Déclaration de la FSU au Comité Technique Académique de Caen

Déclaration de la FSU au Comité Technique Académique de Caen

2018-07-05T16:09:06+00:005 juillet 2018|Catégories : ACTUALITÉS|Mots-clés : |

Lors du dernier CTA de Caen la FSU dénonçait dans sa déclaration liminaire les orientations données dès le début de la nouvelle année par le président de la république aux différents ministres qui ne laissaient aucun doute sur la politique du gouvernement en choisissant de faire porter encore davantage l’effort sur les salariés, les agents de la FP et les retraités, en laissant de côté la jeunesse et les plus fragilisés. La FSU y soulignait que l’ensemble de ces projets et de réformes visait à une transformation en profondeur de notre modèle social fondé sur les solidarités collectives en s’attaquant particulièrement aux services publics. CAP 2022 et les différents projets de l’actualité viennent confirmer la direction choisie.

Ainsi dans le cadre du « dialogue social » le gouvernement a présenté, aux organisations syndicales représentatives, ni plus ni moins qu’un projet de « suppression du paritarisme » afin de faciliter une « déconcentration managériale » de la fonction publique. Ce projet s’inscrit dans le chantier de M Darmanin censé refonder « le contrat social avec les agents publics ».En guise de modernisation du dialogue social, la DGAFP semble vouloir copier le nouveau CSE du privé en envisageant la création d’une nouvelle instance issue des CT et des CHSCT. Vous pouvez à nouveau avoir l’assurance, M Le recteur d’académie, que la FSU s’opposera fermement à ces projets. Ainsi la non réponse de votre part à la demande d’audience de la FSU sur les difficultés de fonctionnements du CHSCTA de Caen pourrait être analysé comme un signe du sens que vous souhaitez faire porter au dialogue social dans l’académie.
Les CAP pourraient être allégées du processus entourant la mobilité public. Ainsi les tableaux annuels de mutations, le droit de voir sa situation examinée au regard de critères cohérents, quantifiables, transposables, en barème au même titre que l’ensemble des agents de son corps sont promis à la disparition. De même l’introduction de sanctions disciplinaires graduées qui échapperaient aux conseils de discipline a pour but d’accentuer le poids de la hiérarchie. En fait on donne tous pouvoirs aux présidents d’universités, aux recteurs, aux DASEN et même aux chefs d’établissements/IEN pour décider des promotions et des sanctions. Pour la FSU il n’est pas acceptable que les CAP soient réduites à la simple étude des recours sur l’avancement d’échelon.

Concernant l’accès à la hors classe, dans le premier comme dans le second degré, les avis proposés concourent à développer un sentiment d’injustice et celui d’un travail non reconnu. Pour la FSU c’est le travail quotidien de la profession qui est nié. Au regard de leur investissement comment expliquer qu’il n’y ait pas plus d’avis très satisfaisant ? De surcroît, ces avis ont un caractère pérenne et figent l’appréciation portée.
Et dans le 1er degré, l’analyse du projet met en évidence des choix qui remettent en cause l’égalité de traitement des collègues ainsi que la réalité d’une carrière « sur deux corps » pour toutes et tous notamment pour les professeur-es des écoles anciennement institutrices-teurs. Nous vous demandons de relayer dans notre académie les consignes qui permettent de compenser la non prise en compte de l’ancienneté globale de ces collègues.

Depuis la parution de la dernière circulaire relative aux autorisations d’absences la FSU est confrontée à des remontées de collègues (application restrictive, droits non respecté, et professionnalisme des agents remis en cause). La FSU vous demande M Le Recteur d’intervenir auprès des DSDEN et de leurs services pour que les réponses apportées prennent en compte la situation des personnels. Il en va de l’amélioration du climat et des conditions de travail des agents.

En ce qui concerne les services d’orientation, le flou sur les modalités de nomination des psychologues de l’éducation nationale et le devenir des CIO est ressenti par les personnels comme une violence faite à leur profession. La FSU rappelle qu’elle s’est toujours opposé à une régionalisation de l’orientation qui repose sur une logique d’adéquation de la formation à l’emploi et qui nie la dimension éducative de l’aide à l’élaboration de projet. Le président de région clame haut et fort que dans une logique de convergence entre les deux académies la région pourrait s’inscrire dans l’expérimentation de ce système. Quelle sera la position du Recteur sur cette question ?

La FSU dénonçait déjà lors de précédents CTA les effets négatifs des différentes réformes des lycées et de Pacoursup. Or ces effets ne se sont pas fait attendre dans notre académie. Ainsi à la date du 22 juin 2018 près de 200 lycéens sont sans solution. Comment les services du rectorat feront-ils pour gérer sérieusement l’ensemble de ces dossiers en aout pour chacun chacune ait un parcours post bac répondant à sa demande ?
De plus la plateforme parcoursup ne permettant pas de hiérarchisation des vœux, des lycéens, et plus particulièrement ceux issues des CSP les plus fragiles n’ont pas été en mesure de valider certaine de leurs demandes. Pire devant le taux pression de certaines filières ils en viennent même à s’autocensurer. A ce jour des formations du supérieur, notamment en BTS ne font pas le plein. Ce qui induit des effets négatifs sur les DHG des établissements concernés où les effectifs sont jugés insuffisants.

Les services publics sont une richesse pour notre pays M Le recteur. Aussi la FSU continuera d’agir aux côtés de la profession pour le développement d’un système éducatif véritablement ambitieux et au service de la réussite de toutes et de tous. La FSU continue à s’opposer au projet de fusion des académies. C’est pourquoi l’intersyndicale déposera un avis qui va dans ce sens.