Protocole sur l’égalité professionnelle FEMMES/HOMMES

Protocole sur l’égalité professionnelle FEMMES/HOMMES

2018-11-16T09:34:30+00:0016 novembre 2018|Catégories : ACTUALITÉS|Mots-clés : |

Le combat pour l’égalité professionnelle est un combat de long terme. La FSU défend depuis
toujours, les droits des femmes et l’égalité professionnelle. Elle organise des initiatives et
mobilise en ce sens.

Le texte comporte des insuffisances, portant notamment sur les plans d’action « égalité
professionnelle » qui seront négociés par employeur et le rôle flou du fonds pour l’égalité
professionnelle et son abondement mais aussi en termes de contraintes financières fortes.

Malgré cela le protocole que l’administration propose est conforme à un certain nombre des
mandats de la FSU et constitue un point d’appui intéressant pour faire avancer nos
revendications féministes et syndicales, dans une approche globale de la question de l’égalité
professionnelle.

Le texte proposé prend en compte un certain nombre de ces revendications portées par la
FSU. La FSU, qui a été très active lors de la négociation, a permis de faire avancer un certain
nombre d’idées et d’éléments comme :
– toutes et tous les agent-es de la Fonction publique (dans les 3 versants) seront
bénéficiaires des mesures prises,
– l’obligation de résultats et la possibilité de sanctions en cas de non mise en œuvre par les
employeurs des actions décidées,
– la mise en œuvre de plans d’actions obligatoires avec des objectifs chiffrés et un rapport
annuel de situation comparée,
– l’intégration de la lutte contre le harcèlement moral et sexuel (axe 5),
– un changement de calendrier raccourcissant les délais de mise en œuvre,
– la suppression de la journée de carence pour les femmes en arrêt maladie lors de leur
grossesse,
– le maintien des compétences des instances de concertation concernant les questions
d’inégalités professionnelles,
– un abondement de l’action sociale (place de crèches),
– l’idée de « neutralisation » de l’impact des congés familiaux sur la rémunération et les
parcours professionnels,
– le nouvel accord reprend et renforce celui de 2013.

Les mesures proposées devraient apporter une amélioration de la situation en posant quelques
principes forts : des plans d’actions obligatoires, la suppression des écarts de rémunération et
des déroulements de carrière sur la base du principe « d’un salaire égal pour un travail de
valeur égale », l’accompagnement de la parentalité, la prévention et la lutte contre les
violences sexuelles et sexistes…
La FSU continuera de porter ses revendications notamment celles qui n’ont pas trouvé leur
place dans ce protocole. Ainsi, elle s’indigne de la méconnaissance du contenu de formation
initiale des assistantes de service social en matière de prévention et de lutte contre les
violences, seule profession à être expressément citée dans le texte.

Par ailleurs, les nouvelles règles de mobilité, le recours possible au télétravail, l’annualisation
du temps partiel… comportent des risques forts de dérives auxquelles la FSU sera vigilante.
Quant au financement de ces mesures, et notamment des actions de formation et de
prévention, il n’est pas prévu, hormis la création d’un fonds alimenté par le versement de
pénalités. La FSU juge l’engagement sur les moyens nécessaires insuffisant à ce stade pour
mener à bien le programme de ce protocole. Elle militera pour que les financements
nécessaires soient alloués pour mener à bien ses actions. La FSU sera exigeante vis à vis du
gouvernement quant à la mise en œuvre de ces mesures et particulièrement sur la mise à
disposition, chaque année, des moyens financiers adéquats.

Cet engagement de la FSU en faveur du protocole ne vaut que sur ce texte.
La signature de la FSU ne vaut pas satisfecit sur la politique gouvernementale concernant
l’égalité femmes/hommes.
La FSU n’est pas dupe : la politique menée par ce gouvernement et les réformes qu’il porte
pénalisent les plus précaires, et en particulier les femmes. Le protocole prétend s’attaquer aux
inégalités de salaires et de carrières qui pénalisent les femmes ; dans le même temps la
réforme de l’action publique envisage une prise en compte du mérite dont on sait qu’elle va
accentuer ces mêmes inégalités.
En effet, la FSU continue et continuera de dénoncer avec la plus grande fermeté les autres
projets en cours dans la Fonction publique : recours massif au contrat, individualisation de la
rémunération, suppressions d’emplois, atteintes au statut de la Fonction publique, réduction
du périmètre des missions…

Plus largement, si la FSU se satisfait de la prise en compte des violences sexistes et sexuelles
au travail, elle ne peut que dénoncer la mise en difficultés des associations d’aide aux
femmes victimes, dont certaines sont contraintes de cesser leur accompagnement suite à la
réduction drastique des subventions publiques et à la suppression des emplois aidés.
Enfin la réforme des retraites à venir s’annonce comme une dégradation pour les
fonctionnaires, et particulièrement pour les femmes, dont les carrières sont en moyenne plus
courtes, assorties de salaires plus faibles et de périodes de temps partiels.

La FSU continuera à s’engager dans les mobilisations collectives, et à mettre en évidence les
contradictions internes d’un gouvernement dont toute la politique va à l’encontre de l’égalité
et des droits des femmes.