Une nouvelle mobilisation réussie

Dans un contexte difficile, à commencer par la situation financières des premier·es concernées qui n’aide pas la grève, les AESH ont répondu présent·es partout en France. Que ce soit à Guéret, à Évreux ou encore au Mans ou à Toulouse, c’est la même colère qui dominait. Pour leur salaire, contre les PIAL, pour un vrai statut loin de la précarité actuelle, les AESH se sont mises en grève et ont commencé à se faire entendre.

Un métier pour permettre à l’école d’être l’école de tou·tes les élèves

Le quotidien que décrit Julie, AESH dans un collège parisien interviewée par France Info, est révélateur. À l’heure actuelle, l’inclusion des élèves porteur·euses d’un handicap repose en grande partie sur les AESH. Ces personnels accompagnent en effet les enfants, au quotidien, pour compenser leur handicap sur le temps scolaire. Déplacements, reformulations de consignes, gestion des émotions, prises de notes, aides motrices et tout un tas d’autres tâches leurs sont dévolues. Le tout pour permettre à l’école de jouer son rôle auprès de tous les enfants, sans discrimination. Noble tâche s’il en est…

Pourtant, comme le rappelait l’appel intersyndical à se mobiliser ce jeudi 3 juin, ces personnels, restent totalement méprisé·es par l’institution. Bien que représentant 10% du personnel des écoles, les AESH sont actuellement engagées dans des conditions indignes :

– Plus de 96% des AESH travaillent à temps incomplet, avec des quotités de travail moyennes aux alentours de 60% dans les écoles et de 65% dans les établissements du second degré.

– Ce temps de travail a des incidences sur les salaires qui sont très bas. Ainsi une AESH travaillant 24 heures par semaine sera rémunérée à hauteur de 760 euros par mois, un revenu considéré comme en dessous du seuil de pauvreté selon l’INSEE.

– Lors du premier CDD, une AESH est recrutée à l’indice 332, indice minimum de la Fonction publique. Elle pourra au mieux espérer atteindre l’indice 363, soit une perspective sur toute une carrière de 145 € bruts…

Quand à la mise en place des PIAL, il a dénaturé le sens du métier d’accompagnant·es en lui substituant une logique purement comptable au détriment du lien avec les élèves et leurs familles.

Enfin, cette situation est d’autant plus intolérable qu’elle touche pour l’immense majorité des femmes. Alors que l’égalité Femmes/Hommes devait être une grande cause nationale du quinquennat, elles sont en droit de demander des comptes à ce sujet. La FSU l’exprimait déjà lors du 8 mars dernier.

Certes le chemin pour obtenir satisfaction risque d’être encore long. Mais cette journée peut-être le début d’un tournant : la mobilisation des premier·es concerné·es pour la reconnaissance, par le Ministère, que l’école inclusive ne peut se faire sans moyens. Et que ces personnels doivent être reconnus à la hauteur de leur mission. C’est le sens du combat que mène la FSU.

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