bénéfice social, parfaitement
documenté. C’est pourquoi il faut maintenir les postes, tous les postes. Travailler en concertation
avec les représentants des personnels pour l’utilisation de ces moyens dégagés : baisse des
effectifs, remplacement, Plus-de-maîtres-que-de-classes, formation choisie, baisse du temps de
travail des PE, les pistes ne manquent pas.
Et enfin, il est temps d’arrêter votre politique de pilotage pédagogique délétère. Nos collègues
n’en peuvent plus des « résidences pédagogiques » et autres formations imposées sur les
sempiternels « fondamentaux ». Ce pilotage par les indicateurs abîme le métier, sur lequel vous
faites pourtant des déclarations qui nous interrogent.
Non, les références scientifiques sur lesquelles la hiérarchie s’appuie pour imposer méthodes et
contenus ne sont pas des références fiables. Certaines recherches invoquées pour imposer des
modalités d’enseignement n’ont même pas pu être publiées dans des revues scientifiques. Si le
ministère voulait vraiment s’appuyer sur la science, il s’appuierait sur les travaux du CNESCO et
son réseau de 500 chercheurs, sur les conférences de consensus tellement plus fiables que les
contestables guides de toutes les couleurs, maintenant transformés en programmes. Rien ne sert
d’idéaliser la lecture et la littérature, si les programmes et les méthodes imposées empêchent les
élèves les plus éloignés de la culture écrite, d’y entrer et de s’en saisir.
Alors en 2026, reconnaissez que ce pilotage n’a en rien permis de mieux faire réussir les enfants
qui ont le plus besoin de l’école pour apprendre. Faites cesser les injonctions et la mise au pas
pour lesquelles les directrices et directeurs d’école sont instrumentalisés. Respectez le métier
enseignant, respectez la fonction de direction, de formateur-trice, d’enseignant-e spécialisé-e, de
remplaçant-e…
Il n’est pas trop tard : permettez-nous réellement de passer une bonne année 2026.

 


Déclaration au CSA MEN du 26 janvier 2026

 

Monsieur le ministre,

En dépit de 3 reports de ce CSA consacré à la préparation de la rentrée, nous sommes encore dans les temps pour vous et nous souhaiter une bonne année, qu’elle soit la meilleure possible sur tous les plans, pour l’Ecole, ses élèves et ses personnels. Difficile d’aller plus loin dans les qualificatifs au regard du contexte mais faisons-en sorte que cette année ne soit pas celle des mots, mais celle des actes. Monsieur le ministre, vous êtes le 7ème à ce poste en 5 ans, soit plus de ministres que de dégel de la valeur du point d’indice mais quasiment autant que de rafistolages des réformes Blanquer et du Choc des savoirs. Cette instabilité chronique ne doit pas être un obstacle à prendre des mesures à la hauteur des enjeux, immenses, pour réparer un service public d’Éducation très abîmé par 10 ans de politiques menées contre les personnels.

La séquence budgétaire qui s’étire depuis le mois d’octobre et l’utilisation du 49.3 ont durablement éloigné l’opinion publique d’enjeux pourtant cruciaux pour l’avenir de notre modèle social, et participe de la crise démocratique qui s’aggrave dans notre pays. Mais cette dernière se nourrit d’abord de la mise à mal de tous les moyens qui assurent la solidarité, le lien social et la cohésion sociale à commencer par les services publics. Le refus de mettre à contribution les ultra-riches, alors même qu’ils usent et abusent de stratégies de contournement et d’optimisation fiscales, relève d’une forme de séparatisme fiscal insupportable.

Rappelons ici quelques chiffres : les aides publiques aux grandes entreprises, sans condition, ni transparence se sont élevées à 211 milliards en 2023 quand l’augmentation de 10 % des professeur·es peut se chiffrer à 3,6 milliards et la création d’un corps de fonctionnaires d’AESH à 4/5 milliards d’euros.

Sans oublier évidemment l’urgence d’une revalorisation – indispensable et significative des catégories C et B – qui voient leurs traitements être percutés par la revalorisation du SMIC au 1er janvier 2026.  Elles et ils verront le retour d’une indemnité différentielle parce que disposant d’un indice de rémunération dont le traitement brut est inférieur au salaire minimum en vigueur dans notre pays. Inacceptable pour la FSU, pour qui la revalorisation de tous les personnels du ministère doit être une priorité absolue ! La preuve, une fois de plus, que sur les questions budgétaires, tout est affaire d’abord de choix politiques et non de contraintes.

En dépit des discours se voulant rassurants, l’Education nationale pâtit aussi de certains choix. Si nous saluons la création d’emplois d’AESH, nous alertons sur les difficultés à pourvoir ces postes faute d’un plan de sortie de la précarité guidé par la création d’un corps de fonctionnaires de catégorie B. Les AESH, essentiellement des femmes, n’attendent pas un quasi statut comme vous le caractérisez, mais un statut plein et entier. Il est urgent d’ouvrir les discussions sur la base de projections budgétaires et études d’impact. A travers cette question, se joue notamment l’avenir d’une École publique réellement inclusive, qui apprend à vivre ensemble.

Le projet de budget prévoit près de 4000 suppressions d’emplois d’enseignant·es dans le 1er et 2d degré essentiellement au nom de l’évolution démographique. Nous dénonçons ce choix, tout comme l’absence de création d’emplois de CPE, et exigeons l’annulation des suppressions d’emplois et la création des emplois nécessaires à l’amélioration durable des conditions de travail et d’étude.

Dans le premier degré, la préparation de la rentrée 2026 subit les conséquences du calendrier électoral : le temps sera contraint après les municipales pour préparer au mieux la rentrée.  La rentrée 2025 a déjà été catastrophique dans le 1er degré, avec des milliers de fermetures de classes et un manque de moyens pour assurer la continuité du service public d’éducation au quotidien. La FSU s’oppose à la fusion des missions des titulaires remplaçant·es (ZIL, formation continue, ASH, stages longs, REP+) imposée par le ministère, qui dégrade les conditions d’exercice des remplaçant·es et a des conséquences pour l’ensemble des personnels.

Dans le second degré, les opérations de préparation de rentrée vont se poursuivre au niveau académique, départemental et local. Nous exigeons le respect des cadres démocratiques de discussions à tous les niveaux. Les CA et leurs émanations doivent exercer pleinement leur compétence d’usage des dotations horaires attribuées aux établissements : adoption d’un TRMD, pouvant être amendé par les représentant·es des personnels, et découlant d’une structure précise que le CA fixe, ayant pour conséquence des propositions de créations-suppressions de postes sur lesquelles il émet un avis.

Sur le fond, il ne s’agit pas de nier les chiffres, objectifs d’évolution du nombre d’élèves à court et moyen terme. Mais bien de regarder d’où nous venons et vers où nous allons. Depuis 2017, le second degré public a accueilli plus de 8000 élèves supplémentaires mais s’est vu supprimer un peu plus de 8000 emplois de professeur·es. Le nombre d’élèves par classe a augmenté, nous avons les classes les plus chargées d’Europe au niveau collège et il faudrait près de 10000 emplois supplémentaires pour retrouver le taux d’encadrement de 2017. Supprimer des emplois quand les effectifs augmentent, supprimer des emplois quand les effectifs diminuent. Bref, supprimer des emplois.

Devant nous, il n’y a pas qu’un enjeu démographique, il y a aussi un défi démocratique. Pour la FSU, il est indispensable de maintenir la présence et l’ouverture d’écoles et d’établissements publics sur tout le territoire et de ne pas laisser des secteurs entiers à la seule offre du privé. Les évolutions démographiques ne doivent pas être un outil pour territorialiser un peu plus l’exercice des missions de l’Ecole. A ce titre, la FSU dénonce les manœuvres en cours en milieu rural : fermetures de RPI et concentrations d’écoles, en s’appuyant sur les Observatoires des Dynamiques Rurales pour contourner les instances de carte scolaire et en écartant des réflexions les représentant·es du personnel et des parents d’élèves. A plusieurs reprises, nous avons aussi exigé d’avoir une vision de long terme des évolutions démographiques et des besoins de l’Ecole publique, il est urgent d’entamer ce travail avec une boussole : la qualité du service public d’Education, au service d’une ambition, celle d’une Ecole émancipatrice qui contrecarre les inégalités de tout ordre et reste le socle de notre modèle social et démocratique.

Si la rentrée se prépare sous le signe de la dégradation des conditions d’étude et de travail, bien d’autres questions sont encore en suspens, notamment en lien avec l’avenir de certaines réformes. La FSU se félicite de l’abandon du caractère obligatoire des groupes de niveau, résultat d’une mobilisation de la profession qui n’a jamais faibli. Mais dans le cadre de la préparation de la rentrée, il nous revient des formes de pressions inacceptables au maintien des moyens dédiés conditionnés au maintien des groupes en 6ème/5ème. D’autres points doivent être clarifiés, dont l’avenir des classes prépa 2de qui n’ont, à cette heure, plus de base réglementaire pour leur maintien à la rentrée.

La FSU se félicite également qu’enfin soit reconnu l’échec l’année passée du parcours différencié de terminale bac pro. À quelques semaines d’annonces que vous souhaitez mettre en œuvre dès la rentrée prochaine, nous réaffirmons les exigences de la profession, dans l’intérêt des élèves et des personnels : des examens à partir de la mi-juin et l’abrogation du parcours personnalisé.

Nous regrettons l’absence de révision de la carte de l’Education prioritaire qui aurait permis de traiter de manière structurelle la question des inégalités sociales et scolaires, dont la persistance et l’aggravation pèsent sur le quotidien de nos collègues. En dépit des échéances électorales, il reste un espace pour amorcer ce travail : la FSU demande qu’un travail commence sur les critères de révision de la future carte de l’Education prioritaire. Un travail transparent à rebours de la construction de la liste des 800 collèges, sous le signe de l’omerta qui, lorsqu’elle se fissure, fait apparaître quelques aberrations et interrogent sur les objectifs poursuivis.

Nous reviendrons largement dans le CSA de jeudi sur la réforme de la formation initiale, mais que nous soyons le 26 janvier, à quelques semaines des premières épreuves, toujours en train de mener des GT et d’étudier des textes statutaires, montrent bien la précipitation avec laquelle a été menée cette réforme, avec d’abord un objectif d’affichage politique en vue de 2027.

Les enquêtes institutionnelles ou syndicales convergent : démissions, reconversions, ruptures conventionnelles…tous les signaux sont au rouge et confirment une profonde crise de sens de nos métiers. La faiblesse des rémunérations pèse lourd mais aussi le sentiment de ne plus pouvoir faire ce qui motive l’engagement dans un métier du service public : servir l’intérêt général. Les réformes faites et défaites, l’aggravation des inégalités, la mise à mal des ambitions émancipatrices et démocratisantes de l’Ecole publique, la sous administration avérée et objectivée par un rapport parlementaire, les évolutions de la société, les drames qui touchent parfois la communauté éducative… là aussi, tout converge et s’accumule.  Et pourtant, l’Ecole tient, tourne au quotidien. Mais elle ne tient plus que par un fil : celui de la conscience professionnelle des personnels. Compter uniquement sur cet engagement pour que vive l’Ecole publique serait d’un cynisme irresponsable. C’est pour cela que les remerciements et les belles paroles, à l’image de ceux de vos vœux, ne suffiront pas. C’est toujours préférable que de se voir affublés du sobriquet de ventilateurs à angoisse ou de se voir accuser d’être à l’origine d’un paquet d’heures perdues. Mais une politique éducative ne se fait pas à coup de remerciements. Les échéances électorales décisives pour l’avenir du pays ne doivent pas empêcher de conjuguer mesures d’urgence, sur les salaires, les carrières, les conditions de travail et mesures plus structurelles pour réparer le service public d’Education à moyen terme. Tout ce qui pourra être cranté en la matière avant 2027, sera aussi une manière de préserver l’Ecole publique et ses personnels en cas d’arrivée de l’extrême droite au pouvoir.

La FSU n’attendra donc pas pour organiser, soutenir, relayer, des mobilisations, dès cette semaine dans certains départements, pour exiger les moyens indispensables au bon fonctionnement du service public d’Education et des politiques qui confortent les ambitions émancipatrices de l’Ecole publique laïque.

 


 

Déclaration au CSA MEN du 16 décembre 2025

Mesdames et messieurs les membres du CSA ministériel,

La FSU adresse toutes ses condoléances à la CFDT après la disparition de Mylène Jacquot, secrétaire générale de la CFDT Fonctions publiques. Sa parole était écoutée, respectée, engagée, à son image. Elle incarnait avec force et conviction ce qui réunit toutes et tous : l’engagement pour nos collègues, une certaine idée aussi de ce qu’est l’engagement pour l’État et l’intérêt général, à la croisée de nos métiers de la Fonction publique et notre engagement syndical.

Cette séance du CSAMEN s’ouvre en pleine journée de mobilisation des AESH, personnels incontournables dans la mise en œuvre de l’école inclusive. Ces personnels sont trop peu reconnus comme vous avez pu l’entendre lors de la lecture de la déclaration intersyndicale Il est grand temps que le ministère les considère davantage en créant un corps de fonctionnaire d’AESH, de catégorie B et en leur accordant un temps complet.

Notre CSAMEN se déroule en pleine discussion parlementaire concernant les deux projets de lois de finances prévus pour 2026, celui du financement de la sécurité sociale et celui relatif au Budget de l’Etat.

Difficile de dire aujourd’hui quels seront les contenus budgétaires précis finalement adoptés à l’issue des procédures en cours mais notre fédération tient tout de même à rappeler ici son opposition résolue à l’esprit, à la lettre et aux chiffres des mesures austéritaires initialement prévues par les différents Premiers ministres depuis plusieurs mois maintenant.

Les effets catastrophiques pour les finances publiques de la politique macronienne dite de l’offre ne doivent pas avoir pour conséquence la continuation de la dégradation de l’école publique. Plus les conditions de travail des personnels comme les conditions d’apprentissage pour les élèves se dégradent, plus les inégalités augmentent. Nous refusons que les principales mesures prises pour réduire le déficit public du pays touchent de plein fouet le fonctionnement des services publics en général, le nôtre en particulier ainsi que les conditions de travail et de vie de leurs personnels.

La crise d’attractivité des métiers qui en résulte compromet son bon fonctionnement et la perspective d’une austérité budgétaire continuée et renforcée pour notre service public – la diminution de ses crédits – empêchera toute amélioration substantielle de même qu’elle accentuera toutes les inégalités sociales et territoriales déjà à l’œuvre.

De ce point de vue, nous nous opposons à toutes les suppressions d’emplois qui seraient actées au Budget 2026. Dans le contexte de crise de recrutement que le MEN connait, continuer de geler la valeur du point d’indice et ne pas envisager de mesures de revalorisation des personnels est inconséquent

Pour la FSU, l’heure n’est pas à la cure d’austérité pour les services publics et à la chasse aux milliards d’euros de leurs dépenses.

L’heure est à la justice fiscale qui pourrait permettre de faire contribuer les plus riches et les actionnaires et de financer ainsi par des recettes nouvelles les besoins sociaux du pays et l’amélioration des services publics et de l’école publique.

L’heure est aussi à la justice sociale : il faut que nos métiers soient enfin reconnus et que nos traitements et carrières soient très significativement revalorisés.

Notre fédération n’en a donc pas fini avec l’expression de son opposition aux projets gouvernementaux des lois de finances prévues pour 2026 et à leurs mesures austéritaires, même si la « mêlée parlementaire » aura eu pour effet de réduire la portée de quelques mesures particulièrement régressives et même de décaler l’application de la réforme Macron des retraites de quelques mois, pour quelques centaines de milliers de salarié·es.

La Cour des comptes vient de publier un énième rapport sur le temps d’enseignement perdu par les élèves en collège. Fidèle à elle-même la Cour des comptes prône des solutions hors sol dégradant un peu plus le service public, les conditions de travail et d’apprentissage. Alourdir la charge de travail des personnels, modifier leur métier viendra renforcer la crise d’attractivité.

Ce n’est pas la réforme de la formation initiale qui viendra résoudre cette crise. Concernant les concours 2026, les chiffres annoncés des inscrits masquent plusieurs réalités comme la double inscriptions et les postes en baisse pour les rentrées 2027 et 2028.

Il est surtout urgent de revaloriser les salaires.

Le ministère traite ses personnels avec mépris « En raison de fortes contraintes budgétaires, il n’est malheureusement pas possible dans l’immédiat de prolonger votre contrat. » Ces quelques lignes brutales du rectorat de Reims dans un courrier adressé à plusieurs dizaines de professeur·es non titulaires sont insupportables et inconséquentes. Comme l’an dernier, l’Education nationale n’a plus les moyens de payer certains collègues. Nos interventions à tous les niveaux ont permis que ces collègues soient correctement traités. Mais cette situation confirme que les professeur·es non titulaires, recruté·es en grand nombre depuis la loi TFP,  sont considéré·es comme une variable d’ajustement. Les besoins existent, les enseignant·es sont disponibles mais sont licenciés en raison de contraintes budgétaires. Les propositions de la Cour des comptes s’inscrivent bien dans ce contexte où il est considéré qu’il faut faire des économies sur le dos des personnels et des élèves.

Trois mois après la rentrée, la situation dans les écoles est très dégradée. La fusion des missions de remplacement, engagée dans certains départements, dégradent les conditions de travail et entrainent des reculs pour les titulaires remplaçant·es. Des consignes auraient été données par le ministère, qu’en est-il exactement ?

A Mayotte, un an après le cyclone Chido, le temps politique est passé mais les engagements ne sont pas tenus. Hauteur des prix, violences, bâti insuffisant et inadapté aux conditions météorologiques, les conditions d’exercices s’y dégradent et la précarité explose. Pour la FSU, la mise en œuvre rapide d’un plan d’urgence est incontournable.

Plusieurs mobilisations ont eu lieu dès le mois de septembre dernier, pour empêcher toute régression et remise en cause de notre modèle social, dont nos services publics ; et pour porter l’exigence d’un autre budget, qui permette réellement d’améliorer l’école publique et les conditions de travail et donc de vie de ses personnels, celles-ci sont loin d’être terminées.

De ce point de vue, la FSU soutient l’actuelle mobilisation des personnels de CANOPE qui, maintenu·es dans l’incertitude totale concernant l’avenir de leur réseau, se sentent épuisé·es et méprisé·es. « La logique absurde qu’on leur impose – faire plus avec moins – alors que les moyens fondent comme neige au soleil » pour reprendre leurs termes, ne peut durer longtemps comme tel. Il faut très vite les rassurer sur leur avenir, maintenir a minima les emplois – et donc faire annuler les suppressions prévues – garantir une subvention pour charge de service public à la hauteur des besoins de fonctionnement.

Enfin, la FSU apporte tout son soutien aux collègues et aux élèves du collège Champollion à Dijon. Nous dénonçons une volonté manifeste de s’en prendre à nouveau à un lieu d’émancipation par les savoirs et la culture, après les saccages de l’école primaire voisine et de la médiathèque du quartier.  Les personnels du collège Champollion n’ont eu de cesse d’alerter ces derniers mois, années. Il est urgent que l’État assume pleinement ses responsabilités : c’est bien par une réponse mobilisant tous les services publics (justice, police, éducation nationale, santé etc.) face au trafic de drogue qu’il sera possible d’apporter une réponse durable. Nos élèves et nos collègues ne doivent plus pâtir des renoncements de l’État en la matière ! Et là aussi, il est autant question de volonté politique que de moyens… Dans l’immédiat, il est indispensable que l’institution à tous les niveaux, aide et accompagne les collègues et les élèves jusqu’à la réouverture du collège et que les engagements pris par le ministre hier soient suivis de faits.

A de multiples endroits, les personnels alertent sur des situations d’atteinte à leur santé physique et mentale au travail. Le ministère est très loin de respecter ses obligations en matière de protection de ses agent·es et de prévention des risques professionnels. Les entraves au bon fonctionnement de la F3SCT du CSAMEN en sont le reflet. Le 5 décembre dernier, les représentant·es des personnels ont quitté l’instance sans avoir eu de réponse à leurs très nombreuses questions. Un courrier intersyndical a été adressé au ministre. Les chantiers à ouvrir sont pourtant nombreux mais le ministère semble ne pas vouloir mettre en évidence les effets délétères des choix politiques, budgétaires et managériaux.

Pour terminer, nous souhaitons rappeler ici que le contenu des stages syndicaux relève de la responsabilités de l’organisation syndicale concernée et ne saurait être remise en cause dès lors qu’elle ne déroge pas aux valeurs de la République. Ces invitations peuvent être envoyées à toute la profession, comme cela est précisé règlementairement. Nous dénonçons les pressions exercées actuellement par l’extrême droite pour faire annuler un stage de formation syndicale dans l’Oise. Elles doivent être ignorées par l’administration.

 


Déclaration de la FSU au CSE du 4 décembre 2025

Monsieur le Ministre,

Vous connaissez bien l’état du système éducatif français puisque vous avez été, depuis 2017, l’un des acteurs majeurs de la mise en musique des politiques en matière d’Education voulues par le président de la République E. Macron.  Pour la FSU, ce sont bien ces orientations prises depuis 8 ans, qui, aujourd’hui, mettent notre Ecole publique en difficulté et ne permettent pas les investissements nécessaires au développement et au renforcement de ses missions. Alors que la baisse démographique est une chance pour repenser une école, accessible à toutes et tous, plus de 4 000 emplois sont aveuglément supprimés dans le projet de budget pour votre ministère. La FSU continue d’exiger un autre budget, construit sur plus de justice fiscale, renforçant les moyens de l’Ecole et lui permettant de répondre aux enjeux sociaux, économiques et écologiques à venir.

En s’accordant sur des problématiques à résoudre et avant toute autre chose de lutter contre les inégalités, les membres de la convention citoyenne sur le temps de l’enfant rejoignent les constats de la FSU sur le sous-investissement dramatique en Éducation, les effectifs des classes qui pénalisent la réussite de tous les élèves, la précarité des AESH qui mine l’école inclusive, le besoin d’une revalorisation des métiers de l’enseignement pour mieux recruter, ou encore le bâti scolaire à repenser. La FSU est toujours prête à débattre de son projet pour l’École publique mais rappelle que toute réforme systémique ne peut se faire sans, voire contre les personnels. L’école publique doit redevenir la priorité de la Nation.

Pour cela, des moyens doivent être déployés et bénéficier à celles et ceux qui en ont le plus besoin. L’égalité doit devenir une valeur concrète, notamment pour les jeunes issu·es des milieux populaires. Depuis plus de 15 ans, c’est toujours moins d’École qui est mise en œuvre par les réformes, et à titre d’exemple le lycée professionnel a perdu 1 an et demi de formation pour préparer les jeunes au baccalauréat professionnel. Ce n’est pas la dernière réforme et son parcours personnalisé qui pourront compenser ces pertes sèches.

Par ailleurs, il y a plus que jamais urgence à mettre en œuvre de réelles politiques inclusives et de réduction des inégalités, ces dernières n’ayant fait que se creuser ces dernières années. La FSU défend une école publique dans un objectif renouvelé d’augmenter le niveau de qualification de toutes et tous, une école au service du développement de l’ensemble des élèves, de leur émancipation et de l’acquisition d’une culture commune, pour faire société, dont l’ensemble des disciplines scolaires participent, notamment les enseignements artistiques ou sportifs qui doivent rester dans l’école publique. La FSU s’opposera à l’externalisation ou même au renvoi à des ateliers pratiques l’après-midi pour une partie d’entre elles. L’École a besoin avant tout de moyens et de temps pour pouvoir faire progresser les élèves.

Monsieur le ministre, qu’allez-vous mettre en œuvre pour faire en sorte que le système éducatif lutte réellement contre les inégalités de parcours scolaire fortement corrélées aux inégalités sociales et genrées ? Allez-vous enfin rompre avec les politiques éducatives sélectives et inégalitaires et en finir avec l’instrumentalisation de l’École au service du marché du travail ?

Monsieur le ministre, vous devez mettre un terme à l’orientation actuelle de la réforme de la santé scolaire, car elle nuit à la capacité de l’école à s’adapter aux enjeux et aux défis que représentent les inégalités scolaires et la santé des jeunes.  L’école a besoin que vous écoutiez et renforciez la capacité d’agir des infirmières, des assistantes sociales, des psychologues et des CPE, qui agissent au quotidien au plus près des élèves, en leur faveur. Elle n’a pas besoin d’une nouvelle circulaire de politique éducative sociale et de santé, mais bien de l’application du cadre actuel.

Concernant la réforme de la formation des enseignant·es et CPE, celle-ci ne résoudra pas une crise d’attractivité qui ne pourra être enrayée que par des mesures de revalorisations ambitieuses des métiers de l’Éducation, en particulier celle des salaires. La FSU, avec l’intersyndicale, demande un budget renforcé, un maillage territorial équitable, le respect du rôle des universités et la représentation syndicale dans le suivi de la réforme. Enfin, comme le souligne la DEPP dans l’état de l’École 2025, les perspectives de carrière en matière d’avancement, de promotion, de titularisation et de rémunération constituent un domaine d’insatisfaction marqué pour les personnels de l’éducation nationale (2,8 sur 10) et les personnels dans leur ensemble mettent l’accent sur un manque de temps pour effectuer leur travail.

Monsieur le ministre, quelles mesures prévoyez-vous pour améliorer leurs conditions de travail et de rémunération ? Comment comptez-vous en finir avec un pilotage du système autoritaire et anxiogène pour les personnels et les usagers du service public d’éducation, pour renouer avec la confiance des personnels et pour redonner à l’ensemble des citoyen·nes la confiance et la reconnaissance en leur École et en leurs enseignant·es ?

 

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