Journée CONTRE les VIOLENCES faites aux FEMMES

Journée CONTRE les VIOLENCES faites aux FEMMES

2018-11-27T11:55:09+00:0022 novembre 2018|Catégories : À LA UNE|

Ces témoignages venus du monde entier ont révélé l’ampleur de ces violences et ont démontré que les femmes se saisissent d’un espace de parole quand il leur est proposé.
Ils ont aussi mis en exergue le manque évident de lieux et de personnels formés pour recueillir leur parole et les conditions d’écoute actuellement inadaptées. L’institution judiciaire et l’environnement professionnel ne remplissent pas correctement leurs missions de prévention, d’accueil et de protection des femmes comme le prévoient pourtant divers textes législatifs.

La FSU continue de dénoncer la baisse d’aides déjà insuffisantes de l’État aux associations qui prennent en charge les victimes, aux organismes de recherche qui décortiquent les mécanismes produisant les inégalités et les violences.

Pour la FSU, la loi contre les violences sexistes et sexuelles comporte de graves lacunes en matière de protection des mineur-es et ne va pas assez loin pour luter contre les violences faites aux filles et aux femmes. Elle demande une véritable loi cadre.

Au travail, les violences subies par les femmes sont rarement identifiées et reconnues comme telles. Et la fonction publique n’est pas épargnée. Pourtant, ces violences ont un impact avéré sur leur santé physique et mentale comme sur leur déroulement de carrière.

Pour la FSU, l’institution a le devoir d’accompagner et de protéger les victimes dans leur carrière mais aussi dans leur emploi. La FSU exige notamment le maintien des CHSCT car cette instance représentative des personnels est un outil indispensable pour luter contre les violences.

La FSU revendique des moyens dédiés et fléchés pour mettre en œuvre une véritable politique volontariste pour prévenir et faire cesser ces violences. L’Etat a un devoir d’exemplarité en la matière et doit rendre effectif l’ensemble des mesures déclinées dans le futur protocole Egalité Professionnelle.

La FSU rappelle également l’importance de l’Education à l’égalité fille-garçon inscrite dans les programmes scolaires. C’est un outil efficace de prévention. Pour la FSU, il y a urgence à mettre en œuvre un plan d’ampleur incluant la formation de tous les personnels, une éducation non sexiste des jeunes à tous les niveaux de scolarisation et des moyens à la hauteur des besoins pour que la prise en charge globale des femmes victimes de violences puisse être effective dans tous les domaines professionnels.

Le collectif #NousToutes, dont la FSU est parte prenante, a pour ambition de porter les paroles des femmes qui ont émergées au moment de #MeToo et de transformer ces paroles en revendications.

A l’occasion de la journée internationale de lute contre les violences faites aux femmes, la FSU, engagée au quotidien, appelle les personnels à marcher et à se mobiliser en participant aux initiatives du 24 novembre pour que cesse l’impunité des agresseurs et celle des employeurs.

Luter contre ces violences est un élément indispensable pour qu’enfin l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes se concrétise et devienne effective dans tous les domaines professionnels.

 


 

Au travail, dans le secteur privé ou dans la fonction publique, les femmes ne sont pas épargnées par le sexisme et les violences sexuelles. 80% des femmes déclarent y avoir déjà subi des propos sexistes*, 32% du harcèlement sexuel ou une agression sexuelle*. Plusieurs milliers de femmes sont violées chaque année sur leur lieu de travail*. Qu’elles soient le fait d’employeurs, de supérieurs hiérarchiques, de collègues ou d’usagers, ces violences ont des conséquences sur l’état de santé des victimes, elles impactent leur entourage, elles ont des répercussions sur leurs conditions de travail et le déroulement de leur carrière.

Cette réalité, inadmissible, n’est pas une fatalité : des solutions existent qui nécessitent une réelle volonté politique et des moyens au-delà des déclarations d’intention.

Les violences contre les femmes au travail font encore grandement partie de nos angles morts. Ce qui se passe dans les entreprises ou les administrations ne relève pas seulement d’un rapport individuel entre des collègues ou entre l’encadrement et les salarié.e.s.

L’employeur du secteur privé ou de la Fonction publique a une obligation inscrite dans la loi de prendre “les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs”. Les victimes qui dénoncent les violences subies doivent être protégées dans leur carrière et leur emploi. Elles doivent pouvoir bénéficier d’aménagements d’horaires et de poste, de congés, de mobilité fonctionnelle ou géographique à leur demande, de soins. Il doit être mis en place des sanctions envers les employeurs qui licencient des victimes ou les témoins de harcèlement, de violences et de discriminations. Nous avons besoin que les instances représentatives du personnel disposent des moyens suffisants pour exercer leurs missions et prérogatives contre les violences sexistes et sexuelles.

Dans la Fonction publique, les ministères, les collectivités, les établissements de santé sont loin d’être exemplaires en matière de prévention des violences, de protection des victimes et de sanctions des agresseurs. Nous exigeons la déclinaison et la mise en œuvre effective au plus près des lieux de travail de mesures contraignantes pour la prévention et la lutte contre les violences sexistes et sexuelles.

Nous, syndicalistes sommes engagé.es pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles sur nos lieux de travail et dans nos organisations. Parce que des collègues nous alertent sur certains comportements délictueux. Parce que des femmes victimes viennent nous solliciter pour trouver des solutions. Parce qu’elles se retrouvent face à des employeurs ou des directions qui refusent bien souvent de traiter les violences, de prendre des mesures de préventions, de mener une enquête, de sanctionner l’agresseur et d’accompagner les équipes, préférant changer la victime de poste pour surtout, “ne pas faire de vagues”.

* Sources : Enquête CSEP (2015), Enquête Ifop (2018), Enquête CVS (2017)